Pose de fétiches au Ceg Doutou: Trois élèves présumés auteurs interpellés

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Trois individus présumés auteurs de la pose de fétiches découverts la semaine dernière au Ceg Doutou, dans la commune de Houéyogbé, sont appréhendés par la Police républicaine. C’était dans la nuit du dimanche au lundi dernier. Leur arrestation permettra de remonter aux instigateurs de ce nouveau mode de protestation en expansion dans des écoles du Mono.

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Alors que les fétiches déposés, le lundi 12 mars dernier, à l’entrée et dans l’enceinte du Ceg 1 Lobogo n’avaient pas fini de défrayer la chronique, d’autres ont été retrouvés au sein du Ceg Doutou. Pour ce dernier cas, la Police républicaine est sur la piste des présumés auteurs. « Malheureusement pour les initiateurs, on a mis la main sur trois éléments », précise Rodolphe Godovo, directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle du Mono. Mais, s’il reconnaît que le cas de Lobogo, dans la commune de Bopa est l’expression d’un désaccord par rapport à la nomination de nouveau directeur, il ne partage pas la rumeur relative à une probable contestation de l’arrivée d’un nouveau censeur au Ceg
Doutou. « A ma connaissance, je ne crois pas que la pose des fétiches au Ceg Doutou soit liée à la nomination d’un censeur, à moins qu’on m’en apporte la preuve, puisque qu’il y a trois élèves qui sont, actuellement, en train de répondre aux questions de la Police républicaine », insiste-t-il.
Pour lui, le déplacement des fétiches de leur cadre naturel vers des établissements scolaires est un phénomène qui resurgit à la faveur des grèves en cours. Il retient que « la pose des objets sacrés, la ceinture des établissements avec des rameaux ou des branches de palme pour protester, de plus en plus en vogue, depuis que les mouvements de grève ont commencé, n’est pas un épiphénomène et n’est pas spécifique à des réactions contre l’autorité par rapport aux nominations ». C’est une pratique qui a resurgi avec les grèves », souligne-t-il. L’inspecteur de l’enseignement, Rodolphe Godovo, précise qu’avant les nominations qui datent d’il y a deux semaines, on a déjà vécu ce phénomène dans près de dix-neuf établissements scolaires du Mono. Il y en avait davantage à la veille des deuxièmes devoirs reportés, rappelle-t-il. C’est un peu dans ce contexte qu’il faut situer la pose des vodouns. C’est une tentative d’influence, déduit-il, que des mains invisibles utilisent pour influencer les acteurs du système éducatif, peut-être dans le but de les décourager d’aller dans un sens ou dans un autre. « Mais, c’est très malheureux ! », s’exclamera-t-il tout en saluant l’implication des parents d’élèves qui, selon lui, ont pris la mesure de la situation. Il fera particulièrement cas de la volonté du président des adeptes des religions endogènes, Sa Majesté Agassa
Guèdèhounguè, qui se serait engagé pour contenir le phénomène de pose des vodouns dans des établissements scolaires. « J’en appelle à chacun pour jouer sa partition. Surtout les gardiens de ces cultes endogènes doivent beaucoup nous y aider », réitère le directeur département en charge du sous-secteur de l’enseignement secondaire. « Nous devons tous faire très attention pour que nos valeurs les plus sacrées, sous aucun prétexte, ne soient désacralisées que ce soit en période de grève ou en temps normal. Car, qu’on soit d’accord ou non, c’est de notre identité qu’il s’agit », indique-t-il. « On peut faire des grèves, faire des protestations en respect avec les textes de loi sans recourir aux vodouns », conseille-t-il avant de prévenir qu’au regard de la situation, la Police républicaine a renforcé les mesures sécuritaires autour des établissements scolaires du département.

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