Rodrigue Gbêkpoe Gotovi, promoteur de l’espace culturel Windekpe à Parakou: «Notre difficulté majeure reste la mobilisation des ressources financières»

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’espace culturel Windekpe à Parakou fait figure de centre de référence dans le septentrion pour la formation et la diffusion artistiques et culturelles. Mais tout comme bien d’autres centres, il est confronté à diverses difficultés. Son promoteur Rodrigue Gbêkpoe Gotovi alias Aladji Zoro en donne plus de détails.

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D’où est partie l’idée de la création de votre espace culturel ?

L’idée de la création de ce centre est partie du constat selon lequel, nous ne disposons pas ici à Parakou d’un espace professionnel aux mains d’acteurs culturels. Ce qui rend difficiles les rencontres d’échanges, les formations, la création de spectacles et la diffusion de ces derniers. Nous avons donc créé ce centre et nous l’avons voulu comme un espace de proximité dynamique. Nous suscitons les projets artistiques et nous en créons également selon le besoin des populations et des acteurs culturels.
Nous menons des activités qui vont de la formation des jeunes acteurs à la création d’évènements en passant par la programmation et aboutissant à la diffusion. Nous faisons une place de choix non seulement aux acteurs culturels mais également aux artisans d’art pour la valorisation de notre patrimoine culturel, textile et vestimentaire. Nous sommes juste très attentifs à nos cibles (acteurs culturels et populations) pour répondre adéquatement à leurs besoins tout en restant très ouverts et accessibles aux promoteurs culturels.

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Quel regard portez-vous sur les activités culturelles dans le septentrion !

Les activités culturelles ont de beaux jours devant elles dans le septentrion mais souffrent de l’amateurisme des acteurs et du contexte socioculturel difficile. Il est très difficile d’être entrepreneur culturel par ici du fait des pesanteurs socioculturelles et de l’absence de mécènes et sponsors. Notre difficulté majeure reste la mobilisation des ressources financières. Nous parvenons à faire accepter l’art et la culture dans cette région du pays par la constance, la persévérance et la crédibilité de notre démarche artistique qui met le patrimoine culturel en amont et en aval de toute production artistique. Mais je dois vous dire aussi que l’espace culturel Windekpe n’a jamais bénéficié d’un seul franc de soutien de la part de l’Etat. Le secteur culturel béninois est dynamique mais souffre du manque de professionnalisme et de structuration. Aussi, reconnaissons que le secteur souffre d’un manque de volonté politique forte pour en faire un véritable levier de développement.

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Votre centre comme bien d’autres a dû souffrir du Covid-19. Comment gérez-vous cette crise ?

Nous avons juste poursuivi les activités de répétition et de création de spectacles dans le respect strict des mesures barrières car après le Covid-19, la vie se poursuivra. Nous organisons aussi des journées scientifiques sur des thématiques culturelle et artistique et nous projetons dans les jours à venir démarrer l’organisation de spectacles rassemblant au plus 50 personnes. Si je devais formuler une doléance, je demanderais à nos autorités municipales d’accorder un peu plus d’attention à l’animation culturelle dans la ville de Parakou.