Restauration de la mangrove à Togbin-Adounko: L’ABE reçoit le soutien de l’Association des professeurs des SVT

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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La restauration des berges des lacs et autres lagunes pour éviter leur comblement, tient à cœur à l’Agence béninoise de l’environnement (ABE). C’est dans ce cadre, qu’elle a passé depuis 2014, un contrat avec une ONG d’Ecotourisme. Avec l’appui de l’Association des professeurs des Sciences de la vie et de la terre (SVT), elle a procédé hier, jeudi 10 septembre, à la mise en terre de plants de palétuvier rouge à Togbin-Adounko, dans la commune d’Abomey-Calavi.

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La lutte pour la sauvegarde de l’environnement exige l’implication de tous. Ainsi, regroupés autour de leur président, Pascal Kpodjadan, les membres de l’Association des professeurs des SVT peuvent se réjouir d’avoir contribué aux côtés de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), à l’œuvre de reconstitution de la mangrove dans la localité de Togbin-Adounko à Abomey-Calavi. En dehors de la vingtaine d’enseignants membres de l’association, il y avait aussi les stagiaires de l’agence. Après la traversée du lac pour se retrouver à Togbin, chacun d’eux a, sans désemparés, malgré le chaud soleil, mis en terre un certain nombre de plants de palétuvier rouge.
Situant l’objectif de l’activité, le directeur général de l’ABE, Edmond Sossoukpè, a indiqué que c’est après avoir été contacté par le président l’Association des professeurs des SVT dans les départements de l’Atlantique et du Littoral, qu’elle a lieu. Dans leur demande, ces professeurs souhaitaient avoir un espace et disposer de plants à mettre en terre. Aussi, le directeur général de l’ABE a t-il estimé qu’il était très intéressant pour lui, de les amener dans l’aire de conservation communautaire de la biodiversité marine et côtière de Togbin-Adounko où, 5 000 plants de palétuviers avaient été déjà mis en terre à l’occasion du reboisement de la campagne 2015. « Ceci est nécessaire pour créer des rideaux de protection de la berge de la lagune côtière. Il y a déjà un premier rideau de près de 150 m de la berge et qui est déjà végétalisé. Nous avons continué l’année dernière, en posant un deuxième rideau protecteur d’environ 4 ha mais où les peulhs ont mis le feu, pendant la saison sèche. Ce qui fait que certains plants ont péri et dont nous venons de procéder à l’instant même, au remplacement », a justifié le Dr Edmond Sossoukpè.

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Un exemple à suivre

Il a, au passage, remercié les enseignants des SVT pour leur initiative et le choix qu’ils ont porté sur l’ABE, dans le cadre de l’exécution de la politique de reboisement proposée par le gouvernement à travers le programme «10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres». Le directeur général a ensuite invité d’autres groupes organisés à suivre leur exemple, en se rapprochant de son agence. «Chacun n’a qu’à compter le nombre de membres de sa famille et mettre ici, autant de plants», a recommandé Dr Edmond Sossoukpè. «La mangrove a cette particularité de pouvoir constituer un puits de carbone. Elle est capable de fixer à l’hectare et par an plus de 11 tonnes de dioxyde de carbone qui est un gaz à effet de serre. Ce faisant, la mangrove contribue à ralentir le réchauffement climatique. Elle crée un habitat qui est approprié pour les espèces aussi bien terrestres qu’aquatiques. C’est pourquoi les mangroves font partie des sites Ramsar protégés de part le monde», a-t-il fait remarquer pour justifier le choix de la mangrove. Abondant dans le même sens que le directeur général de l’ABE, le conseiller technique chargé des Ressources naturelles du ministre de l’Environnement, Joël Dansou Avikpo, voit également à travers cette activité de reboisement organisée hier, l’une des contributions majeures parmi tant d’autres du Bénin à la COP 21 prévue à Paris. « Du 1er juin 1985 au 1er juillet 2015, le Bénin a mis en terre 135 millions de plants. C’est insuffisant dans la mesure où aujourd’hui, le Bénin se prépare pour la COP 21», a-t-il déploré. Selon lui, il faut reboiser tous azimuts pour atténuer les effets du changement climatique.
Etant aujourd’hui dans les programmes d’approche par compétence, ils ont l’obligation de former un citoyen de type nouveau capable d’agir sur son environnement dans une perspective de développement durable, a expliqué le président de l’Association des professeurs des SVT de l’Atlantique et du Littoral, Pascal Kpodjadan. « Dans ces conditions, nous pensons que planter des arbres, c’est une manière de coller à la pratique au lieu d’en parler simplement dans les salles de classe», a-t-il indiqué, avant d’inviter ses collègues à une rencontre beaucoup plus pédagogique le mercredi 23 septembre prochain au Lycée technique Coulibaly sur le thème «Responsabilité des enseignants dans la réussite des apprenants».