Qualité de l’eau à Parakou: Les consommateurs inquiets, la Soneb rassure

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Les équipements du projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable de Parakou et environs ont été mis en service, samedi 1er février dernier. Mais la polémique autour de la qualité de l’eau servie au niveau des robinets dans la ville ne cesse d’enfler au jour le jour. En attendant, la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) appelle les consommateurs à la patience.

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Les populations de Parakou n’ont plus aujourd’hui de problème de pénurie d’eau. Elles en disposent en quantité pour leurs différents besoins. Seulement, pour leur santé, elles hésitent de plus en plus à consommer l’eau du robinet.
« Je n’ai rien à reprocher à sa couleur. Mais par rapport à son goût et à son odeur, j’ai l’impression que nous courons des risques en la consommant», fait observer dame Zakiatou Osséni, tenancière d’un maquis à Albarika. « Ce qu’on nous sert actuellement, c’est à croire qu’il s’agit d’un vieux stock qu’on a mis à notre disposition », renchérit
Abdoulaye Andémi, un de ses clients assis devant un plat d’igname pilée accompagné de la sauce à la viande de biche.
En effet, depuis quelques jours, les consommateurs ne cessent de se plaindre de la qualité de l’eau servie par la Soneb à
Parakou. Elle a, selon eux, un goût et une odeur inhabituels. Qu’ils résident dans les quartiers Zongo, Tranza, Ga, Kpébié, Titirou ou Okédama, tous sont unanimes là-dessus et s’inquiètent pour leur santé. Mais, le directeur départemental de la Soneb dans le Borgou et l’Alibori, Cha Abilou Maman, se veut rassurant.
« L’odeur constatée n’affecte en aucune manière la qualité de l’eau qui ne contient pas de germes pathogènes devant nuire à la santé des populations », insiste le directeur. « Le produit que nous utilisons pour rendre l’eau propre à la consommation permet de neutraliser tout ce qui existe comme germes », poursuit-il. «Parallèlement, nous effectuons encore d’autres analyses au niveau de nos laboratoires et nous avons la confirmation que cette eau ne contient pas de germes pathogènes », fait également observer Cha Abilou Maman. En ce qui concerne l’odeur dont les consommateurs se plaignent, il confie que le phénomène déploré dans la ville n’est pas général. «Nous avons contacté des clients dans certaines zones qui ont avoué n’avoir rien constaté au niveau de l’eau », informe-t-il. Tout en promettant que les services de la Soneb continueront à travailler pour améliorer davantage la qualité de l’eau servie aux robinets, il rassure qu’elle est bel et bien potable.
La situation a même obligé le chef département qualité des eaux et métrologie à la direction générale de la Soneb, Calixte Akotègnon, à effectuer le déplacement à Parakou. « Il n’y a pas de germes qui puissent nuire à la santé dans cette eau. N’importe qui peut, de sa chambre, procéder à son analyse pour vérifier », a-t-il fait remarquer.
Certes, l’eau de la Soneb à Parakou peut avoir actuellement une odeur. Mais, ce n’est pas pour autant que sa qualité peut être remise en cause. «L’odeur qui est apparue, par rapport à la valeur intrinsèque de l’eau, n’a pas un effet nuisible. Elle gêne les sens, mais ne nuit pas à la santé », admet Calixte Akotègnon. C’est parce que la Soneb a l’obligation de fournir une eau qui ne doit pas avoir cet arrière-goût constaté, qu’il a d’ailleurs été dépêché à Parakou.
En réalité, le gouvernement accorde une grande priorité à l’alimentation en eau potable des populations béninoises dont celles de Parakou. Aussi, a-t-il investi pour que la capacité de production de l’usine d’eau de Parakou soit décuplée. Ainsi, la consommation actuelle de la ville est très faible par rapport à cette nouvelle capacité de production. « L’eau potable n’étant pas faite pour être stockée trop longtemps, on peut s’attendre à des odeurs inhabituelles », a ensuite expliqué Calixte Akotègnon.

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