Phase pilote du projet des Villages du Millénaire: De meilleurs rendements agricoles enregistrés à Banikoara

Par Bruno SEWADE,

  Rubriques: Economie |   Commentaires: Aucun


Phase pilote du projet des Villages du Millénaire: De meilleurs rendements agricoles enregistrés à Banikoara

En septembre 2000, au Sommet du Millénaire des Nations Unies, les dirigeants de 191 pays du monde ont adopté la Déclaration du Millénaire. Le Bénin est partie prenante à cette Déclaration dont l’objectif principal a consisté à définir une vision consensuelle de développement à l’horizon 2015 et à renforcer la sensibilisation et l’engagement de la communauté internationale aux idéaux de paix, de justice et d’égalité des peuples. La première phase de la mise en œuvre de cette vision dans des villages de Banikoara qui ont été choisis, a montré que les effets des actions qui ont été menées se sont traduits à travers l’amélioration des rendements et superficie des cultures telles que le maïs et le riz et par ricochet, l’amélioration de la production céréalière et des revenus des coopérateurs appuyés.

LIRE AUSSI:  Remise de lettre de mission à Libercom SA:Inscrire l’entreprise dans la démarche qualité

La vision consensuelle adoptée lors du sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000 dont le Bénin est partie prenante s’est traduite en un ensemble d’objectifs connus sous le vocable «Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)».

Selon un rapport analytique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires, les domaines ciblés concernent la réduction de l’extrême pauvreté, la sécurité alimentaire, l’universalité de l’éducation primaire, l’égalité des genres, la promotion de la santé de reproduction, la lutte contre la mortalité maternelle et la mortalité infantile, la lutte contre le VIH/SIDA, l’accès à l’eau potable et la préservation de l’environnement. Les OMD intègrent également d’autres aspects transversaux tels que la gouvernance, l’énergie, les infrastructures de base et le transport.
Pour contribuer à l’atteinte de ces objectifs, le Système des Nations Unies a mis en place un projet dénommé «Villages du Millénaire». Ce projet est une initiative de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan.
La mise en oeuvre du Projet est assurée par le centre OMD Afrique de l’Ouest et du centre en partenariat avec les bureaux du PNUD.
Le projet vise à aider les communautés rurales africaines à sortir du piège de la pauvreté et à démontrer que des interventions à base scientifique avec l’implication et le leadership des institutions et des communautés locales, peuvent être combinées pour réaliser les OMD.
Au Bénin douze (12) villages parmi les plus pauvres ont été retenus pour l’expérience régionale des «Villages du Millénaire.» Le Bénin a choisi stratégiquement de démarrer son expérience avec le groupe de villages composés de Kandèrou, Founougo A et Founougo B de la commune de Banikoara.

LIRE AUSSI:  Crise économique au Nigeria et implications de gouvernance au Bénin: Des propositions de mesures pour sauvegarder l’économie béninoise

Eliminer l’extrême pauvreté et la faim

Selon le rapport analytique du PNUD, les actions telles que définies dans le domaine des infrastructures, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, de l’éducation, etc ont été expérimentées durant la première partie de la phase pilote (2011-2013) dans ce groupe de villages pauvres, l’objectif étant à terme d’en tirer des leçons pour une meilleure adaptation dans les onze (11) autres villages choisis.
Durant la première phase du PVM Banikoara, indique le rapport plusieurs actions ont été réalisées dans le domaine de l’agriculture afin de contribuer à l’atteinte de l’OMD 1. Il s’agit principalement de l’organisation des producteurs en coopératives (17 coopératives d’agriculteurs, pêcheurs et éleveurs); de l’aménagement des bas-fonds pour la production rizicole et maraîchère; de la mise à disposition des équipements, matériel et intrants agricoles au profit des coopératives; de l’organisation de la commercialisation de la production céréalière et du renforcement des capacités techniques des producteurs sur les bonnes pratiques agricoles.
Les effets de ces actions se sont traduits à travers l’amélioration des rendements et superficie des cultures telles que le maïs et le riz et par ricochet, l’amélioration de la production céréalière et des revenus des coopérateurs appuyés. Ainsi le PVM, tout en renforçant les moyens de production des agriculteurs, pêcheurs et éleveurs a également contribué au renforcement de leurs capacités techniques et à l’amélioration du système de commercialisation de leurs productions.

LIRE AUSSI:  Economie numérique: La ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou en visite de travail à Savalou

Conditions favorables

En ce qui concerne la production maraîchère, les aménagements réalisés ont permis de créer des conditions favorables à cette production. Cela a favorisé l’introduction du maraîchage dans les habitudes culturales des coopérateurs. A la fin de la première phase du PVM, la production maraîchère qui était inexistante permet de dégager une production destinée à la consommation familiale. Les actions du PVM contribuent à l’amélioration de la qualité alimentaire et nutritionnelle de ladite consommation. Cette action a également contribué à l’amélioration du rendement du riz au cours des deux campagnes qui se sont suivies. L’organisation de la commercialisation des produits agricoles a été réalisée par la mise en oeuvre du warrantage.
Le warrantage est un système de crédit rural qui consiste à obtenir un prêt auprès d’un système financier décentralisé (SFD) en mettant en garantie un produit agricole susceptible de prendre de la valeur dans le temps.

Les produits mis en stocks

Dans l’expérience du PVM Banikoara, les produits stocks sont principalement le riz et le maïs et les parts déposées en garantie sont celles dégagées après avoir déduit de la récolte les besoins en céréales de la famille. Ainsi, les coopératives déposent en garantie leurs produits agricoles dans un magasin sain et sûr en vu d’obtenir un crédit dès la récolte sans les brader. Le montant du crédit obtenu est évalué à 80% du montant de la valeur du produit à la récolte et le crédit obtenu est utilisé pour financer des activités génératrices de revenus ou pour faire face à un certain nombre de problèmes (scolarité, santé …).
Une fois le crédit remboursé, soit grâce aux recettes provenant de l’activité menée, soit à partir d’une autre source identifiée lors du montage du dossier, le SFD libère le stock mis en garantie qui, ce faisant a augmenté de valeur, générant ainsi aux coopératives des surplus de revenus.
La campagne agricole 2012-2013 a été la première expérience des coopératives en matière de warrantage. Environ 4 000 000 FCFA de crédits ont été obtenus par les membres de quatre coopératives.
Pour la campagne 2013-2014, 8 010 000 FCFA de crédits ont été obtenus à la date de 31 décembre 2013 par une seule coopérative, soit une amélioration de 100,25% du taux de financement du crédit warranté.
En termes de stocks déversés sur le marché, les coopératives accompagnées par le PVM ont fourni en périodes de soudure plus de 119 tonnes de céréales au cours de la campagne 2012-2013. A la date du 31 décembre 2013, plus de 120 tonnes étaient déjà mobilisés par trois coopératives?