Signature d’un accord de partage de risque en Afrique de l’Ouest: Renforcer le partenariat pour stimuler le financement des PME

Par Bruno SEWADE,

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La Société financière internationale (IFC), membre du groupe de la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI) et Ecobank Transnational Incorporated (ETI) viennent en aide aux Petites et moyennes entreprises (PME) des pays de l’Afrique subsaharienne. Elles ont signé à cet effet un accord historique de partage de risque qui permettra de mettre à la disposition desdites PME, les financements qui leur font cruellement défaut. C’était mardi 22 mars à Abidjan en Côte d’Ivoire selon un communiqué de la Société financière internationale (SFI).

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Le mécanisme de partage de risque de la Société financière internationale de la Banque mondiale reçoit l’adhésion d’autres structures financières. C’est ainsi qu’au terme de l’accord signé mardi 22 mars à Abidjan par la Société financière internationale (SFI), la Banque européenne d’investissement (BEI) et Ecobank Transnational Incorporated (ETI), la BEI, qui est déjà un partenaire majeur du Mécanisme mondial de financement des Petites et moyennes entreprises (PME), un instrument d’IFC, rejoindra, comme ETI, le mécanisme de partage de risque. Selon un communiqué de la Banque mondiale, les deux institutions ont lancé ce mécanisme en mai 2015.

La BEI et l’IFC supporteront selon le communiqué, au côté d’ETI, 25 % du risque lié à ce mécanisme de 110 millions de dollars. Il est conçu pour faciliter l’accès au prêt pour les petites entreprises qui présentent un profil de risque plus élevé.
Pour la directrice d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Vera Songwe, les PME africaines font face à un énorme déficit de financement. Et des partenariats tels que celui entre IFC, la BEI et ETI selon elle, sont essentiels pour aider ces PME, ainsi que les économies, à générer de la croissance et à créer des emplois.
Vera Songwe estime qu’en s’appuyant sur le vaste réseau de partenaires d’IFC, la structure unique du Mécanisme mondial de financement des PME a la capacité de combler plus efficacement le déficit de financement qu’une institution financière internationale, une institution de financement du développement ou un bailleur de fonds ne le pourrait tout seul.
Pour sa part, le vice-président de la BEI, Ambroise Fayolle, selon le communiqué, a affirmé qu’«En tant que banque de l’Union européenne, la BEI s’engage fortement à soutenir l’investissement dans le secteur privé en Afrique. Le nouvel accord signé hier bénéficiera directement aux PME de toute l’Afrique subsaharienne, y compris celles de la Côte d’Ivoire, favorisant ainsi le développement durable et la création d’emplois. Chaque année, la BEI investit 2,5 milliards d’euros en Afrique pour améliorer l’accès des PME et des micro-entreprises au financement, développer les infrastructures sociales et économiques qui font tant défaut et promouvoir l’action pour le climat».
Pour Ade Ayeyemi, directeur général du groupe Ecobank, cet accord renforce l’engagement continu de sa banque à soutenir les PME en Afrique. Leur financement et leur croissance constituent à son avis un facteur important du développement du secteur privé en Afrique et de la croissance des économies en général.

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Les pays auxquels le mécanisme s’adressera

Le communiqué de la Banque mondiale indique que l’accord sur le mécanisme de partage de risque signé, mardi 22 mars, amènera IFC, la BEI et ETI à collaborer dans des pays où plus de 50 % de la population vit dans la pauvreté, où le chômage est élevé et où les infrastructures sont insuffisantes. Toutes choses qui compliquent davantage la tâche des petites entreprises. Le mécanisme s’adressera plus particulièrement aux PME de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Tchad, de la Guinée, du Mali et du Togo.
La Société financière internationale et Ecobank entretiennent une collaboration ancienne qui remonte à 1993. Le réseau sans équivalent d’ETI en Afrique a permis d’étendre l’accès aux services financiers à des environnements difficiles, et ce à une échelle à laquelle peu d’autres institutions financières partenaires d’IFC peuvent prétendre.
La BEI quant à elle, est l’institution de l’Union Européenne chargée des prêts à long terme. Elle est aussi un partenaire de premier ordre de l’IFC. Les deux institutions co-investissent dans de nombreux projets à travers le monde et ont mis en place un partenariat particulièrement solide durant la crise financière de 2008. La BEI a apporté 100 millions de dollars au Mécanisme mondial de financement des PME en 2014, avec pour cible prioritaire les PME en Afrique.

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Le Mécanisme mondial de financement des PME en question

Le Mécanisme mondial de financement des PME est un instrument de financement mixte qui intègre à la fois l’investissement et des services- conseil afin d’aider les banques à toucher plus de PME. Il a été lancé en avril 2012 suite à l’appel du G20 pour combler le déficit de financement des PME qui s’élevait à 1000 milliards de dollars. C’est un mécanisme véritablement unique, car il mobilise des financements auprès des bailleurs de fonds, des institutions financières internationales et du secteur privé afin d’aider les banques à accroître les prêts aux PME et à couvrir le risque lié auxdits prêts. Il cible les PME qui n’ont pas accès aux financements, y compris les PME appartenant à des femmes, les entreprises agricoles et celles intervenant dans le secteur climatique, ainsi que les PME basées dans les États fragiles.
Le mécanisme possède une large couverture géographique et couvre tous les pays du portefeuille de l’IDA. Il a déjà des engagements dans 27 pays, dont 15 qui sont classés États fragiles et touchés par des conflits. Avant fin décembre 2015, le mécanisme avait déjà effectué plus de 100 000 prêts au bénéfice de PME, pour une valeur totale de 6,4 milliards de dollars. Sa structure unique lui a permis de réaliser des investissements qui ont changé la vie de leurs bénéficiaires. L’agence britannique pour le développement international (DFID) a été le premier partenaire du mécanisme, avec une contribution de 120 millions de dollars destinée tant aux services de conseil qu’au financement mixte. Depuis lors, au titre du mécanisme, la Société financière internationale s’est engagée dans des projets à hauteur de 595 millions de dollars, contre 200 millions de dollars en phase initiale.