Usage abusif des jeux vidéo: Une menace pour la santé

Par Reine AZIFAN,

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Que ce soit sur téléphone portable, ordinateur ou écran de télévision, les jeux vidéo sont devenus le passe-temps favori de nombreuses personnes. Certains y consacrent une bonne partie de leur temps au point d’y développer une addiction. Cette situation préoccupe l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) qui considère désormais le trouble du jeu vidéo comme une maladie.

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Le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication a induit beaucoup de changements dans les habitudes. A la maison comme sur le lieu de travail ou partout ailleurs, notre environnement est désormais inondé d’écrans. Mieux, des centaines de jeux vidéo gratuits sont proposées sur la toile. Beaucoup succombent à la tentation de la distraction permanente sur portable ou ordinateur et le moindre temps de pause est mis à contribution pour jouer. Cette tendance fait que des salles de jeux ont fleuri dans les quartiers, offrant aux enfants et jeunes une occasion de se divertir moyennant quelques sous.
Jouer se veut chose naturelle aussi bien pour l’enfant que pour l’adulte, en tant que lubie ou activité ludique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la plupart des parents offrent des jouets à leurs enfants. Dans un environnement hyperconnecté aujourd’hui, avec son corollaire de jeux numériques qui ont envahi le quotidien, on passe de plus en plus de temps les yeux rivés sur l’écran, mettant ainsi le cerveau à rude épreuve. Certains accros des jeux vidéo en arrivent à compromettre leur santé à force d’y consacrer tout leur temps. On parle alors de trouble du jeu vidéo.

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Est-ce grave ?

L’Oms définit le trouble du jeu vidéo comme « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêts et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ».
Pour que ce trouble soit diagnostiqué en tant que tel, explique l’agence onusienne, « le comportement doit être d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement, et en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois ». Le trouble du jeu vidéo est inclu depuis l’année dernière dans la classification internationale des maladies (Cim) qui sert de cadre à la définition des statistiques et des tendances mondiales en matière de santé, et constitue la norme internationale de notification des maladies et des problèmes sanitaires.
Justifiant l’inclusion du trouble du jeu vidéo dans la Cim à l’occasion de sa onzième révision, l’Oms explique que cela fait suite à l’élaboration de programmes de traitement destinés à des patients souffrant d’affections présentant des caractéristiques identiques à celles du trouble du jeu vidéo, observées dans de nombreuses parties du monde. « Ce qui amènera les professionnels de la santé à porter une attention accrue sur les risques de développement de ce trouble et partant, sur les mesures à prendre en matière de prévention et de traitement »,
ajoute l’institution.
Même si le trouble du jeu vidéo ne touche qu’un petit nombre des personnes qui utilisent des jeux numériques ou des jeux vidéo, l’Oms prévient que « tout joueur doit être attentif au temps passé sur les jeux, en particulier si ses activités quotidiennes en pâtissent, ainsi qu’à tout changement physique ou psychologique, sur le plan social et celui de sa santé, qui pourrait être attribué à un comportement de jeu ».
Pendant que certains chercheurs s’inquiètent des risques d’addiction aux jeux vidéo et de leur impact sur la santé, d’autres n’y voient que des avantages. Plusieurs études sont donc en cours en vue de déterminer l’impact des jeux vidéo sur la santé. En attendant les résultats, les spécialistes recommandent de faire attention aux contenus, à l’âge du joueur et au temps consacré auxdits jeux.