Semaine de l’Europe: « La route de l’Ue au Bénin » lance les manifestations

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Visite du centre de sante d'AKASSATO

La « Semaine de l’Europe » organisée autour de la Journée de l’Europe, le 9 mai, s’est ouverte, ce jeudi, par une visite conjointe de projets des ambassadeurs de l’Union européenne. Dénommée « La route de l’Ue au Bénin », la randonnée dans les communes d’Abomey-Calavi et Sô-Ava a permis de toucher du doigt la contribution de l’Union et de ses Etats membres à l’amélioration des conditions de vie des populations béninoises.

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Dimanche 9 mai sera célébrée la Journée de l’Europe qui rappelle la «Déclaration Schuman » appelant à une nouvelle forme de coopération politique pour l’Europe. Pour marquer l’événement au Bénin, la Délégation de l’Union européenne (Ue) et les quatre Etats membres de l’Union présents au Bénin (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas) organisent une Semaine de l’Europe sur le thème « Plus forts ensemble, pour un partenariat Ue-Bénin sur le long terme ».
Les activités ont démarré, ce jeudi, par une visite conjointe de projets des ambassadeurs de l’Union, sous la conduite de Sylvia Hartleif, chef de la Délégation de l’Ue au Bénin.
La première étape de ce périple dénommé « La route de l’Ue au Bénin » a été le Centre de santé d’arrondissement d’Akassato où est mise en œuvre une approche de « soins optimisés » au couple mère/nouveau-né dans la zone sanitaire Abomey-Calavi – Sô-Ava. Cette approche innovante est implémentée avec l’appui technique et financier du Programme d’appui à la Santé sexuelle et reproductive et à l’information sanitaire
(P@sris) initié par l’Agence belge de développement Enabel. Elle permet d’améliorer la qualité des soins des bénéficiaires, de réduire les décès néonatals dus à l’hypothermie, l’hypoglycémie et les infections et d’accompagner les mères d’enfants dans le suivi et la sauvegarde de la vie des enfants, indique Dr Rodrigue Kohoun, médecin coordonnateur de la zone sanitaire.
Clarisse Alihonou, mère de jumeaux, témoigne que l’utilisation de bracelet électronique qui alerte par des signaux lumineux ou sonores, lui permet d’administrer rapidement des « soins kangourou » à ses enfants. Cette innovation permet également l’examen systématique du nouveau-né ou sa mise au sein précoce, ajoute Dr Kohoun qui souligne que 92 enfants ont déjà bénéficié de ces soins optimisés et se portent mieux, au grand bonheur des communautés. Xavier Leblanc, ambassadeur de la Belgique près le Bénin, s’en réjouit, d’autant plus qu’en 2020, il a été enregistré 29 décès maternels, 74 décès néonatals et 2000 enfants de faibles poids.

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Jeunesse et éducation

Cap a été ensuite mis sur le Ceg Ahomey-Lokpo à Zinvié, commune de Sô-Ava. Là, l’inspecteur Wilfrid Djènontin, le directeur du collège, Francis Yémalo Sohou et le porte-parole des élèves, Aude Boton, ont tour à tour témoigné leur gratitude à l’Agence française de développement (Afd) qui a construit un grand module de salles de classe dans le cadre du Projet d’appui à l’enseignement secondaire au Bénin (Paesb).
« C’est le seul des trois bâtiments du collège épargné lors de la dernière crue dans ce milieu semi-lacustre où les inondations cycliques perturbent pendant deux à trois mois les activités pédagogiques », fait savoir M.
Sohou. Le domaine de 8 ha attend d’accueillir d’autres infrastructures dont le manque reste criant dans ce collège comptant dix groupes pédagogiques, plaide-t-il devant l’ambassadeur Marc Vizy de France et les autres.
L’Ong Bouge a bénéficié du projet Atvert de la Coopération allemande Giz qui a appuyé des jeunes dans la formation et le développement de compétences en matière de transformation agroalimentaire. Grâce à cet appui, fait savoir Augustin Faton, directeur exécutif de l’Ong, le centre est devenu un incubateur avec des entreprises satellites qui excellent dans la fabrication de jus (mangue, tamarin, baobab, bissap), de gari amélioré ou de tapioca.
Achim Tröster, ambassadeur d’Allemagne près le Bénin, s’en félicite tout en assurant que la Giz se concentrera davantage cette année sur le renforcement des capacités des jeunes et des femmes, notamment dans le domaine de l’agrobusiness et du développement durable.

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Energie et santé

L’étape suivante de la visite, c’est le chantier de construction et d’équipement du Centre d’information et de coordination du Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain (Cic/Eeeoa) sis à Abomey-Calavi. Ce projet entièrement financé par l’Union européenne pour un montant de 30 millions d’euros pour le bâtiment et 8,5 millions d’euros à titre de subvention de fonctionnement, est réalisé à 87 % et devrait être livré fin septembre, assure l’équipe technique rencontrée sur place.
Ce centre sera le cœur du marché régional de l’électricité en Afrique de l’Ouest, indique
Elhadji Ndour, chef du projet Cic. Le Bénin sera ainsi le centre névralgique des échanges pour l’amélioration de l’accès à une électricité fiable au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
La délégation de l’Ue a achevé sa randonnée par le Centre Jeunes Amour &Vie (Cjav) logé au Ceg 1 Abomey-Calavi où sont développés des services de santé de reproduction adaptés aux adolescents et jeunes de 10 à 24 ans depuis mars 2013, avec l’appui du Royaume des Pays-Bas dont l’ambassadrice To Tjoelker fait partie de la délégation. Depuis le début d’année, seulement trois cas de grossesse ont été enregistrés sur un effectif total de 3750 élèves dont 1850 filles alors que d’autres établissements qui n’ont pas cet effectif ont enregistré une cinquantaine de cas déjà, apprécie Sètchédé Awala, directeur du collège. « Votre appui, c’est une chance pour Abomey-Calavi et pour le Bénin tout entier dans la lutte contre les grossesses et les maladies sexuellement transmissibles en milieu scolaire», salue-t-il.
Bertin Koudoufio, membre du Comité national de suivi des Cjav (25 au total répartis sur l’étendue du territoire national), plaide pour que les localités des départements du Mono et du Couffo qui n’en disposent pas du tout, soient pourvues. Pour lui, leur implémentation dans tout le pays permettra de pallier la faible prévalence contraceptive, la précocité des rapports sexuels, les infections sexuellement transmissibles et de prévenir les violences basées sur le genre.