Plan stratégique « Djoliba » de la Boad: Les trois axes d’action pour 2021-2025

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Sous l’égide de son nouveau président Serge Ekué, la Banque ouest-africaine de développement (Boad) entend être « la banque de référence pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’Ouest ». Tel est l’esprit de « Djoliba », le nouveau plan stratégique de la Banque qui couvre la période 2021-2025.
« Cette vision, qui sera le lit de nos actions, est une responsabilité car les besoins de la sous-région sont aussi immenses que cruciaux », indique Serge Ekué. Entre autres défis auxquels est confrontée la sous-région, souligne-t-il, il y a la pauvreté endémique, les inégalités économico-sociales de revenus, d’accès à l’éducation ou à la santé, le changement climatique, l’insécurité alimentaire, les crises sécuritaires en particulier dans le Sahel, le déficit d’infrastructures tant de transport que d’électrification ainsi que le manque de logements sociaux.
L’objectif du Plan est « la recherche de résultats de développement en termes de création d’emplois, d’infrastructures de transport pour faciliter le déplacement des populations et de biens, de facilitation de l’accès à la nourriture via la production agricole et d’augmentation des capacités de production énergétique ». Pour y parvenir, trois axes opérationnels sont définis.
Le premier est relatif au renforcement de l’intégration régionale qui est la base de la création de cette institution financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). La Boad compte mettre l’accent sur les investissements et les projets qui facilitent l’intégration régionale et le mouvement des biens, des personnes et des données à l’intérieur de l’Union. Il est question de créer un marché de taille suffisante pour attirer les investisseurs, en collaboration avec la Commission de l’Uemoa, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), le Conseil régional de l’épargne et des marchés financiers (Crepmf). Dans le contexte actuel de lutte contre la pandémie de Covid-19, une attention particulière sera accordée à des programmes sanitaires, à l’accès à Internet et à la digitalisation dans l’Union.
Le deuxième axe d’intervention, c’est la création de valeur et d’emplois productifs en appui aux Etats et au secteur privé. Pour ce faire, la Boad compte appuyer la création d’un climat d’affaires favorable par la mise en place d’infrastructures dans les secteurs de l’énergie, du transport, de l’aménagement urbain, de l’eau, de la communication et de l’immobilier. L’industrie et l’agriculture durable ne seront pas du reste. L’inclusion financière et la protection sociale des populations constituent également des défis à relever dans les Etats membres de l’Union.

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Besoins de financement

Le troisième axe de la stratégie se rapporte au renforcement de la résilience au changement climatique. Il sera question de répondre aux besoins de financement colossaux en matière d’adaptation et d’atténuation des effets néfastes du réchauffement climatique. La Boad rehaussera son ambition dans la mobilisation de la finance climat, notamment auprès des Fonds Climat au profit des Etats, la promotion de l’investissement privé en faveur du climat et de l’efficacité énergétique, l’agriculture climato-intelligente, les villes vertes, les infrastructures résilientes au climat, etc.
Outre ces trois axes, le plan comporte deux axes transversaux. Il est envisagé une augmentation significative des fonds propres, si possible avec l’entrée de nouveaux actionnaires, afin d’influer positivement sur la notation « investment grade » de la Banque. Car, si l’agence Fitch Ratings a confirmé la notation au grade d’investissement BBB en mai 2020, elle a cependant révisé la perspective de la Banque de «stable » à « négative ».
Le renforcement des compétences du personnel de la Banque et l’acquisition de nouvelles spécialisations dans la finance/ingénierie financière, les secteurs sociaux et la digitalisation et systèmes figurent en bonne place dans sa stratégie.
Le plan sera mis en œuvre dans un environnement économique incertain, caractérisé par une dégradation de la solvabilité de la Banque, de l’adéquation du capital et du profil de risque et de la gouvernance de l’institution, en raison notamment d’un impact plus important que prévu de la crise sanitaire et économique. La modification des arrangements monétaires entre la France et les pays de l’Uemoa dans le cadre du lancement de la monnaie « Eco» de la Cedeao, notamment le changement éventuel de la parité Eco/Euro, pourrait également affecter la Boad.