Père Nathanaël Soédé à propos des acquis de la Conférence nationale:« Les Béninois tiennent beaucoup à leur démocratie »

Par Ariel GBAGUIDI,

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Le prélat Nathanaël Soédé est l’aumônier national des cadres et personnalités politiques du Bénin et président de l’Observatoire chrétien catholique de la gouvernance (Occg). Interrogé sur ce qui reste des acquis de la Conférence nationale, 31 ans après, il affirme que le peuple béninois tient beaucoup à sa démocratie qui amène les uns et les autres à taire leurs querelles, à se regarder en face, à se reconsidérer comme des frères et sœurs, et à repartir dès lors sur de nouvelles bases.

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La Nation : La démocratie béninoise est vieille de 31 ans. Qu’en reste-t-il, pour le pays et les générations à venir, en termes d’acquis ?

Père Nathanaël Soédé : Ce qui nous reste, c’est cette quête de la démocratie. Vous allez voir qu’au niveau de la mouvance et de l’opposition et du peuple, les Béninois tiennent beaucoup à leur démocratie. Le contenu change selon les appartenances et les préoccupations mais le souci des Béninois, c’est que la démocratie soit là. Que la démocratie soit participative et qu’elle rassemble tous les Béninois au-delà des problèmes qu’on peut avoir et là, c’est un acquis fondamental. Et vous allez voir que dans ce pays, nous ne voulons pas de la violence. Les gens sont prêts à disputer longuement mais la violence on n’en veut pas.

Et là aussi, c’est un acquis de la Conférence nationale parce qu’on a eu, avant la Conférence, des moments difficiles où des gens ont été emprisonnés, des gens ont été en exil, des gens ont été torturés. Tous ceux-là ont été libérés des prisons, ont accepté de voir leurs tortionnaires et même le président d’alors qui a été déifié sur certains de ses comportements. Tous ont accepté de se regarder face-à-face, de se reconsidérer comme des frères et sœurs et de repartir sur de nouvelles bases, et cette quête-là est toujours au cœur des Béninois lorsqu’ils parlent de démocratie. Donc, les acquis sont là.

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Les querelles partisanes ne sont-elles pas de nature à remttre en cause le consensus de la conférence ?

Nous avons des moments d’épreuves et c’est d’autant plus important que ces moments de difficultés connaissent aussi des avancées. Et c’est là que nous pouvons découvrir qu’au fond, tout n’est pas perdu. Nous sommes capables de rebondir. Je crois que ces acquis ne disparaîtront pas à voir les préoccupations des Béninois et tous les efforts que nous faisons, que nous soyons de la mouvance ou de l’opposition, c’est pour que le Bénin soit toujours le Bénin et soit toujours une nation qui donne aux autres d’espérer et d’être capables de faire rebondir, de recréer leur démocratie.

Sous votre conduite, l’Occg et les confessions religieuses ont lancé un appel à la paix et à la fraternité particulièrement en cette période sensible que le Bénin traverse. Quelles autres actions comptez-vous mener au-delà de cette invite à préserver la paix ?

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Nous allons avoir au niveau des différentes confessions religieuses des moments de prières vraiment oecuméniques et interreligieuses où on aura dans chaque église, mosquée ou couvent, des représentants de toutes les confessions religieuses pour aller vers les autres, montrer la fraternité et le vivre ensemble. Ensuite, nous allons avoir très prochainement une autre journée des religions pour la paix.

Cette journée consistera en une réflexion sur les valeurs qui doivent être au cœur de la paix lorsqu’il est question de la vie politique et particulièrement de questions d’élections parce qu’habituellement, la période des élections est très très sensible en Afrique et beaucoup de problèmes se posent à ce niveau, et on parle beaucoup de paix en ce moment-là. Il y a des valeurs fondamentales qui doivent être au cœur de la paix pour que nous ne retombions pas toujours dans les mêmes erreurs qui marquent notre développement et qui nous empêchent de faire de grandes avancées.