Utilisation des services bancaires: Un recours encore timide au Bénin

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le Bénin a encore du chemin à faire en matière d’utilisation des services bancaires. Le taux de bancarisation reste faible, quoique des progrès soient faits en termes d’inclusion financière ces dernières années.

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Moins d’un adulte sur quatre disposent de compte dans une institution bancaire au Bénin. Le taux de bancarisation strict (Tbs) est chiffré à 22,5 %, derrière le Togo voisin (26,8 %) et le Mali (23,3 %), selon le Rapport sur la situation de l’inclusion financière dans la zone Uemoa au cours de l’année 2018. Le Tbs dans l’ensemble des Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) est de 19,3 % en 2018 contre 16,4 % en 2017.
Pourtant, le taux d’intérêt nominal des dépôts au niveau des banques (Tind) au Bénin a été le plus élevé de la sous-région en 2018, soit 5,76 %, suivi du Burkina et du Niger (5,70 %), le Mali (4,92 %) et la Guinée-Bissau (4,42 %).
En revanche, le taux d’intérêt créditeur a enregistré un repli au Bénin (-0,09 point de pourcentage), alors que les taux de rémunération des dépôts ont globalement connu une évolution favorable à la mobilisation de l’épargne dans les autres pays.
En effet, les conditions de banque ont connu une évolution favorable du fait du loyer de l’argent qui a enregistré une baisse de 0,14 point de pourcentage par rapport à 2017 (6,93 %) pour se situer à 6,79 % en 2018. De même, le taux de rémunération des dépôts des populations auprès des banques a augmenté de 0,13 point de pourcentage, pour se situer à 5,41 % en 2018 contre 5,28 % un an plus tôt.
La comparaison du taux de pénétration démographique du secteur bancaire à celui du secteur de la microfinance où un certain dynamisme est observé depuis quelques années, laisse apparaître une faible évolution dans l’espace Uemoa où le taux d’utilisation des services de microfinance est ressorti globalement à 21,7 % en 2018 contre 19,4 % en 2017. Avec la prise en compte de ces utilisateurs de microfinance, le taux de bancarisation élargi (Tbe) affiche 68,7 % pour le Bénin, derrière le Togo (85,4 %) et devant le Sénégal (51,9 %) et le Burkina (41,3 %). Le taux pour l’ensemble de l’Union est ressorti à 41,1 % contre 35,8 % en 2017.
Grâce au dynamisme des systèmes financiers décentralisés (Sfd), le Bénin a enregistré une évolution significative au sein de l’Uemoa avec +5,5 points de pourcentage, derrière le Togo (+11,7 pp), le Mali (+11,1 pp) et la Côte d’Ivoire (+7,1). Il faut souligner que plusieurs politiques et programmes, notamment le Microcrédit aux plus pauvres avec une nouvelle formule centrée sur le numérique, permettent aux populations traditionnellement exclues du système bancaire de bénéficier des services financiers décentralisés.
L’innovation et l’introduction du numérique dans la conception et la commercialisation des offres de ces institutions, réputées plus proches des populations surtout en zone rurale, contribueront à renforcer davantage l’utilisation des services de la microfinance. Car, les chiffres cachent un certain décalage avec la réalité, en ce sens que plusieurs comptes sont détenus par une et même personne, dans une ou plusieurs institutions financières. Un problème de multibancarité qu’entend résoudre la Banque centrale à travers la mise en place d’un système d’identification unique des usagers des services financiers, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière de l’Uemoa. Cet outil devrait favoriser un meilleur ciblage des utilisateurs et améliorer le suivi de la situation de l’inclusion financière dans les Etats membres.

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