Pénurie d’eau potable à Boukombé:Les populations dans la rue, la SONEB se défend

Par Kokouvi EKLOU,

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C’est la rage au cœur que les populations de la commune de Boukombé ont battu le macadam, samedi 14 mars dernier, pour protester contre la pénurie d’eau potable dans leurs diverses localités. Si la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB) semble être le responsable désigné de ces désagréments, la direction régionale s’en défend en montrant tous les efforts qu’elle consent pour assurer un approvisionnement en eau des ménages.

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Des récipients vides pour montrer à quel point leur calvaire est grand pour disposer de cette denrée vitale pour leur existence. Et pour corroborer le tout, des pancartes aux messages les plus critiques envers les dirigeants et la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB). Le manque d’eau potable a fait sortir les populations de la commune de Boukombé dans la rue. Sous l’égide de l’Association des jeunes patriotes pour la réconciliation et la paix au Bénin (AJPRPB) et de l’Association des consommateurs d’eau potable de Boukombé (ACEPOB), elles ont exprimé leur ras-le-bol face à l’injustice qu’elles vivent avec cette situation depuis bien longtemps, en dépit des promesses à leur faites par les dirigeants en 2011. 250 points d’eau leur ayant été annoncés pour mettre fin à leur mauvaise fortune.
Parties de la place publique de Zongo, elles ont sillonné les principales artères de l’arrondissement central avant d’échouer à la mairie de la ville pour réclamer que justice soit faite tout en notant au passage que leur marche de protestation n’a aucun relent politique à la veille des élections législatives. C’est par la voix de leur porte-parole, Jacob Banita Ghanaba que les manifestants ont fait part de leur motion à William Agoungnon, représentant du maire ainsi qu’à Rock Ahouandjinou, chef division SONEB de Boukombé dans les bureaux de la société.
Considérant que l’eau est source de vie et que son manque est préjudiciable à l’être humain et tenant compte des divers désagréments qui leur sont causés, les manifestants ont dénoncé, «la mort dans l’âme et au comble du désespoir», la marginalisation de leur commune en matière d’approvisionnement d’eau courante. Ils estiment qu’il s’agit d’une injustice sociale à leurs yeux.
Aussi réclament-ils non seulement l’extension du réseau d’eau et son approvisionnement automatique mais aussi celui de l’électricité de même que le forage comme dans les autres localités, de plusieurs points d’eau potable à motricité humaine.
Relevant l’ampleur de la situation qu’ils vivent et le peu de changements opérés pour mettre fin à leur calvaire, Jacob Banita Ghanaba a souligné que le réseau de distribution d’eau d’une longueur de 7,21 km, implanté depuis 1982 n’a augmenté d’aucun centimètre malgré le passage au triple de la population de l’arrondissement central. Aussi note-t-il que « des 240 compteurs installés, moins de 50 sont fonctionnels avec un débit d’eau à la gouttière des larmes de chiens, que 58 ont été résiliés pour non paiement de factures d’entretien; les robinets restants sont la proie des toiles d’araignées et attendent leur prochaine anormale résiliation au motif de non paiement de factures d’entretien ou de création d’un montant impayé ».

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Des réalisations en cours

Approchée, la direction régionale Atacora-Donga de la SONEB reconnaît les dysfonctionnements enregistrés dans l’approvisionnement de l’eau potable dans la commune de Boukombé. «Nous n’avons pas assez de forages puisque des trois exploités deux sont hors d’usage et le seul qui nous reste n’est exploité que la nuit. D’un débit variant entre 44 et 45 m3/heure, il est alimenté dans la journée et n’est exploité que la nuit au risque de s’assécher», note Clément Ayémonna. Mais loin de pénaliser les populations dont les besoins sont croissants, des efforts ont été consentis pour mettre à leur disposition de l’eau potable. Ainsi il est à souligner que sept nouveaux forages sont programmés pour être réalisés. Et deux l’ont déjà été mais il reste à les raccorder au réseau de Boukombé. Le premier d’un débit de 25m3/heure et le second de 45 m3/heure. Un financement est recherché pour réaliser les canalisations et la disponibilité de l’énergie électrique pour faciliter le raccordement et l’approvisionnement des ménages en eau potable. En attendant, le chemin de croix des populations se poursuit.