Supposée élection d’un nouveau maire à Lokossa: Une marche pour protester contre le passage en force du camp de Dakpè Sossou

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Une frange de la population de Lokossa est sortie dans les rues hier, jeudi 3 septembre pour manifester son mécontentement suite aux assises électives tenues par certains élus communaux vendredi 28 août dernier en dépit de l’interdiction prononcée par l’autorité de tutelle. Dans leur motion de protestation déposée à la préfecture du Mono-Couffo, les manifestants demandent l’invalidation des résultats issus desdites assises et pointe d’un doigt accusateur le député Dakpè Sossou quant à ce passage en force.

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«Dakpè Sossou. Hélouéée. Beau-frère Awadji Hélouéée», «Yayi Boni au secours». Des cris de détresse rythmés par des klaxons de motos et des bruits de bidons. Telle était hier, jeudi 3 septembre, l’ambiance qui a règné dans la ville de Lokossa. Ils étaient scandés par des marcheurs portant aux fronts des banderoles rouges qui ont pris d’assaut les grandes artères de la ville. Parti de la mairie en passant par le marché de Lokossa et les quartiers résidentiels de certains acteurs politiques de la commune dont le député Dakpè Sossou, le mouvement de mécontentement ne s’est estompé qu’au portail de la préfecture de Lokossa. Non sans avoir lu une motion de protestation remise à Félix Vlavo et Gildas Yèhoun, représentants l’autorité préfectorale.

Dans le rang des manifestants, il y avait la présence dominante des partisans du député, ancien maire de la ville. Les mascottes et les visages illustrent bien ce constat même si les feuilles du manioc ont manqué au décor comme ce fut le cas lors des dernières campagnes électorales. Cette fois-ci, c’est aux feuilles de neem que les manifestants en ont recouru. Cette symbolique confirme la mésintelligence intervenue entre Dakpè Sossou et ses anciens alliés.
En effet, à en croire le meneur du mouvement, Fiacre Aboflon, la marche a été organisée pour dénoncer «les manœuvres de Dakpè Sossou visant à imposer son beau-frère Pierre C. Awadji à la tête de la mairie de Lokossa». Ce choix, rappelle-t-il, va à l’encontre de la promesse du député visant à céder son fauteuil de maire au premier adjoint Valère Dogué. Laquelle promesse, indique Fiacre Aboflon a motivé leur vote massif au profit de la liste des Forces démocratiques unies (FDU) conduite par Dakpè Sossou. La tension engendrée par cette situation est montée d’un cran hier du fait, rapportent des manifestants, de la tenue des assises électives vendredi 28 août dernier entre des élus FDU et leurs pairs de l’Union fait la Nation, soit au total onze conseillers sur les 19 qui siègent au Conseil communal.

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Interdiction bravée

Bien qu’ayant été reportées entre temps par la préfecture, lesdites assises ont été conduites jusqu’à leur terme et sanctionnées par un procès-verbal. Lequel laisse lire qu’un nouveau maire a été élu de même que le chef de l’arrondissement de Houin. Ce sont donc ces faits qui ont sorti les manifestants qui protestent contre le «manquement grave» à l’autorité préfectorale dont l’interdiction a été bravée. L’objectif du camp des conseillers incriminés est, selon la motion lue par Félix Goudjinou, «d’imposer un maire impopulaire sur fond de précipitation qui traduit nettement un hold up électoral». Au regard de tout ceci, les marcheurs ont invité le préfet «à considérer cette élection de nul et de nul effet».
Rappelons que de son côté, le préfet Corentin Kohoué avait déclaré aussitôt dans la soirée du vendredi 28 août dernier, ne pas reconnaître les élections en cause. Toutefois, le mardi 1er septembre dernier, il y a eu passation de charges entre les chefs d’arrondissements sortant et entrant de Houin.
Au cas où l’autorité de tutelle ne parviendrait pas à inverser cette tendance et qu’ils ne verraient pas leur volonté exprimée, les manifestants jurent de se faire entendre tout au long de cette 3e mandature de l’ère de la décentralisation.