Promotion du patrimoine culturel béninois: Le Bénin se révèle au Festival des Continents

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La délégation béninoise a fait forte sensation à Cherbourg

Le Bénin a pris une part active à l’édition 2018 du Festival des continents du 5 au 8 juillet dernier. La délégation béninoise a notamment présenté le genre oral Guèlèdè et les photographies de la série « Quand les mères se lèvent » qui ont attiré particulièrement l’attention des festivaliers.

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La première édition du Festival des continents organisée du 5 au 8 juillet à Cherbourg avait comme grand invité l’Afrique. Un rendez-vous culturel de haut niveau et de valorisation du patrimoine que le Bénin a choisi de ne pas se faire conter. Pour cette édition, il a présenté le genre oral Guèlèdé qui place la femme au centre de ce culte inscrit depuis 2001 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.
Le Bénin a aussi exposé les photographies de la série «Quand les mères se lèvent» de la photographe Laeila
Adjovi. C’est un travail de recherche sur le Guèlèdè qui a permis à Laeila d’être la lauréate du grand prix de la Biennale d’art de Dakar 2018. « C’est une fierté pour nous de montrer au monde entier son travail», exulte le chef de la délégation béninoise à ce festival, Carole Borna, directrice du Patrimoine culturel. De retour de cette expédition, elle confie, en effet, que « Le stand béninois a drainé beaucoup de visiteurs », tous très curieux de le découvrir et surtout de s’y rendre prochainement. Il y avait à découvrir sur ce stand, des œuvres d’Anthelme Kokossou, un jeune sculpteur originaire d’une grande famille de sculpteurs dans la région de Covè.
Quelques œuvres de son père ont été également exposées. «C’était important de montrer la transmission du savoir-faire en présentant des masques anciens et des masques contemporains. La transmission est une chose essentielle ; sans elle, il n’y a pas de patrimoine vivant », explique Carole Borna. Elle poursuit : « Les masques Guèlèdè ont évolué dans le temps. Aujourd’hui, les jeunes artistes font preuve de beaucoup d’imagination et de créativité. Les scènes sculptées sur les masques varient selon le message qui est véhiculé. En plus des animaux habituels, on trouve des représentations d’objets modernes qui font partie de la vie quotidienne comme des voitures, des motos ou même des téléphones portables ». Autre élément marquant de la participation béninoise, les présentations faites par le plasticien et co-fondateur de l’association Ilé Ya Africa Culture, Erick Ahouansou, sur le thème du culte Guèlèdè.
Cette première participation doit son effectivité à la vision du ministre en charge de la Culture, Oswald Homéky, pour qui, aucune occasion ne doit être laissée de côté, tant qu’elle concerne la valorisation du patrimoine béninois que le gouvernement veut faire découvrir au monde à travers des évènements qui ont un retentissement international comme ce festival. « Le ministre a mis tout en œuvre pour que le Bénin soit présent à ce rendez-vous auquel vingt-cinq pays africains ont pris part », témoigne la directrice du Patrimoine culturel. « Le projet du promoteur Boubekeur Khelfaoui qui a déjà organisé plusieurs manifestations en Afrique a été soutenu aussi par la délégation béninoise auprès de l’Unesco. L’ambassadeur Irénée Zèvounou était à la tête de la délégation béninoise à Querqueville », ajoute-t-elle. Cette première édition du Festival des continents a été une belle réussite. Le pari était osé mais loin d’être gagné, pensent pour leur part les organisateurs. Une grande partie du patrimoine africain y a été exposée pendant quatre jours. Des spécialités artisanales et culinaires de certains pays tels que le Bénin, le
Ghana, l’Algérie, le Cap Vert, le Sénégal, les Comores, le Burkina Faso, le Gabon ou encore le Mali ont été ainsi célébrées.

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Convergence des communautés et des peuples

« Le Festival des continents est la preuve que la diversité culturelle est une réalité qui rassemble les peuples. Chaque culture, chaque territoire possède un patrimoine riche et immensément diversifié et doit le montrer. On constate aussi que beaucoup de pays partagent certains éléments de leur patrimoine et c’est une chance. Par exemple, avec le Togo, le Bénin partage le paysage culturel Koutammakou et avec le Nigeria, nous avons en commun la culture yoruba et de nombreux rites, notamment le vodoun qui a voyagé avec la traite négrière et que l’on retrouve aux Amériques et dans les Caraïbes. Il y a des lieux de convergences qui renforcent les liens des communautés et des peuples», fait observer Carole Borna, au terme de la participation de la délégation béninoise à ce festival. Selon la directrice du Patrimoine culturel, le Bénin s’inscrira davantage dans cette dynamique pour concrétiser ses vœux de valorisation du patrimoine.
Acquis en 2017 par Boubekeur Khelfaoui, le fort de Querqueville est une ancienne fortification maritime de la Manche, dont la construction décidée par Louis XVI date de 1786. Pour cette édition, l’Afrique était à l’honneur dans ce lieu historique. Le sens est d’autant plus fort que le site anciennement dédié à la défense se veut désormais un lieu de paix et de croisement des cultures. Expositions, conférences et concerts étaient au menu de cette première édition placée sous le haut patronage de l’Unesco.