Travail à domicile: Meilleure protection réclamée par l’Onu

Par Collaboration extérieure,

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L’augmentation massive du travail à domicile en raison de la pandémie de Covid-19 met en évidence les mauvaises conditions auxquelles sont soumises de nombreuses personnes. Selon l’Organisation internationale du Travail (Oit), la mise en place d’une meilleure protection pour cette catégorie de travailleurs est d’autant plus urgente que cette forme d’activité va certainement augmenter dans les années à venir. Avant la pandémie, on comptabilisait 7,9 %(260 millions) de travailleurs à distance dans le monde ; ce chiffre est passé à 20 % durant les premiers mois de 2020.

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L’Organisation internationale du Travail (Oit) affirme dans un rapport, publié le 13 janvier, qu’une meilleure protection devrait être mise en place pour ceux qui exercent une activité à partir de leur domicile car ils ne disposent pas du même niveau de protection sociale que les autres travailleurs. Ils ont également une probabilité moindre d’être syndiqués ou d’être couverts par une convention collective.

Mode de travail en hausse

Depuis que la pandémie a été déclarée en 2020 et que plusieurs pays ont décidé de recourir au travail à domicile pour éviter la propagation de la Covid-19, on assiste à une hausse très importante du nombre de personnes en télétravail. On estime que durant les premiers mois de cette période, un travailleur sur cinq a été amené à travailler à domicile. Lorsque les statistiques seront disponibles pour l’ensemble de l’année dernière, on s’attend à une hausse considérable des chiffres. Le rapport estime que la croissance du travail à domicile devrait persister dans les années à venir, ce qui entraîne la nécessité d’agir de manière urgente pour résoudre les difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs à domicile et leurs employeurs.

Télétravail

Selon les estimations de l’Oit, avant la crise du Covid-19, il y avait environ 260 millions de travailleurs à domicile, ce qui représente 7,9 % de l’emploi mondial. Parmi eux, 147 millions sont des femmes, soit 56 %. Sont inclus dans cet ensemble, des personnes qui télétravaillent de façon permanente ainsi qu’un grand nombre qui produisent des biens dont la fabrication ne peut être automatisée comme la broderie, la production artisanale ou l’assemblage électronique. On a également ceux qui interviennent sur les plateformes numériques et qui opèrent dans le secteur des services, en traitant des déclarations de sinistres, en révisant des documents ou encore des annotations de données destinées à alimenter les systèmes d’intelligence artificielle.

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Pays à faible revenu

Dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, pratiquement tous les travailleurs à domicile (90 %) exercent leur activité de manière informelle. Généralement, la situation de ces personnes est pire que celles qui possèdent un emploi qui requiert une présence à l’extérieur de la maison. Même lorsqu’ils exercent des métiers très qualifiés, les travailleurs à domicile gagnent, en moyenne, 22 % de moins aux Etats-Unis ; 25 % de moins en Afrique du Sud et environ 50 % de moins en Inde. Par ailleurs, ils font face également à des risques plus importants en matière de santé et de sécurité et bénéficient d’un accès plus restreint à la formation, ce qui nuit à leurs perspectives de carrière.

Réglementation insuffisante

La réglementation en matière de travail à domicile s’avère souvent insuffisante et le respect de celle-ci demeure un véritable défi. En effet, dans de nombreux cas, ces travailleurs sont considérés comme des entrepreneurs indépendants et ils sont donc exclus du périmètre d’application du droit du travail. Janine Berg, économiste principale à l’Oit, déclare que « seuls dix Etats membres de l’Oit ont ratifié la convention (n° 177) chargée de promouvoir l’égalité de traitement entre les travailleurs à domicile et les autres salariés, et peu de pays disposent d’une politique globale sur le travail à domicile. »

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Recommandations

Le rapport contient un certain nombre de recommandations concrètes afin de donner de la visibilité au travail à domicile et, de cette manière, améliorer la protection dans ce domaine.
En ce qui concerne le travail à domicile dans l’industrie, l’importance de faciliter le passage à l’économie formelle en élargissant la protection juridique est souligné. Cela passe par la généralisation de contrats écrits, la garantie d’accès à la sécurité sociale et l’information sur les droits. Pour ceux qui travaillent sur les plateformes numériques, pour lesquels le respect des législations en vigueur est difficile à assurer du fait que leurs activités se déploient à travers les frontières, le rapport recommande l’utilisation des données générées par leur travail afin d’effectuer le suivi des conditions de travail ainsi que des outils permettant d’établir des salaires équitables. Il est aussi recommandé aux législateurs de mettre en place des mesures spécifiques afin d’atténuer les risques psychosociaux pour les personnes en télétravail et, d’introduire un « droit à la déconnexion » pour assurer le respect des frontières entre vie professionnelle et vie privée.

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Avenir du télétravail

Le rapport estime que le télétravail devrait prendre une importance encore plus grande dans les années à venir. Ainsi, les gouvernements, en collaboration avec les organisations de travailleurs et d’employeurs, doivent œuvrer ensemble afin de s’assurer que l’ensemble des travailleurs à domicile puissent passer de l’invisibilité au travail décent.

Par Catherine Fiankan-Bokonga
correspondante accréditée à l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)