Renouvellement de la classe politique: La contribution des anciens présidents d’institutions

Par Babylas ATINKPAHOUN (Stag),

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La mise en place d’une nouvelle dynamique plus noble, susceptible de faire des hommes politiques de véritables acteurs de la chose politique, a nécessité un certain sacrifice de la part de gros bonnets de la politique béninoise. Ceux-ci ont accepté de s’éclipser de la scène pour laisser place à la jeune génération. Un acte de dépassement de soi mais aussi de sagesse que le président de la République n’a pas manqué de saluer lors de la cérémonie de présentation de vœux des présidents d’institutions.

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« À tout Seigneur, tout honneur », dit l’adage. Bruno Amoussou, Antoine Idji Kolawolé, Mathurin Coffi Nago et consorts peuvent être fiers d’avoir œuvré au renouvellement de la classe politique au Bénin en favorisant l’émergence de jeunes dynamiques pour assurer la relève. Le Bénin en tire aujourd’hui grand profit avec la restauration des bonnes mœurs politiques. On note que grâce à cet acte de haute portée politique, nombre de jeunes ont pu se positionner sur les listes de candidatures lors des dernières législatives. Aujourd’hui, ils font la fierté des institutions et s’investissent avec conviction dans l’animation de la vie publique. « Nous pouvons observer, en effet, au plan de l’animation de la vie politique qu’il est désormais de moins en moins question de prébende revendiquée au nom d’un terroir quelconque que de choix stratégiques engageant l’intérêt national », a fait remarquer le président de la République, Patrice Talon dans son discours en réponse aux vœux des présidents d’institutions le 9 janvier dernier.
Le Bénin a réussi sa transition politique générationnelle, pourrait-on affirmer sans risque de se tromper. Toutes choses qui enchantent le chef de l’Etat qui n’a pas manqué de reconnaitre les mérites des artisans de ce coup de maître lors de cette cérémonie. « Aussi, est-il de mon devoir de saluer, ici, ceux de nos aînés qui, sentant venir cette heure, ont œuvré, avec sagesse et détachement, à la réussite du passage de témoin », déclare le président Patrice Talon. A travers ces mots, il a voulu rendre un hommage mérité à ces anciens présidents d’Assemblée nationale qui ont accepté de faire ce sacrifice alors qu’ils disposent encore de l’énergie à faire valoir. Cette énergie, ils ne l’exerceront plus directement dans l’arène politique mais la mettront à la disposition de cette jeune génération à travers les conseils et le coaching. Ils n’avaient aucune raison de se résigner en ce sens que sous d’autres cieux, ceux qui ont leur âge continuent d’animer la vie politique. Les exemples sont légion dans plusieurs pays africains et occidentaux. On peut remarquer aisément que le débat institutionnel a gagné désormais en hauteur et en profondeur alors que l’ancienne posture politique s’apparentait à l’entrepreneuriat politique, dépourvue de toute conviction et s’exerçait sur fond de chantage et de transhumance politique. Une évolution majeure et remarquable qui doit faire école surtout dans le cadre des communales et municipales qui pointent à l’horizon.

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Quid des éternels maires?

Dans le cadre des communales et municipales, le processus électoral est, depuis quelque temps, enclenché avec la convocation du corps électoral pour le 17 mai prochain. Depuis lors, c’est le branle-bas au sein des états-majors des partis politiques en règle pour prendre part à la compétition. La guerre des positionnements a commencé. Certains se déploient sur le terrain à la conquête des électeurs. Mais la question qu’il convient de se poser est de savoir si cette même sagesse qui a animé les icônes comme Bruno Amoussou, Antoine Idji Kolawolé, Mathurin Coffi Nago et consorts dans le cadre des législatives sera au rendez-vous à l’occasion de ces élections communales et municipales. Visiblement, cette question a sa raison d’être puisque certains anciens maires, conseillers communaux et municipaux n’envisagent pas de céder leurs fauteuils au nom d’une quelconque transition générationnelle. Plusieurs parmi eux font l’expérience de la décentralisation depuis le début du processus en 2003 mais ne semblent pas prêts à céder la place à d’autres qui aspirent à mettre également leur savoir-faire au service des communautés. De nombreux jeunes ont la capacité de relever les défis au profit de leurs communautés mais ne sont pas souvent promus pour faire leurs preuves. Pour sa part, le chef de l’Etat l’a compris en faisant la promotion de jeunes dynamiques et ne cesse d’exhorter les aînés à rester aussi dans cette dynamique. Vivement que cette transition politique soit également actée pour les élections communales et municipales pour mettre fin au règne de la fameuse formule : «C’est toujours les mêmes ».