Perspectives économiques dans l’Uemoa: L’espoir d’une nouvelle dynamique en 2021

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’activité économique retrouverait son dynamisme d’avant-Covid-19 dans l’Uemoa en 2021, selon le projet de Rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale de l’Union de décembre dernier. Mais la réalisation des perspectives favorables dépend de plusieurs facteurs liés à l’évolution de la crise sanitaire et du climat sociopolitique dans la sous-région.

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L’économie repartirait de plus belle à la hausse dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) cette année, après la chute observée en 2020 du fait de la pandémie de
Covid-19. Le taux de croissance se situerait à 5,9 %, pour atteindre voire dépasser le niveau de 2019 où il se situait à 5,8 %, contre 0,7 % en 2020, aux termes du projet de Rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale publié en décembre.
L’Union se montre quelque peu résiliente par rapport à l’ensemble de l’Afrique subsaharienne qui connaît sa première récession depuis vingt-cinq ans, avec un taux de croissance qui se situerait à -3,0 % en 2020, après 3,2 % un an plus tôt. Les prévisions communiquées par les Etats membres de l’Union indiquent une amélioration de la situation économique fortement affectée par les effets néfastes de la crise du nouveau coronavirus.
Le Bénin afficherait une croissance de 6,0 % contre 2,3 % en 2020 ; le Burkina Faso : 5,6 % contre 1,4 % ; la Côte d’Ivoire 6,5 % contre 1,8 % ; la Guinée-Bissau +4,7 % contre -2,3 % ; le Mali : 4,4 % contre -2,9 % ; le Niger : 6,9 % contre 1,2 % ; le Sénégal : +5,2 % contre -0,7 % et le Togo : 4,7 % contre 0,7 %.
Sur le plan des finances publiques, le déficit budgétaire global représenterait 5,0 % du produit intérieur brut (Pib), après 5,9% en 2020. Hors dons, le déficit ressortirait à 7,1 % contre 8,7 % en 2020. En fait, les recettes budgétaires seraient en baisse de 3,6 % en 2020, du fait de l’incidence financière des mesures fiscales de soutien aux entreprises en difficulté. Les dons auraient progressé de 55,8 % pour représenter 2,8 % du Pib, en relation avec les soutiens budgétaires dans le cadre de la lutte contre les effets de la Covid-19.
Pour 2021, il est attendu une hausse des recettes atténuée par une progression moins importante des dépenses. Mais, la consolidation budgétaire n’interviendrait qu’à partir de 2024 dans tous les Etats membres, si l’on s’en tient aux projections.

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Incertitudes

Toutes les branches de l’économie ont été impactées par la pandémie, à l’exception des services de télécommunication et des services bancaires qui se sont montrés plus résilients.
La réalisation des perspectives macroéconomiques annoncées favorables pour 2021 dépend des facteurs tels que l’incertitude sur la fin de la crise sanitaire, la persistance de la crise sécuritaire dans la zone du Sahel, l’évolution des cours des matières premières et l’instabilité sociopolitique.
Si les pays de l’Union ont accusé le coup des cours des matières premières exportées l’année dernière, la demande de celles-ci devrait croître en 2021, selon les projections. Les espoirs sont fondés sur l’hypothèse d’une maitrise de la crise sanitaire, surtout avec le lancement des vaccins dans plusieurs pays.
Si déjà la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent donne du fil à retordre aux dirigeants de la sous-région, des incertitudes planent sur les échéances électorales prévues dans certains Etats membres. L’issue de ces élections influencera le climat sociopolitique et ainsi, la prospérité des activités en toute sécurité, d’où il est impératif de créer ou de préserver les conditions de paix. Aussi, les experts recommandent-ils de prendre les dispositions nécessaires, en vue de l’adoption d’un nouveau pacte de convergence, à même de garantir la stabilité macroéconomique à moyen terme.
La situation monétaire de l’Union à fin décembre 2020, comparée à celle à fin décembre 2019, est caractérisée par un accroissement de 12,1 % de la masse monétaire. Cela est consécutif à la progression des actifs extérieurs nets et des créances intérieures, selon le rapport de l’Union. Il serait alors judicieux que la banque centrale maintienne les baisses des taux directeurs et les mesures spécifiques adoptées, lesquelles ont favorisé l’injection des liquidités nécessaires au soutien de l’activité économique en 2020.