Réformes dans le secteur éducatif béninois:Le gouvernement offre des conditions alléchantes aux aspirants

Par Alexis Meton,

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Le gouvernement offre désormais aux enseignants aspirants de meilleures conditions de vie et de travail. C’est le ministre des Enseignements secondaire, de la Formation technique et professionnelle, Mahougnon Kakpo, qui l’a annoncé au cours de la conférence de presse tenue, hier mercredi 30 septembre à Cotonou. Occasion pour lui d’expliquer tous les contours de ces dispositions prises par l’Exécutif afin d’assurer aux apprenants une éducation de qualité.

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Comment faire face à la situation de pénurie et de qualité des enseignants aspirants dans le sous-secteur de l’Enseignement secondaire général, technique et de la formation professionnelle ? C’est à cette question qu’a répondu le ministre des Enseignements secondaire et technique et de la Formation professionnelle hier mercredi 30 septembre, lors d’une conférence de presse.
Mahougnon Kakpo rappelle que, depuis plusieurs années, le système éducatif du Bénin est confronté à d’énormes difficultés. Aux problèmes cruciaux d’infrastructures et de programme, s’ajoute le problème essentiel du personnel enseignant. Selon lui, cette question se pose sous deux aspects. Le premier est le déficit en personnel enseignant pour couvrir les salles de classe et le second est relatif à la qualité de ce personnel enseignant. Ainsi depuis 2016, le gouvernement s’est attaqué à cette situation pour apporter une solution efficace et durable. Dans cette perspective, note le ministre, en dehors des recrutements de 2016 et 2017, le gouvernement a entrepris la constitution d’une base de données de compétences pour les jeunes qui aspirent au métier d’enseignants.

Dans ce cadre, trois tests ont été organisés l’année dernière dont les deux premiers ont permis au gouvernement de mettre à la disposition du ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle plus de 14 875 enseignants aspirants. Avec ces derniers, le gouvernement a, par l’intermédiaire de l’Anpe, signé un contrat de 9 mois et qui à cause de la pandémie du coronavirus est allé à dix mois. Il explique que cette mise à disposition d’enseignants aspirants a permis de régler un tant soit peu les difficultés dans certaines disciplines.
Malgré cela, souligne le ministre, il y a toujours des problèmes de déficit dans certaines matières essentielles telles que le français, les mathématiques, les Sciences physiques, chimiques et technologiques. « Cela a conduit le gouvernement, l’année dernière, à demander à certains enseignants qui étaient déployés et qui n’arrivaient pas à trouver la totalité des heures pour avoir un contrat complet, d’intervenir dans des disciplines connexes à leurs disciplines de base afin de ne pas continuer de laisser les salles de classe sans enseignants », précise-t-il.

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Fini la précarité

Mahougnon Kakpo souligne que malgré le troisième test organisé cette année, le gouvernement n’a pas eu la possibilité de satisfaire en enseignants qualifiés tous les besoins exprimés surtout dans les matières essentielles. Pour cette raison, le gouvernement a décidé d’augmenter le quota horaire des enseignants aspirants afin que les classes qui auraient dû rester sans enseignants puissent en bénéficier. « Je vais rappeler que l’arrêté qui régissait les charges et les quotas horaires des enseignants aspirants avaient prévu pour les aspirants adjoints, un quota horaire de 22 heures + 2 heures d’animation pédagogique. Quant à ceux qui sont professeurs certifiés, cet arrêté a prévu une charge horaire de 20 heures de cours hebdomadaire + 2 heures d’animation pédagogique.

Ce qui fait que la plupart des quotas de ces enseignants faisait déjà 24h de cours par semaine. En décidant d’élever la charge horaire hebdomadaire à 30 heures, c’est dire que pour certains, il y a une augmentation de 4 heures et pour d’autres, une augmentation de 6 heures. Cela est un effort supplémentaire mais ce n’est pas sans contrepartie de la part du gouvernement », précise-t-il. Il informe que « L’année dernière, il n’y avait pas une prise en charge sociale des enseignants gérés par l’Anpe. Par contre, cette année et pour plus de 4 milliards de francs Cfa, le gouvernement prend en charge la part sociale de ces enseignants qui seront déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale(Cnss) ». Il ajoute qu’évoluant dans ce secteur, ces enseignants pourront soit bénéficier à terme d’une retraite intégrale ou encore d’une retraite proportionnelle selon le nombre d’années d’exercice dans la profession.
Par ailleurs, cette année, le gouvernement a accordé une prime d’éloignement aux enseignants aspirants pour certains départements. C’est le cas, selon le ministre, de ceux qui seront affectés dans les départements de la Donga, du Borgou et des Collines et qui bénéficieront de 5 % de leur salaire et quant à ceux qui seront affectés dans les départements de l’Alibori et de l’Atacora, ils bénéficieront de 10 % de leur salaire. L’objectif du gouvernement en prenant cette mesure est de sortir les aspirants de la précarité contrairement à ce qui se passait, il y a quelques années avec les vacataires, explique le ministre. Il ajoute qu’avec un contrat ferme de 9 mois, les enseignants sont désormais payés aussi bien les jours fériés que les périodes de devoir.

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Formations complémentaires

« Nous avons des situations ponctuelles auxquelles nous devons faire face », poursuit le ministre. D’après lui, lorsque dans un établissement, il y a une discipline comme Pct, où il n’y pas d’enseignants qualifiés pour prendre les heures et même dans la base de compétences où il n’y a pas réellement les profils requis pour exercer, au lieu d’aller chercher un enseignant professeur certifié dans une discipline connexe pour tenir ces classes, il est procédé donc à l’évaluation des dossiers de ces enseignants qualifiés qui ont un double profil pour prendre ces heures. « Il faut reconnaître que nous avons des enseignants qui ont un double profil et qui peuvent encadrer les apprenants dans plusieurs matières », fait-il savoir.

Le ministre Mahougnon Kakpo rappelle que le gouvernement est actuellement dans un processus de formation pour la question de la bivalence ou même de la polyvalence des enseignants. Il note qu’avant d’y parvenir par des choix appropriés, il est important de faire face à la situation de pénurie et de qualité des enseignants. « C’est pour ne pas laisser les classes vides que nous avons fait l’option de la polyvalence et de la bivalence », insiste le ministre. Il précise qu’une fois encore, les objectifs du gouvernement sont non seulement de sortir les enseignants de la précarité mais aussi de maintenir le système éducatif dans les normes de la qualité et aussi de faire face aux impératifs auxquels le système est confronté actuellement afin que les apprenants puissent disposer d’enseignants de qualité.