Robert Wimbo Kassa, maire de Matéri: « Notre autonomisation dépend de la mobilisation des ressources propres »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Robert Wimbo Kassa, maire de Matéri, entend mettre l’accent sur la mobilisation des ressources propres et les secteurs de l’agriculture et de l’artisanat au cours de son mandat.Enseignant de profession, le natif de Gouandé compte aussi œuvrer à la dépolitisation de l’administration communale.

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La Nation : Monsieur le maire, quelles sont vos priorités à la tête de la commune de Matéri?

Robert Wimbo Kassa : L’une de mes priorités, c’est de veiller à coordonner la politique de mobilisation des ressources. Sans moyens, nous ne pourrons rien faire. J’étais conseiller communal au cours de la troisième mandature et j’ai siégé dans la commission des affaires économiques. Nous avions élaboré un plan de mobilisation des ressources. Il est question de le mettre en œuvre, d’identifier les gisements fiscaux en déperdition, les exploiter pour pouvoir améliorer les recettes fiscales de la commune. Car, l’autonomisation de nos communes dépend de leur capacité à mobiliser les ressources propres. Quand vous suivez les audits du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec), ces dernières perdent beaucoup de points qui se chiffrent à des centaines de millions ou à des dizaines de millions, parce qu’elles n’ont pas pu réunir certains critères presque essentiels qui s’imposent pour pouvoir bénéficier d’autres ressources.

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Vers quels secteurs seront orientées les actions du conseil communal sous votre égide ?

Notre population est laborieuse, essentiellement agricole et exigeante du fait de la non visibilité des actions qui devraient les impacter. Donc, nous allons nous pencher sur la résolution des problèmes qui touchent les producteurs agricoles : les cultivateurs, les éleveurs.
L’artisanat sera aussi une cible particulière de nos actions. Quand on parle des artisans, qu’on sente que quand il y a une activité ou un projet, la main-d’œuvre locale est disponible et qualifiée pour faire le travail. Pour ce faire, nous allons réorganiser les artisans et les appuyer pour que tout opérateur économique intervenant dans la zone ait l’envie de les utiliser. Comme cela, on va améliorer le panier de la ménagère, améliorer l’accès aux services sociaux de base et éviter l’exode qui est un problème criant au niveau de Matéri.

L’oisiveté amène de nombreux jeunes à s’adonner à l’alcool frelaté, à la drogue et autres vices dans la commune. Comment comptez-vous faire face à ce fléau ?

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Vous avez touché un problème réel qui gangrène la jeunesse de ma commune. Comment contrer le fait du sous-emploi pour mettre les jeunes à la tâche et les sortir de ce phénomène, c’est notre préoccupation. C’est ce qui nous amènera à agir dans le secteur de l’artisanat. Pour ce faire, il faut donner de la formation aux jeunes. La commune est en chantier. Autant nous avons des écoles, des centres de santé à construire, autant nous avons besoin de la main-d’œuvre pour le faire.
Dès lors, nous comptons échanger avec les partenaires au développement, les unités de production pour former et exploiter une main-d’œuvre de qualité sur place, comme je le disais tantôt. Parce que nous exigerons la qualité et la finesse des travaux. C’est donc vous dire qu’en dehors de l’agriculture et l’artisanat, la jeunesse sera au cœur de nos actions.

Les querelles politiques vicient souvent l’atmosphère au niveau du conseil communal. Que préconisez-vous à ce propos ?

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Nous voulons pendant les six mois à venir dépolitiser l’administration communale et transcender les querelles politiques, concilier les positions pour regarder dans la même direction : celle du développement de notre commune. Les plaies sont béantes au terme des élections et il faut les panser. Sans la cohésion, l’unité, on ne peut rien faire de bon et de durable. Aucun artisan n’est sans connotation politique mais les collectifs d’artisans doivent être apolitiques afin de nous aider à former les plus aptes et les plus qualifiés. Ainsi, on gagnera à faire d’eux des acteurs clés du développement de la commune. Il faut une synergie d’actions et il importe de se départir de nos connotations politiques et de mettre le développement de notre commune au premier plan.