Remaniement ministériel: Les femmes définitivement laissées sur le carreau

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le dernier remaniement ministériel était certainement l’occasion rêvée pour beaucoup de femmes d’assouvir enfin leur ambition. Mais erreur ! Le pourcentage des femmes n’aura jamais atteint la barre des 50%, tant promis par le président de la République, Boni Yayi. Plusieurs noms avaient circulé certes, à la veille de ce remaniement, mais c’était sans compter avec la volonté du chef de l’Etat, à qui revenait l’ultime choix d’honorer ou non ses promesses vis-à-vis de la gent féminine. Une énième fois, le calcul des femmes a faussé. Il n’y a plus aucun espoir avant 2016. Elles se trouvent bien loin du compte du gouvernement paritaire et ne l’atteindront probablement plus avec Boni Yayi, étant donné que le président de la République est à son deuxième et dernier mandat, conformément à la Constitution du 11 décembre 1990. A défaut d’effriter leur nombre cette fois-ci, il n’a honoré ses engagements vis-à-vis de la gent féminine qu’à moitié : 25% de femmes nouvellement promues contre une promesse de 50%. La dette reste donc non soldée.

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Sauf qu’il a su reconnaître au moins les mérites d’une seule parmi elles (sur les sept qui faisaient partie de l’équipe précédente), qu’il a pour la 4e fois consécutive soumise volontairement ou involontairement à un nomadisme sans précédent. Naomie Azaria, respectivement ministre en charge des Sports (11 août 2013), du Commerce (Octobre 2013), de la Famille (20 août 2014) prend désormais le portefeuille du ministère de la Micro-finance. En vingt-deux mois, elle aura donc battu le record de quatre différents ministères. Qu’à cela ne tienne !
A la faveur du remaniement ministériel du 20 août 2014, grande était déjà la déception des activistes des droits des femmes qui espéraient une augmentation de leur nombre dans le gouvernement. Avec la formation de la nouvelle équipe ministérielle, la note risque d’être encore très indigeste pour elles. Il n’y a plus de raison de croire en un miracle. Même s’il ne faut pas y voir forcement la preuve d’un quelconque désamour du chef. Les impondérables liés à la formation d’un gouvernement sont connus de lui seul. Mais les femmes doivent davantage oeuvrer pour en finir avec leur sous représentation dans les différentes équipes ministérielles. Ce phénomène n’est pas nouveau au Bénin.
Pour l’instant, elles doivent s’armer de patience pour espérer la concrétisation d’un rêve qui peine à être comblé. Le bout du tunnel n’est peut-être plus loin. Le président Boni Yayi étant à son dernier remaniement, son successeur pourra enfin leur donner l’occasion de décrocher la parité.