Situation sociopolitique à l’orée de la présidentielle: « Seul le Bénin est éternel ! »

Par Paul AMOUSSOU,

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Enfant du Bénin debout ! Cette exhortation au patriotisme de l’hymne national est plus que jamais d’actualité, au regard de certaines positions radicalisées et de certains faits violents déplorables notés isolément ici et là dans certaines régions du pays, tendant à occulter que « Seul le Bénin est éternel ! ».

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Lors d’un discours solennel, le président Talon s’est laissé aller à une envolée lyrique : « Seul le Bénin est éternel ! ». En d’autres termes, il voulait dire qu’au-delà de tout antagonisme, de toute rivalité politique aussi forte soit-elle, seul doit compter l’intérêt supérieur de la nation, qui transcende les querelles et oppositions du moment et donc passagères. Dans les démocraties établies, celles que nous nous évertuons à appeler ‘’grandes démocraties’’ et dont nos modèles s’inspirent, c’est ce qu’on appelle ‘’pacte républicain’’, autrement dit, au-delà des divergences de vues ou idéologiques, des confrontations d’intérêts avouables ou non, reste pérenne l’essentiel autour duquel on doit pouvoir se réunir et qui dépasse les postures et positions personnelles.
Cette vue républicaine qui incite à un certain patriotisme, est plus que jamais d’actualité aujourd’hui au Bénin, au regard des actes de violence et de vandalisme isolés auxquels on assiste dans certaines régions du pays. D’autant plus que ces actions violentes et de défiance à l’ordre public ne sont pas sans connotation politique. A ce qu’il parait, selon des indices concordants, elles sont liées à l’échéance imminente de l’élection présidentielle.

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Alibis !

Il est question, pour motiver ces actes violents qui s’observent et qui fort heureusement ne sont pas de l’ordre général, de la fin du mandat du président Talon qui devrait, à en croire les dires d’une certaine opposition, prendre impérativement fin ce 6 avril 2021. Mais tout légaliste sait qu’une révision de la loi fondamentale a disposé autrement, et donc la Constitution qui régit actuellement le Bénin inscrit le curseur ailleurs, de telle sorte que l’élection présidentielle actuelle peut se tenir le 11 avril et le chef de l’Etat qui sera élu au terme de ce scrutin prêtera serment en mai prochain. Un tel réaménagement est-il de nature à remettre en cause les fondamentaux de la République béninoise ? La jurisprudence renseigne que le Bénin n’est pas le seul à avoir opéré un tel réaménagement constitutionnel.

Du reste, ces quelques jours en supplément sont-ils de nature à changer l’issue de l’élection présidentielle et à influencer le destin du peuple béninois ? Le bon sens intime que non, et que décidément « seul le Bénin est éternel » ! Il s’avère, selon toute évidence, que le prétexte agité à propos de la fin du mandat présidentiel actuel est un leurre. Il faut bien le croire. Récemment, le gouvernement a fait état d’une tentative de déstabilisation du pays orchestrée avec des forces extérieures : doit-on voir à travers les agissements violents observés ici et là, à quelques jours de la présidentielle, des indices concordants de cette thèse ? Les jours suivants nous édifieront à ce propos. Il reste à miser sur le sens patriotique des Béninois qui ne doivent pas céder aux chants des sirènes, aux appels visant à des actions dont on note qu’elles consistent, en tout cas à ce qu’on observe déjà isolément, à du vandalisme, donc à des actes de destruction de biens publics et privés. Ce n’est pas là le Bénin que nous connaissons, le Bénin que nous aimons, le Bénin que nous voulons, celui éternel et le seul qui vaille la peine pour tout Béninois digne du nom.