Wilfrid Houndjè, promoteur culturel: « Le Carnaval de Ouidah est conçu pour être une fête populaire »

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Wilfrid Houndjè

On lui devait l’organisation du festival Kaletas, pour la valorisation des masques très usités en fin d’année par les jeunes enfants. Sauf que, entre-temps, dans le but de mieux faire, il est passé à un évènement plus grand, pensé pour Ouidah, mais rêvé pour tout le Bénin afin de donner un coup d’accélérateur au tourisme. Wilfrid Houndjè, promoteur culturel et désormais Délégué général du Carnaval international de Ouidah (Cio), parle de cet évènement dont il livre la charpente à travers cet entretien exclusif !

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Vous projetez l’organisation du Carnaval international de Ouidah (Cio). Parlez-nous en !

Le Cio, c’est le Carnaval international de Ouidah. Il est conçu pour être un grand événement de rue, une manifestation et une fête populaire qui rassemble les peuples et les communautés au-delà des clivages culturels et identitaires. Il se veut être un condensé des couleurs culturelles et artistiques du Bénin, d’Afrique et de sa diaspora à travers un mixage harmonieux des rythmes, danses, masques, traditions et créations artistiques. Le Carnaval international de Ouidah mettra 4 000 acteurs de scène dans la rue pour produire un spectacle inédit. Il est né pour accompagner l’ambition du gouvernement béninois qui veut faire de la ville de Ouidah la première destination touristique en Afrique de l’Ouest. Le Cio est un projet culturel, artistique et touristique de grande attraction. Il est unique en son genre. Il se refuse d’être la copie d’un autre évènement au monde.

Que peut-on savoir d’autre de cet évènement que vous ambitionnez grandiose ?

Le Carnaval International de Ouidah va se tenir du 17 au 19 décembre 2021 dans la ville historique de Ouidah. Mais avant, les artistes peintres et graffeurs vont commencer la réalisation des fresques dès le 14 décembre pour finir le 19 décembre. Il aura lieu dans la commune de Ouidah au Sud du Bénin. Il va occuper plusieurs lieux de diffusion du produit culturel. Le Cio va se dérouler sous la forme d’œuvres d’art, d’échanges intellectuels, d’évènements de rue, de spectacles de scène, d’expositions, de fashion et de visites touristiques. Le Carnaval international de Ouidah est innovant, il apporte un masque nouveau, une création artistique contemporaine qui vient renforcer le marché des masques africains. Il s’agit du «Masque Python» qui vient faire honneur à toute la communauté Xwedah de Ouidah. Pour une première fois, le monde entier va voir ce masque qui fera tache d’huile dans l’histoire.

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Des pays étrangers sont-ils invités ?

Oui, plusieurs pays du monde sont attendus à Ouidah pour cette première édition du Carnaval international de Ouidah. Le Togo, le Sénégal, le Congo, la France, la Belgique, Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, Brésil, la Belgique, Cuba, le Venezuela, le Burkina Faso, la Chine, la Turquie pour ne citer que ceux-là seront de la partie pour différentes activités. Au nombre de celles-ci, le carnaval populaire (4 000 acteurs de scènes dans la rue en masques africains, en déguisements, sur fond de musiques et danses africaines), des spectacles d’attraction d’inspiration Vodun, des spectacles des masques africains (du Bénin, d’Afrique et de sa diaspora), un défilé de mode « Cio Fashion», une exposition d’œuvres d’art (peintures et photographies), un concert de musique Afro-beat, des fresques dans la ville de Ouidah…

Pour la préparation, à quel niveau peut-on se situer ?

Depuis un an et demi, le comité d’organisation du Cio est à pied d’œuvre. Nous sommes très avancés sur les préparatifs du projet : conception et réalisation des masques, accoutrements, pavoisement de la ville, rencontres des acteurs, des partenaires, communications, nous sommes très en avance. Nous sommes déjà à plus de quinze millions d’investissement sur fonds propres. A la date d’aujourd’hui, nous pouvons dire avec certitude que l’évènement est déjà téléchargé à plus de
75 %. Le reste, c’est juste mobiliser les ressources financières qu’il faut pour réaliser la partie évènementielle du projet.

