Séquestration, violences et voies de fait suivies d’assassinat: 20 ans de réclusion criminelle pour les trois coupables, deux accusés acquittés

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Les mis en cause dans le deuxième dossier au rôle de la première session criminelle du tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa étaient à la barre, mardi 5 novembre dernier, pour répondre des faits de séquestration, violences et voies de fait suivies d’assassinat. Le tribunal statuant publiquement et contradictoirement a condamné les nommés Désiré Togbé, Clément Oni et Mèmasson Homanou à 20 ans de réclusion criminelle.

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Clément Oni, Mèmasson Homanou et Désiré Togbé sont déclarés coupables des faits de séquestration, violences et voies de fait suivies d’assassinat commis sur les nommés Emmanuel Dakoudi et Landry Fantodji. Les faits mis à leur charge sont relatifs à une expédition punitive des défunts, présumés auteurs de cas de vol, mais qui a tourné au drame, en 2009, à Djakotomey, dans le Couffo. Poursuivis et inculpés, Clément Oni, Mèmasson

Homanou et Désiré Togbé n’ont pas, depuis, reconnu les faits. A la barre, leur position n’a pas varié. Ils avaient tous choisi la dénégation en dépit des contradictions que leur opposaient des témoins tels que Chantal Fantodji et le colonel civil Devi. Labi Aclo BodjrËnou décédé et les nommÈs Cocou TogbÈ (père de Désiré TogbÈ) ainsi que Gilbert Fantodji et Albert Djete sont poursuivis au titre de complices dans ce deuxième dossier.

De façon générale, l’enquête de moralité est favorable à tous les accusés dont les casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation antérieure. De constitution physique normale, les accusés jouissent tous de leurs facultés mentales et psychiques au moment de la commission des faits mis à leur charge, indique le rapport des examens psycho-psychiatriques conduits par l’expert Ildevert Egué. En clair, ´ les faits qui leur sont reprochés ne sont pas en relation avec d’éventuelles anomalies mentales ou psychologiquesª, souligne le rapport. Après lecture de ces pièces, le ministère public soutient que les accusés ont commis un acte bien planifié qu’il convient de décourager. Il invitera le tribunal présidé par le magistrat Koffi Virgile Léandre Kpomalégni à retenir dans les liens de la justice notamment les accusés Clément Oni, Mèmasson Homanou et Désiré Togbé.

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Mais pour les six avocats commis d’office pour la défense des accusés présents à la barre, la poursuite manque d’éléments probants pour établir une quelconque accusation. Tour à tour, ils ont développé que les propos d’un seul témoin, le défunt Labi Aclo Bodjrènou, ayant donné lieu aux interpellations des accusés sont insuffisants et devraient, selon eux, être déclarés de nul effet. Pour finir, ils ont tous réclamé la fin de la détention de leurs clients respectifs.

Mais le tribunal à qui revient le dernier mot, requalifie en assassinat les faits reprochés aux accusés Désiré Togbé, Clément Oni et Mèmasson Homanou sous les qualifications de séquestration, de violences et voies de fait et d’assassinat sur les nommés Emmanuel Dakoudi et Landry Fantodji, faits prévus et punis par les articles 468 à 471 et 475 du Code pénal. Il condamne chacun d’eux à 20 ans de réclusion criminelle.

Par ailleurs, le collège des juges acquitte les accusés Cocou TogbÈ, Gilbert Fantodji et Albert Djete au bénéfice du doute quant ‡ leur implication dans les faits. L’accusé Labi Aclo BodjrËnou étant décédé, le tribunal a déclaré, en conséquence, l’action publique éteinte à son égard. Enfin, les juges ont donné acte à Chantal Fantodji et Léocadie Kakpovi, représentant respectivement les ayants droit des feus Emmanuel Dakoudi et Landry Fantodji de ce qu’elles ne se constituent pas partie civile. Ces décisions furent prononcées aux environs de 2 heures du matin de ce mercredi 6 novembre, mettant ainsi fin au long et laborieux procès auquel a donné lieu le deuxième dossier de la toute première session criminelle du tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa.

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Rappelons que Désiré TogbÈ, de nationalité béninoise et revendeur de profession, est née vers 1978 à AplahouÈ. Marié et père de six enfants, il est placé sous mandat de dépôt le 2 novembre 2010. Clément Oni, cultivateur de nationalité béninoise née le 10 janvier 1948 à Djakotomey, et célibataire avec un enfant, est en détention préventive depuis le 7 décembre 2010. Quant à Mèmasson Homanou, menuisier de profession et Béninois de nationalité, née vers 1977, il est mis sous mandat de dépôt le 7 décembre 2010. Marié, il est père de six enfants.

 

Les faits

 

Plusieurs cas de vol ont été enregistrés dans la commune de Djakotomey. Parmi les victimes, il y a le nommé Désiré TogbÈ qui, courant 2009, a été victime d’un vol de motocyclette, d’une machine à coudre et de produits pétroliers. Il s’est plaint aux nommés Clément Oni et Mèmasson Homanou qui ont mis sur pied une équipe de 15 personnes environ pour appréhender feus Landry Fantodji et Emmanuel Dakoudi soupçonnés par la victime de ce vol.

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C’est ainsi que dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 octobre 2009, aux environs d’une heure du matin, des individus masqués et armés de fusils de fabrication artisanale et de gourdins, à bord d’un véhicule de marque Peugeot 404 bâchée, ont fait irruption au domicile de feus Landry Fantodji et Emmanuel Dakoudi sis à HounkÈmey, arrondissement de SokouhouÈ, commune de Djakotomey. Ils ont exercé des violences sur eux, les ont enlevés, tués et jetés dans un puits dans une brousse du village AgohouÈ-Balimey, arrondissement d’AdjintimË, commune de Djakotomey.

Les enquêtes menées par la brigade des recherches et la compagnie de l’ex-Gendarmerie d’AplahouÈ ont permis d’appréhender les nommés Désiré TogbÈ, Clément Oni, Mémasson Homanou, Gilbert Fantodji, Cocou TogbÈ, Albert Djete, Roger TogbÈ, Paulin Assi Oke et Labi Aclo BodjrËnou.

Poursuivis et inculpés pour séquestration, violences et voies de fait et assassinat, les inculpés ont niés les faits ‡ toutes les étapes de la procédure à l’exception de Labi Aclo BodjrËnou qui, après variation, a fini par reconnaitre lesdits faits. Il a été confondu par un enregistrement sonore réalisé par Ehoun Zinsou alias colonel civil Dévi.

 

Composition du tribunal

 

Président : Koffi Virgile Léandre Kpomalégni

Assesseurs : Asseh Maximilien KpËhounou, Antoine Kocou Houeze, HervÈ Marcel Alavo, Alphonse Gbossou

Greffier : Geneviève Agniwo