Scolarité et sexualité précoce: L’équation des grossesses non désirées

Par Josué F. MEHOUENOU,

  Rubriques: Société |   Commentaires: Aucun


Alors que le cycle des examens de fin d’année commence avec le Bepc lancé ce lundi 12 juin, combien sont-elles les élèves contraintes à l’abandon de leur scolarité du fait de grossesse non désirée et à ne pas pouvoir prendre part à ces examens?  

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Combien sont-elles ces filles à devoir regarder de loin leurs camarades prendre part aux divers examens de fin d’année ?

Une certitude est qu’elles autres n’ont pu déjà finir l’année. Faute d’une grossesse tombée mal à propos !

Le moins qu’on puisse dire est que le phénomène des grossesses non désirées en milieu scolaire est complexe. Tout comme ses causes.

Selon l’étude démographique et de santé 2012 « en dessous de l’âge de 15 ans, 13% des adolescents sont sexuellement actifs. Parmi les jeunes de 15 à19 ans, 15% ont un enfant et 21% des grossesses chez les adolescentes sont non désirées ». Ces statistiques sont édifiantes et révèlent l’ampleur du problème.

Il y a quelques semaines, un collège d’enseignement général de la commune de Dassa a retenu l’attention de l’opinion publique par le nombre de grossesses enregistrées en son sein : 33 au total. Des chiffres qui interpellent à la fois les acteurs de santé publique, les organismes qui luttent pour que prospère la planification familiale, et pour le bien-être des populations. En somme, un drame de société qui mérite action et réaction.

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 Prévention…

Ce qu’on pourrait qualifier de « drame de Dassa » a été d’ailleurs le point de départ de l’accentuation d’une campagne de préservation des jeunes adolescents contre les comportements sexuels à risque. Il est question, selon Ibrahim Moussa, responsable Performance à l’Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf), de sensibiliser et d’informer à la fois, en particulier les jeunes filles.

De retour d’une mission dans le département des Collines où plusieurs collèges ont été parcourus aux fins d’échanger avec les adolescents et les jeunes, il explique qu’il résulte des comportements notés actuellement chez certains adolescents, « un nombre élevé d’avortements à risque qui contribuent au taux élevé de mortalité maternelle». L’autre conséquence, indique le responsable Performance de l’Abpf, reste que la plupart des filles, du fait des grossesses non désirées abandonnent l’école. Ce qui limite leurs chances de réussite au plan socio-économique.

La mission qu’évoque Ibrahim Moussa, a silloné les collèges de la commune de Dassa, à la demande du directeur départemental de la Santé pour échanger avec les apprenants. Un exercice loin d’être évident du fait des vacances qui pointent déjà à l’horizon, qui serait même un avantage. Car, soutient Ibrahim Moussa appuyé par Alvine Tobossi, infirmière à la retraite et mère de famille, « les vacances constituent une période charnière pendant laquelle les jeunes sont libres et exposés à des pratiques peu saines ». Il faut donc, soutiennent les deux acteurs, travailler à les responsabiliser. « Beaucoup de grossesses surviennent pendant les vacances où les élèves n’ont pas d’activités scolaires. Selon Ibrahim Moussa, pour régler le problème de grossesses précoces et des maladies sexuellement transmissibles, il convient de « doter les élèves et les jeunes en général de connaissances, compétences, attitudes et valeurs dont ils ont besoin pour déterminer leur sexualité » et donner corps au slogan « Zéro grossesse à l’école ».

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