Secteurs du tourisme, de la culture et des arts: Projets phares et investissements majeurs à la loupe

Par Isidore Alexis GOZO (gozoalexis6@gmail.com),

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danse de la divinite

Les nombreuses réformes engagées, ces cinq dernières années, dans les secteurs du tourisme, de la culture et des arts ont permis au Bénin d’obtenir des résultats satisfaisants et de se repositionner sur la scène touristique et culturelle mondiale. Des acquis qu’a présentés Jean Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, à la diaspora béninoise, dimanche 21 mars dernier par visioconférence.

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« En ce qui concerne le secteur dont j’ai la charge, il s’agissait de faire du tourisme une filière de développement économique, créatrice de richesse et d’emploi et de faire de la culture et des arts un levier de développement du tourisme. Durant ces cinq ans, nous avons posé un certain nombre d’actions qui vont principalement structurer et requalifier l’offre culturelle. Nous avons engagé un lourd programme d’investissement pour accroitre et rendre le Bénin compétitif de même que l’offre et nous avons développé une main-d’œuvre compétitive », a fait savoir le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts aux membres de la diaspora, dimanche 21 mars dernier par visioconférence.
Jean Michel Abimbola explique que, durant les 5 ans, le gouvernement a mené un certain nombre de projets qui sont des projets phares et investissements majeurs dans le tourisme et dans le patrimoine. Le premier projet phare est le positionnement du parc de la Pendjari comme un parc Safari de référence en Afrique de l’Ouest. Le deuxième projet phare concerne la réinvention de la cité lacustre de Ganvié. Il précise que le produit Ganvié, c’est l’environnement même et pour cela, le gouvernement va réaménager le cadre de vie et investir dans le bien-être des populations, ce qui fera l’attrait pour les touristes de passage. L’autorité ministérielle rappelle un certain nombre de mesures importantes qui sont prises telles que la construction très prochaine d’habitats lacustres et le balisage des chenaux sur 10 kilomètres sans oublier des études pour mettre à niveau les infrastructures sociocommunautaires.

Il met aussi l’accent sur la gestion des eaux usées domestiques et l’électrification. Le troisième projet concerne la construction du musée de l’épopée des amazones et des rois du Danxomè à Abomey. Ce musée permettra de valoriser l’histoire de la royauté et de conférer une envergure nationale et internationale à ce site. « Vous savez que ce musée est placé dans le patrimoine de l’humanité au niveau de l’Unesco », rappelle-t-il. À part Abomey, il note que le gouvernement a aussi l’ambition de construire la cité historique de Ouidah avec différents projets dont la maison du Brésil, le fort portugais ainsi que la maison du gouverneur qui seront réhabilités. A cela s’ajoute la reconstruction de la place aux enchères de la porte du non-retour, du mémorial de l’arbre du retour « Zoungbodji» et le bâtiment colonial qui se trouve à la Porte du non-retour.

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Avec des visuels à l’appui, le ministre montre à la diaspora ce que seront le fort portugais, la place aux enchères et la future porte du retour. Toujours à Ouidah, le gouvernement envisage construire un Complexe hôtelier et touristique assez vaste avec entre autres, le bateau du départ, la construction d’un certain nombre d’infrastructures, une zone d’activités culturelles, de loisirs et de services et une zone de recueillement et de promenade pour le tourisme mémoriel. Le ministre informe qu’à Avlékété, il sera aménagé une station balnéaire et l’élaboration d’un plan de zonage.

Une richesse patrimoniale incroyable

Outre la Marina de Ouidah, le ministre note qu’une corniche offrant une baignade en toute sécurité grâce aux épis de Siafato à l’est du Plm Alédjo sera aussi implantée à Cotonou. Là, aussi un vaste projet balnéaire et touristique va naitre au Plm Alédjo et l’hôtel El Dorado. Il informe que le site qui est appelé la Route des pêches et qui offre une variété époustouflante de paysages faits de mangroves, de plans d’eau et de plaines côtières sableuses sera mis en valeur. Le Bénin dispose d’une richesse patrimoniale architecturale incroyable. Pour accompagner l’ensemble des investissements, un certain nombre de réformes structurantes sont prévues dans le tourisme. Jean Michel Abimbola explique que le gouvernement va aligner le cadre opérationnel du secteur touristique béninois sur les standards internationaux.

