Station de traitement et d’épuration des eaux usées du Maroc: La technologie membranaire, une première en Afrique du Nord

Par COMLAN ERIC,

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Par Maryse ASSOGBADJO (depuis Casablanca)

Une soixantaine de femmes journalistes du réseau « Panafricaines » ont visité, ce mercredi 4 mars, la station de traitement et d’épuration des eaux usées de Médiouna au sud de Casablanca. La délégation a pu prendre connaissance des technologies mises en œuvre pour préserver la ressource en eau à travers la réutilisation des eaux usées épurées pour l’irrigation. Cette visite est l’une des activités prévues dans le cadre de la 3e édition du Forum du réseau des femmes journalistes d’Afrique, initiée par la chaîne de télévision 2M.

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Les eaux usées peuvent être source de richesse et de développement lorsqu’elles sont traitées et valorisées. Les femmes journalistes du réseau « Panafricaines », ont touché du doigt cette réalité, à travers le dispositif technologique installé dans la commune de Médiouna à 17 km de Casablanca, pour la gestion intelligente de l’eau à travers la réutilisation des eaux usées épurées pour l’irrigation.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la 3e édition du forum du réseau des femmes journalistes d’Afrique, sur le thème « Urgence climatique : les médias africains, acteurs du changement » et en préparation à l’atelier, « les défis d’une gestion rationnelle des ressources hydriques ».
Première au Maroc et en Afrique du Nord à utiliser la technologie membranaire, la Station d’épuration des eaux usées de Médiouna vise à protéger l’Oued Hassar (’’localité rurale de médiouna’’) et la nappe phréatique en veillant à la protection de l’environnement et à la préservation des ressources hydriques par la réutilisation en agriculture des eaux usées traitées.
Elle est dotée d’une capacité journalière de 3 800 m3 par boues activées et est dimensionnée pour 40 000 équivalents d’habitants, avec une extension future de 80 000 équivalents d’habitants et un débit de pointe de 300 m3/heure, renseigne Fouad Amraoui, professeur hydrogéologue à la Faculté des sciences agronomiques de Casablanca.
Les Panafricaines ont pu également apprécier la portée de ce projet technologique et environnemental réalisé dans le cadre du Schéma directeur de la région pour la lutte contre la pollution. Il est aussi une réponse contre les effluents d’eaux usées pour la préservation des ressources hydriques de la région.
Selon le document de référence sur la Step, la commune de Médiouna qui abrite vingt-cinq mille habitants a connu une forte dégradation ces dernières années : les eaux usées se déversaient à l’état brut dans le milieu naturel, notamment dans l’Oued Hassar. Cette situation crée d’énormes risques pour la santé publique et une nuisance olfactive pour les populations riveraines. La Step de Médiouna est la solution trouvée pour remédier durablement à ce problème.

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Espace expérimental d’agriculture

Outre la protection de l’environnement, elle permet également de préserver les ressources hydriques. Elle combine le procédé des boues activées et la technologie membranaire. Laquelle permet d’obtenir une qualité de filtrage supérieure. Les membranes du bioréacteur sont fabriquées à partir de matière organique ultra-filtrante. Il s’agit d’un ensemble de fibres extrêmement fines, avec des pores de 0,04 microns qui retiennent les composés les plus petits. A la sortie, l’eau est claire et débarrassée de ses principaux polluants organiques et chimiques. Cette technologie favorise le recyclage des eaux usées pour l’agriculture.
La Step abrite également l’espace expérimental d’agriculture urbaine. Il s’agit d’un laboratoire à ciel ouvert pour l’agriculture urbaine et biologique. D’une superficie de 1 600 m2, on y retrouve différentes sortes de plants utiles pour la consommation, dont l’expérimentation se fait sans engrais chimique. Cet espace a une vocation démonstrative de la réutilisation des eaux épurées dans l’irrigation permettant ainsi la valorisation de la nature et l’économie de la ressource en eau.
C’est un cadre par excellence de sensibilisation des agriculteurs, élèves, étudiants, riverains, associations,… au profit de la protection environnementale.
Porté par le tandem Fondation Lydec et l’Association Recherche-Action pour le développement durable, ce jardin pédagogique présente sept zones de cultures, comportant une pépinière ainsi qu’une zone de biodiversité et un espace de compostage.
La vision des pouvoirs publics marocains pour 2027 est de mettre en place une usine de 200 000 m3/jour. La Step de Médiouna devrait inspirer les autres pays d’Afrique qui peinent à gérer rationnellement les eaux usées.

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—————————- Circuit des eaux usées —————————

Le processus de traitement et d’épuration des eaux usées de Médiouna suit trois grandes étapes. La première : le dégrillage, le dessablage et le déshuilage. A ce niveau, les eaux usées subissent un premier traitement et passent par différents filtres et grilles. C’est ainsi que seront extraits les composés les plus volumineux (déchets solides, sables et graisses).
La deuxième étape est le procédé des boues activées : les eaux usées passent dans le bassin d’aération contenant des boues activées. Les bactéries contenues dans ces boues vont dégrader les composés organiques (carbone), azotés et phosphorés. La troisième étape, c’est la filtration membranaire. Elle fait passer les eaux dans le réacteur biologique à membrane. Ce bioréacteur comprend des cassettes comportant plusieurs modules de membranes. Une fois filtrées, les eaux sont suffisamment pures pour être réutilisées pour l’irrigation.

M.A