Suite au décès de l’hippopotame du lac Ahémé: Les préparatifs vont bon train pour son immortalisation

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

  Rubriques: Environnement |   Commentaires: Aucun


La carcasse de l’hippopotame du lac Ahémé retrouvé mort, jeudi 5 septembre 2019 dans un village d’Allada, n’est pas abandonnée aux charognards. Elle a été récupérée et a subi un traitement professionnel pour le compte de Bopa où la communauté des pêcheurs entretenait une relation particulière avec l’animal.

LIRE AUSSI:  Journée mondiale des sols: L’appel à une gestion durable des ressources


L’hippopotame retrouvé sans vie, jeudi 5 septembre 2019 sur le territoire d’Allada, sera immortalisé à Bopa, dans le département du Mono. Le conseil communal s’est engagé dans cette démarche de concert avec les sages, les notables et rien ne semble émousser leur ardeur.
Actuellement, la carcasse de l’animal est confiée à un centre de traitement professionnel situé dans le département de l’Ouémé. Mais ceci n’aura pas été possible sans le sens de négociations des représentants de Bopa face à la population d’Allada non moins intéressée par l’animal.« Nous avons réussi à déplacer l’animal vers un centre de paillage animal où son traitement est en cours », se félicite Frédéric Dandevèhoun, maire de Bopa. Impliqué dans les démarches, Didier Houédanou, pêcheur et passeur de profession, précise qu’après les interventions sur sa carcasse, l’hippopotame prendra la forme d’un trophée animal.
A ce trophée sont attachés des enjeux culturel et économique, notamment le développement du tourisme. Mais à l’étape actuelle des préparatifs de l’immortalisation, ce qui importe est la mise en place de l’infrastructure d’accueil du trophée sur la terre de Bopa. Et pour cette phase décisive, la commune rêve grand. Il s’agit de « la réalisation d’un musée où l’animal sera exposé », confie le maire.

LIRE AUSSI:  Assainissement de la ville de Cotonou: Le curage des caniveaux pour prévenir les inondations

Totem

L’attachement de la communauté de Bopa à la mémoire de l’hippopotame n’est pas anodin. Il tient des relations particulières entretenues par cette communauté constituée majoritairement de pêcheurs avec l’animal au cours de son existence. Le lac Ahémé faisait fleurir la vie à Bopa à travers, entre autres activités, le troc des produits de terre contre les produits de mer. A Sèhomi, un village de Bopa, on peut encore assister à l’animation du marché de troc même si celui-ci connait quelques difficultés liées au déclin des activités halieutiques.« L’hippopotame était un totem vénéré qui veillait sur le lac Ahémé, les plans d’eau voisins ainsi que les activités qui s’y déroulent », explique Didier Houédanou. Lui et ses confrères soutiennent qu’au-delà de son aspect physique, l’hippopotame mort est tout un mystère et un pan de l’histoire de Bopa. Son apparition dans le plan d’eau serait liée à des cérémonies propitiatoires. Et ce, en vue de pallier la rareté des produits halieutiques vers 1958, rapportent Didier Houédanou et ses pairs. De toutes façons, l’hippopotame qui sera immortalisé dans les prochains jours était le seul spécimen rescapé du lac Ahémé, selon l’Organisation non gouvernementale Ecotourisme Bénin.
Il faut le rappeler, l’animal de la famille des mammifères cétartiodactyles a été retrouvé mort sur les rives du fleuve Couffo, au niveau du village Cotovi à Allada, dans le département de l’Atlantique.