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Il est prévu aussi la modernisation des statistiques touristiques et la mise en place d’un compte satellite du tourisme pour pouvoir mieux s’orienter de même que le renforcement des capacités des acteurs du secteur du tourisme. Cinquante-quatre guides professionnels seront sélectionnés et vont bénéficier d’un renforcement de capacités afin que le discours et le produit vendus soient les mêmes. « Si vous avez les plus beaux sites touristiques et que vous n’avez pas des professionnels pour accompagner, si vous avez les plus beaux musées et que vous n’avez pas la médiation culturelle, tout cela est vain », fait-il savoir.

Culture et arts

Dans ces deux domaines, le ministre indique que les objectifs fixés depuis 5 ans permettent de mettre en place une réelle politique de soutien aux vocations et aux talents artistiques. Il indique que le gouvernement travaille à développer des industries culturelles et créatives. Il précise que durant les cinq ans, un certain nombre d’actions ont été posées. Il y a la création de la galerie nationale qui est fonctionnelle et qui a pour mission de révéler les plasticiens béninois et de structurer le marché de l’art au Bénin. A l’en croire, l’Etat travaille en même temps sur les réformes des instances d’administration de la culture et de l’art. « Si nous ne mettons pas aussi bien l’administration que les professionnels à niveau, nous aurons des difficultés à relever le défi », renchérit-il. Il note qu’il sera aussi procédé à l’opérationnalisation du statut des artistes.

Il y aura au Bénin la construction d’infrastructures dont sept arènes culturelles de mille places chacune dont deux ont déjà démarré en 2020 et les cinq autres vont suivre en 2021. Le ministre est aussi revenu sur la réformation du Festival international de théâtre du Bénin. Il en est de même pour le cinéma et pour la danse patrimoniale et contemporaine. Selon lui, il est important de donner une identité musicale exportable à la musique béninoise.

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Restitution des biens culturels et retombées

Jean Michel Abimbola n’a pas occulté la question de la restitution des biens culturels. Il informe que le Bénin est en train de développer un pan de l’économie muséale et patrimoniale qui permettra d’enrichir l’offre touristique et qu’une coopération muséale et patrimoniale est en cours. Le Bénin se met aussi à niveau à travers un certain nombre de convention internationales telles que la convention Unidroit qui permet de protéger les biens culturels volés ou illicitement obtenus par certaines personnes. Il rassure la diaspora et les Béninois en général que le Bénin tient le bon bout.
Le ministre précise que tout ce qui a été fait depuis cinq ans dans le secteur du tourisme, de la culture et des arts a eu un certain nombre de retombées pour le Bénin. Il souligne que le Bénin est devenu un terrain de convoitises pour les grandes marques et les grands groupes hôteliers tels que Sofitel, Golden Tulip, Hilton resort, Club méd s’y intéressent. Parlant de retombées socioéconomiques, le ministre indique que le Bénin a un potentiel de création d’emplois qui monte en puissance grâce à des emplois créés au niveau du parc de la Pendjari mais aussi grâce aux emplois en cours au niveau de Ouidah.

Il précise qu’il y a 500 emplois pour les constructions en cours et 500 autres qui suivront. «Le tourisme est un infuseur de richesse et de développement direct auprès des populations», ajoute-il. Il souligne que d’ici deux à cinq ans, le Bénin sera remarquable et enviable sur la scène touristique continentale et le tourisme, la culture et les arts seront bientôt les sous-secteurs majeurs qui susciteront l’envie et l’engagement de la jeunesse. Le Bénin est à une ère de réappropriation de sa culture et la culture est un indicateur de développement?