Quelle part prend le gouver-nement dans l’organisation ?

Le Carnaval international de Ouidah est porté par un groupe de jeunes regroupés au sein de l’association Ouidah tourisme. Mais le gouvernement du président Talon est très attentif au projet. C’est un projet qui vient accompagner l’axe développement touristique du Programme d’action du gouvernement (Pag) à Ouidah. Donc, nous travaillons ensemble avec les directions techniques de plusieurs ministères afin que l’accompagnement du gouvernement du président Talon soit effectif et chose tangible. Au nombre des soutiens de l’évènement, il y a la ville de Ouidah avec son maire, certaines institutions internationales, l’Etat béninois, et quelques bonnes volontés. Nous bénéficions aussi de l’accompagnement de jeunes professionnels et volontaires. C’est le lieu de leur dire un grand merci et courage.
Plusieurs dossiers sont déposés auprès des structures pour solliciter leur sponsoring, les discussions sont en cours, nous gardons l’espoir d’un aboutissement heureux de ces dossiers. Franchement, le maire actuel porte le projet à bras-le-corps avec nous. Le maire a délivré une lettre de recommandation du projet, beaucoup de facilités administratives pour nous. La mairie apportera sa contribution financière et aidera à la mobilisation des ressources. Les services techniques de la mairie nous assistent aussi.

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Y a-t-il une part de sacré dans ce carnaval ?

Le Carnaval international de Ouidah est un évènement artistique, culturel et touristique ouvert au public de toutes obédiences religieuses. Ces spectacles et activités vont se dérouler sur les espaces et lieux publics. Néanmoins, une cérémonie Vodun sera au programme, une libation qui sera entièrement confiée aux hauts dignitaires du culte Vodun, et va se dérouler dans un lieu de culte traditionnel. Pour nous, le sacré ne sera jamais dans la rue. C’est notre option et les dignitaires Vodun sont d’accord et nous accompagnent sur ce projet porteur.

Ouidah est la ville du chef de l’Etat. Est-il informé de l’organisation de ce carnaval ?

Le président a certainement eu vent de ce projet. J’ai demandé à ses collaborateurs que je connais de l’informer et je pense qu’il va me recevoir afin que je lui transmette officiellement son invitation. Puisque pour nous, c’est sous son haut patronage que cette première édition du Carnaval international de Ouidah va se dérouler. Le Cio et le Pag à Ouidah sont liés.

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Quelle est la périodicité de l’organisation ?

Le Carnaval international de Ouidah est un évènement qui va s’organiser tous les deux ans. Donc après l’édition de cette année 2021, le Cio vous donne rendez-vous pour décembre 2023. Pour l’organisation, nous avons déjà fait beaucoup d’étapes, et tant que l’activité n’est pas encore réalisée, nous allons continuer de travailler. Par exemple, organiser des rencontres d’information, de sensibilisation et de mobilisation à travers les lycées et collèges de Ouidah, à l’Université d’Abomey-Calavi, rencontrer les sages et notables de Ouidah, les dignitaires de culte, les groupements de femmes, les associations des jeunes et des artisans, lancer la grande communication du Cio, continuer sur la recherche de financement, etc.

Un mot pour conclure cet entretien !

Je demande humblement au chef de l’Etat, le président Talon de nous apporter son soutien personnel et celui de son gouvernement, d’aider le projet à grandir pour que Ouidah soit la première destination telle qu’il le veut. Aux sponsors sollicités, je demande de donner une suite favorable. A la presse nationale et internationale, je demande un séjour de reportage culturel à Ouidah. Aux touristes, je dis de venir à Ouidah qui les attend. Quand la jeunesse veut, la jeunesse peut, ce projet, nous allons le réaliser. A bientôt à Ouidah, Ouidah vous attend !