Prison de Ségbana: Le rêve inavoué de la commune d’en tirer une plus-value

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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La seule évocation du nom de la prison de Ségbana, avant l’avènement de la démocratie au Bénin, suscitait la peur et l’émoi dans les rangs des populations. Aujourd’hui, la commune entend en tirer profit pour son développement, plutôt que de la voir continuer à ternir son histoire. Tel est le rêve inavoué que caresse son maire, Bio Tian Orou Zimé.

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De triste mémoire restera la prison de Ségbana. Pour avoir abrité ces bâtiments sur son territoire, la commune en a payé un lourd tribut pendant des années. Assimilée à l’enfer sur terre, jusqu’à une époque encore récente, elle ne veut plus avoir à la traîner tel un boulet accroché à son pied. Mais plutôt comme un des leviers pour son développement. Cette ambition, le maire Bio Tian Orou Zimé ne cesse de l’afficher. Malheureusement, il y a certaines contingences qui ralentissent ses ardeurs.
« Le problème que nous avons aujourd’hui avec cette prison qui, quand bien même a désormais été fermée, parait un peu plus délicat », indique le maire. « Elle a terni la réputation de notre commune. Parlant de la vie politique de notre pays, elle a été un lieu plein d’histoire », explique-t-il. «Presque tous ceux qui sont de passage à Sègbana veulent bien la visiter. C’est à croire qu’elle n’est plus aujourd’hui ce triste et maudit lieu. Alors, pourquoi ne pas la transformer désormais en site touristique ? », poursuit Bio Tian Orou Zimé.
« Dans l’optique qu’elle apporte une plus-value à la commune, est-ce qu’on ne peut pas la transformer ? Ce sera bénéfique pour Ségbana », insiste-t-il. Selon lui, ce ne serait qu’un juste retour à l’ordre normal. Seulement, là où cela devient complexe, fait-il observer, c’est qu’il s’agit d’un domaine de la prison civile, donc du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. « Il n’appartient pas à la mairie », déplore Bio Tian Orou Zimé.
« Par ailleurs, j’ai reçu la visite de Me Aboubacar Baparapé, un des anciens détenus de cette fameuse prison. Il m’a demandé si on ne pourrait pas valoriser l’endroit afin qu’il ne rentre pas dans les oubliettes », confie-t-il. « Ce à quoi, je lui ai répondu que je ne sais pas. Eux qui y ont
séjourné et souffert dans leur chair, ils peuvent bien s’organiser et proposer qu’elle soit transformée en site touristique », lui avait-il suggéré. Selon le maire, c’est une réflexion qui vient d’être lancée et qui va se poursuivre.
« Est-ce qu’il est possible que l’on cède une prison, fût-elle abandonnée, à une mairie ? », ne s’est-il pas empêché de s’interroger. « A moins qu’il ne s’agisse d’une décision du pouvoir central», s’empressera-t-il d’ajouter.
Avec les membres de son Conseil communal, le maire entend faire un plaidoyer dans ce sens.« Nous attendons l’aide de tout le monde afin que cette prison devienne rapidement un patrimoine de notre commune. A Ségbana, c’est le seul lieu que tout le monde tient aujourd’hui à visiter », fait remarquer le maire. En somme, une opportunité pour la commune qui, pour son développement, a également besoin de ressources propres.

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