Perspectives économiques et financières de l’Uemoa: La croissance tablée sur 5,9 % en 2021

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubriques: Economie |   Commentaires: Aucun


Le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) se situerait à 5,9 % en 2021 contre 0,7 % attendu en 2020 (5,8 % en 2019), en lien avec une reprise dans tous les secteurs, selon Rapport annuel 2020 sur le fonctionnement et l’évolution de l’Union. Par État, le Niger devrait avoir la plus forte croissance avec 6,9 % et le Mali le plus faible taux, soit 4,4 %. Les projections pour les autres pays affichent : 6,5 % en Côte d’Ivoire, 6,0 % pour le Bénin, 5,6 % au Burkina Faso, 5,2 % au Sénégal, 4,7 % en Guinée-Bissau et au Togo.
Au niveau des finances publiques, le déficit budgétaire global représenterait 5,0 %
du Pib. Hors dons, il serait de 7,1 % du Pib. Ces déficits connaîtraient ainsi une réduction, avec une mobilisation plus accrue des recettes, lesquelles progresseraient de 7,8 % pour représenter 17,8 % du Pib. En fait, les recettes fiscales augmenteraient de 14,4 % et le taux de pression fiscale s’afficherait à 13,8 %.
Les dépenses totales et prêts nets de l’ensemble des pays croîtraient de 3,5 % pour représenter 22,8 % du Pib en 2021. Le taux d’endettement de l’Union ressortirait à 50,1 %
contre 49,3 % en 2020. Les échanges extérieurs des États membres dégageraient un solde global excédentaire de 753,3 milliards de F Cfa, après un excédent de 19,6 milliards de F Cfa l’année dernière. A fin décembre 2020, la masse monétaire ressortirait à 34 294,4 milliards de F Cfa, en hausse de 12,1 % en glissement annuel.
L’activité économique se réaliserait dans un contexte de maîtrise des prix, selon le rapport. Le taux d’inflation s’afficherait à 2,3 % contre -0,7 %
en 2019, en raison notamment des perturbations induites par la pandémie de Covid-19.
Des risques pèsent sur les perspectives annoncées. Il s’agit notamment de la persistance de la crise économique et sanitaire au niveau mondial et celle de la crise sécuritaire dans la zone du Sahel, ainsi que l’instabilité sociopolitique pouvant découler des processus électoraux dans certains États membres et l’évolution défavorable des cours des matières premières.

LIRE AUSSI:  Loi des finances gestion 2018: Innovations et niches d’opportunités présentées aux chefs d’entreprises

Résilience

Il est envisagé dans l’Union la mise en œuvre d’actions visant à renforcer la résilience des économies des États membres face aux effets pervers de la crise sanitaire et à relancer la croissance économique qui est dynamique depuis 2012 mais freinée par la crise du nouveau coronavirus. Cela passe par la création des conditions d’un climat sociopolitique apaisé dans tous les États membres de l’Union et la réduction de la vulnérabilité des populations face aux crises actuelles.
Entre autres, la Commission de l’Uemoa procèdera cette année à l’actualisation de la vision prospective de l’Union et à l’élaboration de son nouveau plan stratégique à moyen terme pour une meilleure orientation de ses interventions.
Les performances au niveau de la gouvernance de l’Union en 2020 sont en progression par rapport à celles de 2019. On note un taux d’exécution physique des activités des organes de l’Union de 92,86 %
contre 89,73 % en 2019 et un taux d’exécution financière de 90,12 % contre 88,91 % en 2019. Ces acquis ont été obtenus en dépit de multiples défis ou obstacles tels que la morosité de la situation socio-économique et financière de l’Union, l’accroissement de l’insécurité, la crise politique dans certains États membres de l’Union, l’expansion de la pandémie de la Covid-19.