Réglementation du secteur de la pêche: « Il faut créer une unité spéciale autonome », propose Herman Gangbazo

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Le secteur de la pêche au Bénin a encore des défis à relever pour une gestion rationnelle, réglementaire et participative des ressources halieutiques. Herman Kasseau Gangbazo, ingénieur du Développement rural et Chef Service Aménagement et Gestion des Pêcheries à la Direction de la production halieutique explique les réformes mises en œuvre et les principales actions à engager.

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La Nation : Comment se porte le secteur de la Pêche au Bénin ?

Herman Kasseau Gangbazo:
Le secteur de la pêche au
Bénin n’est pas reluisant. En témoignent les nombreuses réformes initiées par le chef de l’Etat en la matière. Des réformes qui visent à changer les donnes. Vu l’état de dégradation avancée des plans et cours d’eau, le chef de l’Etat a très tôt mis en place une commission qui a fait un état des lieux du secteur des pêches surtout continentales assorti de plan d’action. L’une des principales recommandations des travaux de cette commission était l’assainissement et la réhabilitation des plans d’eau continentale. Vous avez sûrement suivi les efforts déployés par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep) à travers la Direction de la Production halieutique (Dph) pour mener à bien cette vaste opération d’assainissement. Je profite de votre canal pour remercier tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué au succès de ladite opération. La réhabilitation des différents plans d’eau assainis est déjà planifiée et débutera sous peu.
Par ailleurs, le Maep est également à pied d’œuvre pour doter la Dph d’un centre de surveillance Vms afin de mieux suivre les activités des navires de pêche en mer. Néanmoins, il reste à faire.

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Et que reste-il à faire ?

Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés sont aussi énormes que les défis à relever. On peut citer, entre autres, l’utilisation généralisée des engins prohibés ; le libre accès aux ressources ; la non disponibilité des textes d’application de la loi cadre ; la destruction/dégradation généralisée des écosystèmes aquatiques ; le défaut d’autonomisation de la Direction de la production halieutique pour les opérations de suivi-contrôle-surveillance des pêches… La Direction de la production halieutique du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a, en effet, pour mission de garantir la diversité et la qualité de la production halieutique par la définition et la mise en œuvre de la politique nationale en matière de pêche et d’aquaculture.

Doit-on comprendre que les mécanismes de contrôle pour le respect des normes sont inefficaces ?

La Direction de la production halieutique dispose d’une division dénommée « Police des pêches» qui est chargée de veiller au respect de la réglementation des pêches. Cette division, quand elle a les moyens, effectue des sorties de contrôle sur tous les plans d’eau. Mais il faut reconnaître que ce dispositif comporte assez de faiblesses. Ce sont les Forces de Défense et de Sécurité (Forces Navales et Police Fluviale) qui nous accompagnent dans toutes nos sorties non seulement pour notre sécurité mais aussi pour la répression des indélicats. Force est de constater que les contrevenants à la réglementation sont très souvent informés de nos sorties. D’où la nécessité pour la Dph de disposer elle-même de son unité d’intervention autonome. Nous aurions souhaité que ce soit une force paramilitaire bien formée et armée mais les autorités en ont décidé autrement.

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Selon vous, que faut-il faire pour relever ces défis ?

Nous avons déjà un grand atout à savoir une volonté politique affirmée par le chef de l’Etat et un soutien sans faille du ministre en charge des Pêches. Il ne reste qu’un accompagnement financier conséquent pour relever les défis qui se présentent au secteur. Il faudra également œuvrer pour l’élaboration et la mise en œuvre de plan d’aménagement des pêcheries ; la réorganisation des pêcheries sédentaires ; le contrôle de l’accès aux ressources par l’octroi de permis de pêche, la mise à disposition des textes d’application de la loi cadre des pêches; une meilleure surveillance de nos pêcheries maritimes ; la réhabilitation des pêcheries, l’aménagement des berges et la création des aires protégées (réserves biologiques) ; la création d’une unité spéciale autonome de suivi des plans d’eau avec un personnel bien formé et bien équipé… Je crois qu’il y a de quoi espérer que les choses aillent mieux. La volonté politique du chef de l’Etat est à saluer puisque c’est pour la première fois que je vois une volonté politique aussi affirmée en la matière. C’est un atout considérable.