Trois questions au maire Lucie Sessinou: « Les populations de Kétou doivent cesser d’être des habitants »

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Le maire de Kétou, Lucie Sessinou attend beaucoup de ses administrés qui doivent cesser d’être des habitants pour devenir des citoyens au parfum de leurs droits et devoirs. L’enseignante de carrière reconvertie en entrepreneure depuis 20 ans dévoile dans cette interview les grandes priorités de son mandat.

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La Nation : Quelles sont vos ambitions pour Kétou depuis votre désignation à la tête de cette commune ?

Lucie Sessinou : Ma vision pour cette mandature est de faire de Kétou une commune phare, rayonnante et attrayante, où chaque citoyen vit en sécurité et dans la quiétude. Nous avons commencé déjà par travailler avec l’administration parce qu’elle est le cœur de tout développement. Nous devons mettre l’administration, les agents et le personnel au travail. Nous allons voir après les grandes actions à mener pour sortir Kétou centre de la brousse, pourqu’elle cesse de devenir un gros village. Nous avons prévu un certain nombre d’actions phares dans ce cadre pour évoluer ensuite progressivement vers la périphérie de la ville, notamment les arrondissements et les villages. Nous avons une grande Place publique que nous devons aménager, réfectionner nos voies, donner de l’eau potable aux populations et mettre de l’électricité partout où il y a l’obscurité et où règnent des poches d’insécurité. Ce sont les grands défis qui nous attendent et nous devons aller pas à pas.
En tant que ville historique, l’histoire de Kétou est d’abord l’une de ses potentialités. Le musée Akaba Idéna est en réfection. Le palais royal de Kétou aussi est là. Nous allons les valoriser en travaillant également sur les autres sites touristiques de Kétou pour que la commune soit désormais une destination prisée. L’autre priorité de ma mandature, c’est l’agriculture qui emploie plus de 80 % de la population. Nous allons valoriser le secteur, former les paysans notamment sur les filières porteuses et encourager les jeunes à s’intéresser à d’autres activités agricoles telles que le maraîchage.

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Avec de tels défis, le conseil communal a besoin d’être soutenu…

Oui nous avons besoin d’être soutenus. D’abord, c’est aux populations de Kétou de nous accompagner en jouant leur partition. Les populations doivent cesser d’être des habitants pour devenir des citoyens. Car, un citoyen a des droits et des devoirs. Ainsi, en même temps qu’ils reconnaissent leurs droits, ils doivent aussi s’acquitter de leurs devoirs vis-à-vis de leur commune. L’un de ces devoirs, c’est de payer les taxes et les impôts pour permettre aux élus de pouvoir travailler et réaliser des infrastructures pour leur mieux-être. Aux Partenaires techniques et financiers (Ptf), je demande de toujours nous appuyer techniquement. Nous avons bénéficié déjà de beaucoup de formations et de séances de renforcement de capacités. Ce qui permet à chacun de nous de travailler de façon professionnelle dans chaque secteur d’activité pour promouvoir le développement de la commune. Je vais inviter le gouvernement à toujours accompagner les communes comme il le fait déjà si bien. Mais les appuis ne sont jamais suffisants. Il faut que le gouvernement mette à notre disposition des cadres techniques qui peuvent nous aider à relever les défis qui s’imposent.

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Quel a été votre parcours avant votre position actuelle ?

Je suis enseignante de carrière et femme entrepreneure depuis 20 ans où j’exerce dans le secteur privé. Mais c’est depuis 2003 que je suis dans le conseil communal de Kétou. J’ai fait les mandatures précédentes de la décentralisation. J’étais première adjointe au maire pour la première mandature, ensuite maire, puis simple conseiller communal et présidente de commission des Affaires domaniales et environnementales sous la troisième mandature. Je suis redevenue actuellement maire au titre de la quatrième mandature.