Problématique de l’entrepreneuriat en Afrique de l’Ouest: Les trois défis des créateurs des PME/PMI

Par Bruno SEWADE,

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Même si dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), il existe des mécanismes pour faciliter la création des Petites et moyennes entreprises/Petites et moyennes industries (PME/PMI) avec un formalisme allégé, les promoteurs d’entreprises ont trois défis à relever. Mais avant d’y arriver, il va falloir trouver une solution à la question du secteur informel qui occupe une place importante dans les économies des pays de l’Union.

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Au Bénin, 98% des entreprises sont dans l’informel qui représente 60 à 70% du Produit intérieur brut (PIB). Tandis que 90% de la population travaillent dans l’informel et plus de 50% des entreprises ont un capital inférieur à deux millions de francs CFA. Ce sont là quelques unes des caractéristiques de l’économie nationale présentées par le directeur général de la Bonne gouvernance Abdoulaye Gounou mardi 5 mai dernier lors de la cérémonie de la mise en place du statut de l’entreprenant au Bénin. L’objectif en faisant cet état des lieux est la migration de l’informel vers le formel. Car, une économie dans laquelle l’informel occupe une place importante comme c’est le cas au Bénin n’est pas une économie viable. Et c’est pour cette raison que le Bénin comme d’autres pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) s’est engagé dans la transformation structurelle de son économie. Mais à y voir de près on se demande si cet objectif pourra être atteint si l’on analyse les conditions d’existence des Petites et moyennes entreprises/ Petites et moyennes industries (PME/PMI) dans l’espace UEMOA en général et au Bénin en particulier.

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En effet, selon J.E. Bolton, pour définir une entreprise, il faut réunir trois critères. L’entreprise est dirigée par ses propriétaires d’une manière personnalisée; la part de marché est relativement restreinte; puis l‘indépendance de la société est réelle.

Définition d’une PME/PMI

Partant de cette définition, une Petite et moyenne entreprise (PME) au Bénin, est une entreprise structurée (registre de commerce, Identifiant fiscale unique, déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale, etc.); tenant une comptabilité; dotée d’un capital d’au moins Un (1) million de francs CFA et utilisant un effectif d’au moins trois personnes.
Si dans les pays de l’UEMOA, il existe des mécanismes pour faciliter la création des PME/PMI avec un formalisme allégé; une fiscalité incitative ; un accompagnement technique et un accompagnement financier ; les secteurs d’activités des PME/PMI sont diversifiés. Au Bénin par exemple, on note une prédominance des activités du commerce général et des services. En Côte d’Ivoire, l’agro-industrie reste largement prédominante de même que l’agriculture. Tandis qu’au Ghana et au Nigeria, le tissu industriel est plus densifié.
Selon des études faites en Afrique de l’Ouest, il existe en général deux catégories d’entrepreneurs des PME/PMI. Des entreprises dont l’actionnariat est familial et tenu par des nationaux ; puis des intérêts étrangers composés des Européens, Libano-syriens, Indo-pakistanais. Dans l’espace UEMOA, ces entrepreneurs sont répartis en général dans quatre profils de promoteurs des PME/PMI. Il y a les ethnies à tradition commerciale (Mauritaniens, Haoussas, Dioulas, Yorubas, etc.) ; les anciens fonctionnaires ou salariés d’entreprises publiques ; les créateurs de micro-projets issus du secteur informel ; puis les entrepreneurs professionnels diplômés.

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Les trois défis

Ces entrepreneurs ont trois défis à relever. D’abord, l’efficience des mesures macro-économiques à savoir la bonne gouvernance ; l’accompagnement des investisseurs locaux; les cadres institutionnels adéquats; la synergie entre l’Etat et les entreprises et l’amélioration des échanges interrégionaux. Le deuxième défi, c’est l’amélioration des facteurs structurels. Dans ce registre, il y a la promotion d’un marché local avec une réelle intégration régionale; la réduction des lourdeurs administratives; la réduction de la concurrence de l’économie informelle; l’efficacité des Télécommunications, énergie et transports; puis la crédibilité de l’appareil judiciaire.
Le troisième et dernier défi se rapporte à l’accès des PME au financement. Ici, il va falloir procéder à l’amélioration du climat des affaires ; au renforcement des capacités des PME ; au développement du secteur financier y compris les Institutions de micro-finance (IMF) et à la diversification des sources de financement.
En matière de financement, les PME/PMI ont des contraintes en Afrique de l’Ouest. Et au nombre de ces contraintes, il y a la faible qualité des dossiers présentés au financement; le manque ou l’insuffisance d’autofinancement ; l’insuffisance de fonds propres ; la non fiabilité de la documentation financière ; la faible capacité managériale des dirigeants. C’est pourquoi, il est recommandé aux promoteurs d’entreprises des secteurs rentables. Parmi ces secteurs, il y a le commerce général, l’agro-industrie ; les prestations de services ; l’artisanat, hôtellerie et tourisme ; les filières agricoles porteuses avec la maîtrise de l’eau ; l’éducation et la santé.
Avec l’état des lieux des différentes économies des pays de l’Afrique de l’Ouest, beaucoup d’espoir est mis dans les PME/PMI qui occupent une place importante dans lesdites économies.