Troisième édition du festival «Hanlissa»: Emotion et nostalgie !

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Une nouvelle vie pour des artistes oubliés. C’est ce que le festival Hanlissa s’emploie à faire depuis plusieurs années. Au palais des Sports, le dimanche 23 août dernier, il y avait beaucoup d’émotions dans le rang des spectateurs venus célébrer leurs bêtes de scène d’antan.

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« J’ai vu sur scène des artistes oubliés dans leur souffrance mais à qui Aubin Akpohounkè a donné la chance de briller une dernière fois peut-être. Je suis heureuse que ce soit un animateur qui soit en train de prendre en main le rôle du ministère de la Culture…». Ce commentaire de la journaliste Ginette Fleure Adandé suffit à lui seul pour illustrer la satisfaction ressentie par les centaines de personnes qui ont effectué, dimanche dernier, le déplacement en vue d’être les témoins de la troisième édition du festival Hanlissa. Plusieurs personnalités du monde culturel, y compris le ministre en charge de la Culture, Paul Hounkpè y étaient aussi. Cet évènement culturel annuel est devenu par la force des choses, la seule aubaine pour faire revivre aux anciennes gloires de la musique béninoise, leurs heures chaudes et leurs succès d’antan.

«L’édition 2015 va regrouper des artistes de la musique traditionnelle dont on n’entend plus parler souvent», avait annoncé l’initiateur du festival. Effectivement, sur scène dimanche dernier, ils étaient assez nombreux. Et même si la présente édition entendait spécifiquement honorer la diva Sophie Edia, force est de reconnaître la présence d’autres monuments de la musique béninoise comme Blucky d’Alméida qui, malgré le poids de l’âge et sa canne, a su se départir de sa vieillesse apparente pour offrir un spectacle digne du nom. Idem pour Assa Sica dont la prestation aura épaté plus d’un. Mais la palme d’or de l’attraction de cette soirée restera sans aucun doute, la prestation de Hoonon Hounlovo. A peine audible, du haut de ses 94 ans, le vieil homme dont les débuts artistiques remontent à 50 ans en arrière a su exécuter majestueusement des pas de danse sous les ovations du public.
Et même bien au-delà des ovations, c’est beaucoup d’émotions que les anciennes gloires de la musique béninoise qui se sont succédé sur scène, à la suite du spectacle Off offert par les artistes de la jeune génération. Beaucoup de spectateurs n’ont pu retenir leurs larmes pendant qu’en face d’eux, certains artistes coulaient aussi des larmes de joie, heureux de retrouver d’abord cette mythique salle du palais des Sports, et surtout un public endiablé qui les accompagnait, 50, 40, 30, 20, 10 ans… après leurs derniers succès sur scène. «Et si les artistes bien portants pour une année laissaient le tri-milliard culturel aux anciennes gloires ? Cela servirait à reproduire leurs albums et à leur assurer une meilleure santé», propose alors Ginette Fleure Adandé.

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