Secteur de la construction: Un niveau élevé d’émission de gaz à effet de serre

Par Alexis Meton,

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Le Rapport 2020 sur la situation mondiale des bâtiments et de la construction de l’Organisation des Nations Unies pour l’environnement publié par l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction a révélé une forte propension de l’émission de gaz à effet de serre dans le secteur des bâtiments. Dans le cadre de la lutte contre le fléau, l’Onu environnement a fait des recommandations.

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L’utilisation intense de l’énergie électrique dans le secteur des bâtiments est à la base de la forte émission de gaz à effet de serre, une autre source des changements climatiques, révèle le Rapport 2020 sur la situation mondiale des bâtiments et de la construction.
Selon ce rapport de l’Onu environnement publié par l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction, lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Madrid le 11 décembre 2019, la consommation énergétique des bâtiments dans le monde est restée stable d’une année à l’autre. Mais les émissions de CO2 liées à l’énergie ont augmenté pour atteindre 9,95 Gt de CO2 en 2019. Ce bilan montre que la pollution provenant des bâtiments du monde entier et de leur construction est toujours responsable d’environ 39 % des émissions totales de dioxyde de carbone, selon l’Onu environnement.
Ce fait qui occasionne le dérèglement climatique est dû à l’abandon de l’utilisation directe du charbon, du pétrole et de la biomasse traditionnelle au profit de l’électricité, dont la teneur en carbone est plus élevée en raison de la forte proportion de combustibles fossiles utilisés dans la production, d’après le Rapport. Dans la perspective d’une prise de conscience à la réduction de l’usage des combustibles fossiles, Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement fait savoir que l’augmentation des émissions générées par le secteur du bâtiment et de la construction souligne le besoin urgent d’une triple stratégie pour réduire la demande énergétique dans l’environnement bâti, décarboniser le secteur de l’électricité et mettre en œuvre des stratégies de matériaux qui réduisent les émissions de carbone sur le cycle de vie.
« Nous sommes confrontés à deux réalités fondamentales.

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Au cours des trente prochaines années, la population mondiale devrait augmenter de deux milliards d’habitants, ce qui nécessitera davantage de logements et de constructions connexes : en même temps, les nations doivent parvenir à un monde neutre en carbone si nous voulons éviter un changement climatique dangereux », suggère Inger Andersen. Car, sans mesures sérieuses et consistantes, les demandes énergétiques croissantes de ce secteur vital impliquent que les Etats ne pourront pas réaliser la transition climatique nécessaire de toute urgence ni atteindre les objectifs de développement durable. Le Rapport a fait remarquer hélas, que non seulement les émissions sont à nouveau en hausse, mais, en outre, que les activités visant à réduire les émissions sont au point mort. Il souligne que l’augmentation des émissions est due en grande partie à l’augmentation de la demande d’énergie, y compris pour les industries énergivores comme l’acier, et donc à la combustion de plus de combustibles fossiles pour la production d’électricité, comme le charbon.

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« Le secteur du bâtiment et de la construction doit relever ce défi en offrant des logements et des lieux de travail abordables, de qualité, confortables, sains et très efficaces », indique la directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement. « D’ici à la fin de 2020, les gouvernements ont la possibilité de proposer des contributions renforcées déterminées au niveau national dans le cadre de l’Accord de Paris. J’exhorte les nations à prendre en compte des politiques, des investissements et des actions plus forts et plus spécifiques qui conduisent à une transformation des bâtiments et de la construction », a-t-elle exhorté. Il revient aux gouvernements de contribuer à atteindre ces objectifs en incluant des mesures de décarbonisation dans leurs plans de relance. Ils peuvent aussi augmenter les taux de rénovation, canaliser les investissements vers des bâtiments à faible émission de carbone, créer des emplois et augmenter la valeur de l’immobilier. L’utilisation des énergies renouvelables pour alimenter les bâtiments et une baisse de la consommation d’énergie pour le chauffage… sont préconisées.