Pag et solutions au chômage des jeunes: Le regard de Roland Riboux

Par Ariel GBAGUIDI,

  Rubriques: Actualités |   Commentaires: Aucun

Roland RIBOUX

En plus de promouvoir les formations professionnelles, l’Etat béninois peut aussi s’attaquer à l’illettrisme des adultes pour aider à des formations à tous les niveaux afin que les adultes analphabètes qui travaillent déjà puissent mieux contribuer au développement du pays, préconise Roland Riboux, président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (Cipb). Il apprécie également le bilan du Programme d’action du gouvernement dans plusieurs secteurs clés.

LIRE AUSSI:  Au sujet du rejet du projet de révision de la Constitution : « Je m’incline devant les règles de la nation… », dixit le président Patrice Talon

La cause du chômage des jeunes au Bénin est l’inadéquation entre les formations existantes et les besoins du marché de l’emploi. Le gouvernement l’a déjà diagnostiqué et tout le monde le sait, rappelle Roland Riboux, président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (Cipb), invité jeudi dernier, sur les plateaux du Club de l’Economiste. Il crève ainsi l’abcès à la suite d’une série de questions qui lui ont été posées sur la problématique et rappelle les solutions adéquates pour inverser la tendance.

« Donc, on forme des gens en quantité sur des choses qui ne servent pas à grand-chose (…). Il faut complètement modifier la façon de voir les études et faire en sorte qu’il y ait davantage de gens qui soient formés pour les besoins du pays en agriculture, en industrie, etc. de façon que les gens qui sortent puissent trouver rapidement du travail », insiste le premier responsable du Cipb. Et c’est justement dans cette perspective que le gouvernement béninois, dans son plan de remédiation, a passé un accord avec une école à Versailles pour former six cents formateurs des formateurs en technique dans différents domaines tels que l’électricité et la plomberie. Là-dessus, le président du Cipb pense que c’est ce genre de projet qui devrait permettre d’avoir des éducateurs formés qui reviendront au pays pour former efficacement les formateurs des lycéens afin que le pays ait des diplômés vraiment qualifiés.

LIRE AUSSI:  Projet asphaltage à Sèmè-Kpodji: Le tronçon menant au site des chrétiens célestes pavé

En plus de l’inadéquation entre l’offre et la demande, le Bénin souffre de « l’illettrisme de ses citoyens adultes », selon Roland Riboux. Il s’agit d’ « un problème général qu’il faut prendre à bras-le-corps », recommande-t-il. Le président du Cipb donne l’exemple de Cuba qui, explique-t-il, est parvenu à se débarrasser de l’illettrisme et dont les méthodes ont fait école dans plusieurs pays. Il pense qu’il serait intéressant que le gouvernement béninois se penche sur la question. « Sinon, (vous aurez toujours) une bonne partie de la population qui est exclue du véritable développement même si elle travaille dur la terre. C’est un bon moyen pour aider à des formations à tous les niveaux. Ces personnes pouvaient mieux travailler si elles ont la possibilité d’avoir accès à la lecture et à l’écriture », détaille le président du Cipb.

Parlant toujours de formations et besoins du marché de l’emploi, Roland Riboux note que beaucoup d’apprenants béninois sont brillants en mathématiques et qu’ils pourraient contribuer au secteur du numérique. Il propose alors au gouvernement qui met en œuvre un projet dans ce sens d’expérimenter « la méthode de Singapour en maths, qui est bien meilleure par rapport aux méthodes traditionnelles actuelles », car elle permet de détecter davantage de jeunes talents dans le domaine.

LIRE AUSSI:  Traditions vaudoues et primauté du Fâ: Nécessité d’enseigner le Fâ à l’école et à l’université (Suite)
Pag 2016-2021

En tant qu’investisseur, patron d’entreprise, installé au Bénin depuis plusieurs années, Roland Riboux a vu plusieurs présidents passer. Une petite comparaison lui permet de conclure que le régime Talon fait des efforts considérables en matière de gouvernance et d’actions de développement. « D’abord, il y a un plan que le gouvernement a établi et s’efforce de suivre. Ensuite, il y a un effort d’assainissement en particulier dans les finances et la façon de gérer un certain nombre de choses et enfin, il y a un souci de mieux gérer les choses qui sont fondamentales pour que le pays fonctionne en général. Vous voyez, on confie aux experts la gestion de l’électricité, du port, de l’aéroport. Je pense que c’est des choses qui vont permettre au pays de bien fonctionner », assure-t-il tout en soulignant que le régime ne peut pas tout faire à la fois. Parlant du pouvoir actuel, ce que Roland Riboux apprécie chez lui, « c’est cette façon d’analyser les problèmes et de commencer par y remédier ». Pour lui, c’est déjà un gros effort qu’a fait le gouvernement en mettant en place un tel Pag.

S’agissant de l’impact des réformes sur les entreprises privées, le patron du Cipb affirme que l’énergie était « une horreur, il n’y a pas si longtemps » mais que cela s’améliore même si ce n’est pas encore parfait. « On ressent déjà les effets positifs de ce qui est en place », se réjouit-il. Il apprécie également les travaux routiers achevés ou en cours et bien d’autres réformes comme celle de l’extension de la fiscalité à l’ensemble de la population.
Sur la liste des actions à améliorer, Roland Riboux note les petites coupures d’électricité mais espère qu’il y aura, dans peu temps, un jus de bonne qualité après les travaux annoncés. Sur le contenu du Pag 2016-2021, le président du Cipb regrette que l’Exécutif béninois n’ait pas suffisamment pris en compte la filière industrie. Cependant, il se dit « persuadé que le second quinquennat va porter sur des choses très précises », dans ce sens. Aussi souhaite-t-il que le dialogue soit maintenu et étendu entre les acteurs du monde des affaires. « Il faut mettre la Chambre de commerce en avant pour qu’elle puisse de façon formelle créer un grand groupe qui pourrait discuter avec les ministères, de futures évolutions (…). », préconise-t-il. Selon lui, quelles que soient les idées des membres du gouvernement, il serait bien qu’il y ait des échanges avec le secteur privé.