Séminaire sur les réformes dans l’Enseignement supérieur: La qualité de l’offre éducative en débat

Par Alexis Meton,

  Rubriques: Education |   Commentaires: Aucun


Un séminaire ministériel sur les réformes dans l’Enseignement supérieur a mobilisé les acteurs, vendredi 21 février dernier à l’amphi Sadler de l’Institut des sciences biomédicales appliquées (Isba) de Cotonou. Il a pour but la recherche du consensus autour desdites réformes pour la qualité de l’offre éducative. C’est une initiative du gouvernement portée par Eléonore Ladékan Yayi.

LIRE AUSSI:  4e congrès électif de SOYUZ-Bénin: Narcisse Soglo reconduit pour un second mandat de 3 ans

Les réformes dans le sous-secteur de l’Enseignement supérieur sont passées au crible. Au cours d’un séminaire ministériel dont les travaux ont été lancés, vendredi 21 février dernier, par Eléonore Ladékan Yayi, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les acteurs ont apporté leur contribution pour la mise en oeuvre diligente des différentes réformes.
Sur le thème : « Regards croisés des acteurs sur les réformes dans le sous-secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique », le séminaire ministériel a pour objectif, selon Mèdénou Daton, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de réaliser un large consensus entre les principaux acteurs du sous-secteur sur l’ensemble des réformes engagées dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Il s’agira, pour les participants, de s’approprier le bien-fondé des réformes souhaitées par le gouvernement dans l’enseignement supérieur d’une part et de cerner leur rôle à travers l’appropriation des nouveaux textes en vigueur dans le secteur d’autre part.
« Nous sommes là parce qu’il y a un problème et nous serons dans nos différents rôles pour apprécier ces problèmes. Nous ne sommes pas venus parce que nous avons nos cartouches de revendications », a martelé la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Pour Eléonore Ladékan Yayi, des plaintes des citoyens et des autorités sont parvenues à son cabinet et après cinq mois environ d’observation, il est nécessaire, souligne-t-elle, que tous les acteurs de l’enseignement supérieur se rencontrent pour analyser ces plaintes et apporter des solutions en vue de la qualité de l’enseignement. « Je sais compter sur votre sens d’écoute et de partage », a ajouté la ministre pour espérer qu’à l’issue de la rencontre, le sous-secteur de l’Enseignement supérieur sera un système véritablement renforcé et bien bâti.

LIRE AUSSI:  Licence et master: Les examens nationaux se tiennent en août prochain

Dysfonctionnements, actions menées

Les différents dysfonctionnements que connaît le sous-secteur de l’Enseignement supérieur ont été présentés aux trois cents délégués à ce séminaire ministériel ainsi que les réformes prévues pour les réduire. Au nombre des dysfonctionnements liés à la gouvernance dans le sous-secteur, Martin Ogoussan, directeur de la Coopération universitaire, souligne le faible niveau de coordination, la faible couverture des œuvres sociales, le faible niveau d’avancement du système de gestion de l’information de l’éducation volet enseignement supérieur. Il y a également l’installation non coordonnée des établissements supérieurs, les insuffisances du régime de désignation des responsables des universités publiques du Bénin. Dans le domaine de l’offre éducative, il a indiqué la faible adéquation des offres de formation aux besoins réels du pays et des entreprises, la pléthore d’universités publiques sans ressources, le faible niveau d’innovation technologique, le faible impact des résultats de la recherche sur le développement. Parlant de la demande éducative, il retient le faible développement d’initiatives privées et au niveau de la jeunesse, une forte aversion pour le risque.
Pour endiguer ces dysfonctionnements, le gouvernement a entrepris le renforcement du Conseil national de l’Education, l’interconnexion des universités publiques, la mise aux normes des établissements de formation universitaire, l’adoption d’une stratégie basée sur la démarche qualité pour la gestion du sous-secteur. Le gouvernement a aussi initié d’un cadre incitatif pour les investisseurs privés, la mise en place d’un fonds d’études supérieures au Bénin et le renforcement du projet de centre d’excellence. La revue globale des offres de formation et l’harmonisation des filières, l’élaboration d’une nouvelle carte universitaire, la mise en place de la cité internationale du savoir, … figurent en bonne place dans les réformes prévues pour réduire les dysfonctionnements dans le sous-secteur, selon Martin Ogoussan. Dix communications ont été présentées au cours de ce séminaire dont l’harmonisation des offres et coûts de formation dans les universités nationales du Bénin, assurance qualité dans les universités et équivalence des diplômes, les formations doctorales et gestion des laboratoires de recherche dans les Unb…

LIRE AUSSI:  CEP 2015: Présence massive des candidats en dépit de la pluie

—————————- Impressions de quelques participants —————-

Alain Gbladja, président du Syndicat des travailleurs administratifs techniques et de service de l’éducation nationale, section de l’Enseignement supérieur (Syntratsen-Esrs)

« Ce séminaire est un signe d’espoir. Je remercie la ministre pour cette belle initiative. Elle vient combler nos attentes. Lorsque vous êtes un acteur, vous devez aspirer à une amélioration permanente de votre secteur. Si les acteurs principaux d’un système ne se retrouvent pas, ils ne peuvent pas réfléchir profondément sur les problèmes de leur secteur. Ce séminaire ministériel est venu à point nommé. Parce que nous, nous avons beaucoup d’attentes et de préoccupations. Avec la communication inaugurale que nous avons suivie, nous croyons que ce séminaire ne sera pas un de plus. Les différentes thématiques prévues pour être développées viendront réduire les dysfonctionnements pour le développement du sous-secteur. Si nous sommes francs et que nous échangeons franchement, les travailleurs trouveront des solutions aux problèmes posés et cela pourrait améliorer qualitativement les services rendus par notre secteur à la communauté nationale et internationale.

—————————————————

Odile Dossou Guèdègbé, Doyen de la Faculté des Sciences humaines et sociales (Fashs)

LIRE AUSSI:  Gestion des cantines scolaires à Boukombé :Crise autour du choix des prestataires

« Ce séminaire est une initiative noble et louable qui permet de rassembler les acteurs du secteur de l’Enseignement supérieur autour d’une table, et les problèmes majeurs qui minent le sous-secteur de l’enseignement supérieur seront discutés. C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle, dit-on. Des initiatives ont eu lieu depuis 2016 et les résultats montrent que ça ne va pas toujours. On nous a fait le bilan du diagnostic et il se fait qu’il y a des points forts mais également des faiblesses qui viennent déranger un peu le cours normal des choses. Que tout ce qui est élément de blocage pour la bonne marche du sous-secteur de l’Enseignement supérieur soit revisité, discuté et franchement pour que chaque acteur sache quelle est sa partition dans ces chaines de décision. Notre souhait est que tout aille au mieux pour tous les acteurs depuis, l’étudiant jusqu’au niveau ministériel ».

—————————————————

Gérard Degan, Recteur de l’Université nationale des Sciences et technologie de l’ingénierie de mathématique (Unstim)

« C’est tellement nécessaire ce que la ministre de l’Enseignement supérieur a commencé par faire. Elle doit d’abord apprécier l’existant à travers les réformes qui ont été entreprises et voir ce qui est nécessaire qu’on puisse faire pour harmoniser surtout les points de vue de tous les acteurs. Le gouvernement avait pris les décisions. On a même commencé à préciser les cartes universitaires. Maintenant, les difficultés que nous avons sur le terrain, c’est des solutions que nous allons apporter à ces problèmes. Si les acteurs conviennent ensemble de ce qui est nécessaire de faire, on doit aller dans ce sens, puisque ce sont les acteurs de la vie éducative ».