Promotion des langues locales au Bénin: L’alphabet Gbékoun, la clé de tous les dialectes

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Présidium au cours de la conférence de presse;

Outil permettant d’écrire dans toutes les langues locales, l’alphabet Gbékoun se répand et a déjà été vulgarisé dans 45 communes au Bénin grâce au groupe Gbékoun et à l’Agence Top media Bénin. L’objectif, c’est de disséminer cette richesse afin d’induire une totale autonomie linguistique. Le bilan de cette initiative a été présenté par les protagonistes, hier mercredi 28 avril, lors d’une conférence de presse à Cotonou.

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Le Gbékoun se présente comme un alphabet de 33 lettres permettant d’écrire dans toutes les langues locales de sorte à se faire comprendre par tous les initiés. Pour les promoteurs de cet alphabet, le développement intégral du Bénin ne saurait se faire sans la valorisation des langues locales. Et au regard de la multiplicité des dialectes et des conflits ethno-linguistiques, chaque ethnie voulant lire, écrire et se faire entendre dans sa langue locale, le Gbékoun apparait comme la solution, la clé qui permet d’ouvrir l’esprit à la compréhension de toutes les langues locales. C’est un ensemble de codes et signes développés par Togbédji Adigbè, originaire de Dangbo dont l’œuvre sera poursuivie par Houèssè Ayigbèdékin Vidéhouénou, originaire d’Abomey. Sur la trace de ces deux précurseurs, le groupe Gbékoun et l’Agence Top media Bénin ont entrepris de vulgariser cet alphabet transversal dans toutes les localités du Bénin.
Faisant le point de la tournée nationale engagée à cet effet, Zénaïde Attindogbé, membre de l’équipe de l’Agence Top média Bénin, fait savoir que la première phase de cette tournée a permis de parcourir 18 communes dans les départements du Couffo, du Zou et du Plateau, du 2 novembre au 18 décembre 2020. Lancée le 22 février dernier et bouclée le 26 mars, la deuxième phase de vulgarisation a permis de présenter l’alphabet Gbékoun dans les 27 communes du Septentrion notamment dans les départements de l’Alibori, de l’Atacora, du Borgou et de la Donga.

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Cette tournée a permis de mesurer l’engouement croissant des populations pour l’alphabet Gbékoun, preuve que les Béninois à la base prennent progressivement conscience du fait que l’indépendance passe aussi par la langue. Il ressort également de cette tournée qu’il est possible pour les populations de diverses localités de se faire comprendre sans l’usage des langues étrangères. D’ailleurs, l’Agence a pu noter que d’une langue locale à une autre, il existe des convergences.

Briser les chaînes !

« C’est un anathème pour un peuple d’adopter une langue étrangère comme langue officielle, langue de travail ou langue d’instruction. C’est de l’imprécation pour un peuple de chanter son hymne national qui est sa gloire, dans une langue étrangère… Un peuple qui aspire à sa souveraineté et à son indépendance doit tout faire dans ses propres langues », a martelé Sèdolo Nounagnon, membre du groupe Gbékoun.

Pour le Groupe Gbékoun et l’Agence de presse et de production Top media Bénin, l’ignorance des langues locales est indubitablement l’une des causes du sous-développement des pays africains en dépit des efforts faits depuis les indépendances. Il serait donc indispensable d’accorder une place de choix aux langues locales au Bénin pour l’épanouissement de chaque citoyen et pour le développement de toute la nation.

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Pour ce faire, le système éducatif béninois doit, selon les promoteurs du Gbékoun, reposer sur les langues locales pour que l’enfant d’aujourd’hui, père de l’homme de demain, puisse être moulé dans sa langue locale afin de la transmettre. « Plusieurs chaînes nous retiennent et nous empêchent d’aller au développement…

L’alphabet Gbékoun est l’outil qui nous permet de couper ces chaînes et de redonner à l’Homme noir sa dignité. L’alphabet Gbékoun nous permet de nous instruire dans nos langues maternelles, car toutes les langues sont égales et peuvent toutes véhiculer le savoir », soutient Sèdolo Nounagnon. C’est fort de cela que le groupe Gbékoun et l’Agence Top media Bénin ont lancé un appel aux autorités politiques afin qu’elles agissent dans le sens de l’alphabétisation dans les langues locales au plus haut niveau par la vulgarisation du Gbékoun.