Projet de loi de finances 2021: Des prévisions axées sur les investissements et le social

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Equilibré en ressources et en dépenses à 2452,192 milliards F Cfa, le projet de loi de finances 2021 est élaboré dans la continuité des quatre précédents budgets de l’Etat. Il est orienté vers les investissements publics et le social dans un contexte de Covid-19.

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La prospérité des activités économiques des commerçants et entreprises et l’amélioration des conditions de vie des citoyens constituent la trame de la politique budgétaire pour 2021. C’est du moins l’ambition affichée par le gouvernement à travers le projet de loi de finances (Plf) dont la quintessence a été dévoilée, lundi 9 novembre dernier à la Commission budgétaire du Parlement.
Pour l’année prochaine, les ressources et les charges s’équilibrent provisoirement à 2452,192 milliards de F Cfa contre 2167,099 milliards de F Cfa prévus dans la loi de finances rectificative pour la gestion 2020, soit une augmentation de 285,093 milliards de F Cfa. Cette hausse prévisionnelle des charges, indique la Direction générale du Budget (Dgb) dans la « Version citoyenne » du Plf, se justifie non seulement par la constitution de provisions au budget pour l’organisation de l’élection présidentielle de l’année prochaine, mais aussi par plusieurs autres facteurs, notamment la finalisation du Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) et la Covid-19.
Les infrastructures, l’économie numérique, l’agriculture, l’éducation, la santé, la protection sociale, l’insertion professionnelle restent les secteurs prioritaires. Le gouvernement entend renforcer les moyens pour la poursuite des chantiers ouverts, le soutien aux ménages et entreprises face aux effets de la pandémie du coronavirus et la prévention contre d’éventuels risques de catastrophes.
Pour l’année 2021, le total des dépenses prévues s’élève à 1780,229 milliards de F Cfa contre 1698,488 milliards de F Cfa dans la loi de finances rectificative 2020.

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Boucler le Pag

Les dépenses d’investissements publics tiennent une grande place dans le projet de budget de l’Etat 2021 avec un total de 596,842 milliards de F Cfa contre 556,765 milliards de F Cfa dans la loi de finances rectificative 2020, indique la Dgb. Cet accroissement des dépenses à hauteur de 35,878 milliards F Cfa permettra de poursuivre la construction/réhabilitation des routes, des hôpitaux, des salles de classe, la réalisation des adductions d’eau villageoises, la fourniture d’électricité à plusieurs villages encore dans le noir ; le développement de l’agriculture, la mise en place des infrastructures de technologies de l’information et de la communication (Tic).
Les charges de personnel comprenant les salaires et accessoires payés aux fonctionnaires et agents de l’Etat, devront atteindre 410,777 milliards de F Cfa contre 393,800 milliards de F Cfa pour la loi de finances rectificative en 2020.
Les dépenses d’acquisitions de biens et services sont prévues pour un montant de 168,450 milliards de F Cfa.
Quant aux dépenses de transferts et de subventions, elles atteindront 268,400 milliards de F Cfa, soit une hausse de 3,256 milliards de F Cfa par rapport à leur niveau révisé pour l’année 2020. Elles permettront à l’Etat de payer les bourses aux étudiants et les allocations aux enseignants, de prendre en charge les mesures sociales telles que les frais de scolarité, les frais de la gratuité de la césarienne, la prise en charge des indigents sur les fonds d’urgence, l’assistance aux hémodialysés, le renforcement des cantines scolaires à travers le Programme national d’alimentation scolaire intégrée, la mise en place de subventions au profit des hôpitaux nouvellement mis en service, etc.
L’Etat a prévu de rembourser une partie de sa dette aux partenaires au développement et aux opérateurs économiques pour un montant de 671,963 milliards de F Cfa dans le projet de budget. Le remboursement de la dette publique est prévu pour 220,800 milliards de F Cfa.
Les dépenses du Fonds national des retraites du Bénin (Fnrb) y sont prévues pour 97 milliards de F Cfa contre 89 milliards de F Cfa en 2020.
De la capacité de mobilisation des ressources financières dépendra l’effectivité des dépenses pour le fonctionnement de l’appareil administratif de l’Etat, les services publics, la production de la richesse nationale par les entreprises et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

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Recettes

Pour 2021, le gouvernement entend mobiliser 1349,914 milliards de F Cfa contre1 246,686 milliards de F Cfa en 2020, à travers les recettes fiscales à hauteur de 1028,414 F Cfa, les recettes non fiscales: 201 milliards F Cfa et les appuis budgétaires de certains pays: 120,500 milliards F Cfa. Cette augmentation chiffrée à quelque 103,228 milliards de F Cfa par rapport à 2020 tient de la dynamique impulsée depuis quatre ans en termes de collecte des impôts, taxes et droits. Les services des impôts, des douanes et du Trésor Public seront mis à contribution dans l’espérance d’une reprise totale des activités commerciales, après le ralentissement imposé par la Covid-19.
Les prévisions annuelles affichent, entre autres, pour l’année prochaine 184,500 F Cfa pour impôts et taxes intérieurs sur les biens et services, 201,653 F Cfa pour les droits et taxes à l’importation, 1,170 milliards F Cfa pour les droits et taxes à l’exportation.
Les impôts sur les revenus, les bénéfices et gains en capital sont estimés à 203,771 milliards F Cfa, soit une hausse de 23,1 % par rapport à 2020 où les prévisions étaient de 165,591 milliards F Cfa. Par contre, le montant des impôts sur les salaires versés et autres rémunérations connaîtra une baisse de 6 % en s’établissant à 87,900 milliards F Cfa en 2021 contre 93,500 milliards F Cfa en 2020.
La somme des impôts sur le patrimoine va doubler pour atteindre 9 milliards F Cfa l’année prochaine. Les prévisions en ce qui concerne les impôts et taxes intérieurs sur les biens et services sont évaluées à 294,130 milliards F Cfa, soit une diminution de 9 % par rapport à 2020.
Les recettes cotisations sociales seront à la hausse de 4,1 % : 54,400 milliards F Cfa en 2021 contre 52,268 milliards F Cfa prévus en 2020.
A noter que le reste du budget sera mobilisé à travers des emprunts annoncés à hauteur de 1102,278 milliards de F Cfa auprès des banques locales et des partenaires extérieurs en 2021, selon la direction générale du Budget.