Suite au dernier remaniement: Les successibles attendus déclassés au profit de Lionel Zinsou?

Par LANATION,

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Sauf extraordinaire, incompatibilité d’humeur notoire ou impossibilité manifeste pour la greffe de prendre en ce qui concerne certains nouveaux éléments du nouveau gouvernement, Lionel Zinsou en particulier, cette équipe devrait être la dernière du président Boni Yayi. Une équipe censée le conduire sur la dernière ligne droite du quinquennat, et une équipe qui devrait renseigner, toutes proportions gardées, sur ses intentions quant à sa succession…

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Le flou persiste a priori relativement à la succession du chef de l’Etat Boni Yayi à la présidence de la République. En effet, il s’observe que les personnalités de premier plan qui ont travaillé avec le président Boni Yayi et qui sont perçues comme désireuses ou capables d’aller à sa succession, sont d’une manière ou d’une autre écartées. Soit parties d’elles-mêmes depuis un moment, soit que les positionnements opérés avec ce nouveau gouvernement renseignent qu’ils sont dans la ligne de mire du président. Ainsi, Mathurin Nago, resté longtemps fidèle à l’évangile cauris du haut du perchoir de l’Assemblée nationale avant de s’en démarquer, alors qu’il était perçu comme un successeur, doit constater avec la nouvelle équipe gouvernementale que le maire de sa bonne commune Bopa, celui-là même avec qui il a eu maille à partir lors des législatives du 26 avril dernier, vient d’être appelé au gouvernement. S’il n’a ni le parcours, ni le bagage, encore moins la stature de l’ex président de l’Assemblée nationale, son entrée au gouvernement peut répondre du souci pour le président Boni Yayi, de montrer aux fils de Bopa et environs que malgré le départ de Mathurin Nago, il tient à eux. Et si Paul Hounkpè n’aura pas le temps, en neuf mois, d’inverser la donne dans le Mono, il pourrait néanmoins, si le chef de l’Etat avait un candidat de cœur et qu’il était amené à soutenir celui-ci, contribuer à entamer l’influence de l’icône de la région, Mathurin Nago.
Pascal Irénée Koupaki avait dû partir du gouvernement, probablement lassé d’être doigté comme responsable de tout ce qui n’allait pas alors même que son comportement, pendant de si longues années au cours desquelles il n’a pas été pris àdéfaut, faisait de lui la caution morale du régime. Mieux, sa compétence saluée de tous, y compris par les farouches responsables confédéraux des Centrales syndicales, pour son doigté dans la gestion du dialogue social, chose rarissime s’il en est, pour être soulignée… n’a probablement pas été toujours perçue par le chef de l’Etat qui, lui, devrait surfer plus sur le terrain politique. Mais il aura ressenti le départ de son Premier ministre comme un grand vide au point de le noyer dans une retentissante et improbable dissolution du gouvernement. Toutefois, et peut-être pour en garder un arrière goût agréable, il avait tenu à avoir un des disciples de Koupaki à ses côtés, en la personne d’Antonin Dossou. Ce qui pouvait laisser croire que les relations entre les deux hommes, quoique peut-être tendues, n’étaient pas rompues. A moins qu’il se fut agi d’une stratégie pour le tenir en respect et l’empêcher de se déployer politiquement en vue de se montrer intéressé par la succession. Deux ans pratiquement après, voilà qu’il se sépare du ministre Dossou. Une façon, ici aussi, pour indiquer à son ancien Premier ministre qu’il n’est pas dans ses petits papiers dans la perspective du match de la succession, surtout que celui-là, en silence, creuse ses sillons et croit en son étoile ? Ou bien, a contrario, une manière de le tenir hors de portée des attaques relatives aux derniers instants du régime ? Ou encore, d’éviter que la présence de Antonin Dossou au gouvernement puisse, d’une manière ou d’une autre, contrebalancer l’influence de qui serait son préféré, au point de provoquer des clashs entre deux pôles ?

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Quid de François Abiola et Bako ?

Par ailleurs, depuis le départ de Pascal Irénée Koupaki, c’est le professeur François Abiola qui faisait office de numéro deux du gouvernement. Et qui, probablement, a des envies de dauphinat si ce n’est que la promesse a pu lui être faite… Dans ce cas, le voir rétrogradé au profit du nouveau venu appelle à s’interroger sur son sort. Certes, il passe vice-Premier ministre, ce qui, en pratique, n’a aucune espèce d’importance à partir du moment où il est éclipsé. Pis, le nouveau venu, Lionel Zinsou, quoique Français, peut revendiquer de par ses racines béninoises, d’être de la partie méridionale du Bénin. Ce qui ne laisse aucune chance de penser que s’il était candidat à la succession de Boni Yayi, ce serait stratégiquement pour occuper une autre partie du territoire, pendant qu’Abiola serait vendu sur les côtes et environs. D’où il convient de se demander si, finalement, Lionel Zinsou n’est pas, en ce moment, celui sur qui porterait secrètement le choix de Boni Yayi. A son propos, en dépit de ses qualités professionnelles reconnues dans le monde, il y a lieu de s’interroger sur la capacité de cette greffe en règle à prendre. Dans le contexte où ce produit hors sol béninois arrive littéralement en fin de course, et n’aura pas, a priori, le temps de s’acclimater réellement avec les réalités locales. A moins que, par extraordinaire, il démontre vite que sa connaissance du Bénin ne se limite pas aux données macroéconomiques. Mais, même là, il faut se demander quelle va être sa capacité d’incursion politique dans le nord du pays, pour réussir à y damer le pion aux natifs de là-bas qui creusent leurs sillons depuis. A moins aussi que, l’un des non dits de son positionnement soit qu’en le lançant plus tard dans la compétition présidentielle, l’effet ultime recherché soit que, sa crédibilité reconnue, il parvienne à balancer une partie de l’opinion en sa faveur et contribue ensuite à neutraliser les successibles en vue dans le sud du pays, avec qui il partagerait alors l’électorat, au point qu’à l’arrivée, ils se neutralisent tous et qu’aucun d’eux ne franchisse finalement le premier tour. Au profit d’un autre successible ? Nassirou Bako Arifari (NBA) par exemple, exporté du gouvernement pour le Parlement, d’où il essaiera de se refaire une virginité, au même moment où les positionnements de personnalités du nord du pays, renseignent que les désaccords entre Boni Yayi et le camp Robert Gbian sont toujours d’actualité. Une façon, là aussi, de tenir en respect ce successible tout en favorisant la montée de l’ex monsieur LEPI et ministre des Affaires étrangères de Boni Yayi ? La seule certitude actuelle est que NBA ne cracherait pas sur l’opportunité de succéder au chef de l’Etat, surtout s’il est convaincu d’avoir le soutien public ou insidieux de l’homme. Après, la capacité de Robert Gbian et d’Abdoulaye Bio Tchané à lui damer le pion pourrait avoir raison de lui…
Mais pour le moment les non dits du positionnement de Lionel Zinsou restent probablement encore à découvrir… et les incertitudes quant au dénouement de la prochaine présidentielle sont plus que jamais vivaces…