Nuit des idées 2021 à l’Institut français de Cotonou: Un voyage entre patrimoine, ancestralité et religion

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’édition 2021 de la « Nuit des idées », une initiative de l’Institut français du Bénin a rapproché trois continents à savoir l’Afrique, l’Europe et les Amériques à travers échanges, débats, performances artistiques… confrontation des idées.

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Une soirée en six grands actes. C’est ainsi qu’on pourrait résumer l’édition 2021 de la « Nuit des idées » de l’Institut français du Bénin. Entre échanges, débats, performances artistiques, le thème proposé pour cette nuit de confrontation des idées entre peuples de part et d’autre de l’Atlantique a trouvé tout son sens. « Proches ». C’est autour de cette thématique que les échanges et prestations se sont déroulés.

La soirée s’ouvre sur une scène qui a voulu proches Haïti et le Bénin. Une demi-heure de chants sacrés, belle balade entre chants traditionnels et même Vodoun des deux pays assurée par les Teriba du Bénin et l’artiste James Germain d’Haïti.
Des notes dansantes comme on peut l’imaginer, associant instruments traditionnels et modernes, ont eu droit de cité pendant cette parade musicale d’ouverture qui conduira le public vers le premier panel d’échanges de la soirée. En débat « Circulation atlantique et actualisation artistique du sacré et de l’ancestralité ». Aux côtés des artistes, Marcel Padé, musicologue et auteur de publications sur le Fâ, Emmanuelle Kadya Tall et Carlo Celius, chercheurs en France et enfin, Ousmane Alédji, expert culturel et fondateur du centre culturel Artisttik Africa. Aux artistes, il a été essentiellement demandé de faire le lien entre leurs compositions et les sources qui souvent les inspirent. De leur côté, les chercheurs ont fait une lecture croisée des réalités culturelles et même cultuelles de part et d’autre de l’Atlantique. Marcel Padé exposera, pour sa part, la contribution du Fâ à cet ensemble tandis qu’Ousmane Alédji, également chargé de mission du chef de l’Etat sur les affaires culturelles, apportera des précisions sur les ramifications entre les parties visible et invisible des religions endogènes. Il va surtout apprécier la tolérance religieuse qui caractérise le pays, rappelant que la pape Jean Paul II en visite au Bénin avait été même accueilli par des dignitaires des religions endogènes.

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« Proche » comme la thématique

La directrice déléguée de l’Institut français de Cotonou, Coline-Lee Toumson-Venite, est satisfaite du choix et du développement de cette thématique qui illustre à merveille, selon elle, les enjeux culturels actuels de part et d’autre de l’Atlantique. L’Europe, l’Afrique et les Amériques sont si proches comme cela transparait davantage à travers cet océan Atlantique matriciel qui connecte les trois continents. C’est dans doute pour cette raison qu’elle voit assez proches les artistes dans la création artistique et dans l’élaboration intellectuelle de leurs idées.

Cotonou face à Haïti en dialogue avec Paris pour concevoir des créations artistiques sur fond de recherches anthropologiques en histoire de l’art, sciences humaines… Sous le signe de la proximité. C’est l’ultime lecture que fait Coline-Lee Toumson-Venite de cette nuit des idées, tout en saluant ce thème inédit qui s’est invité avec la situation de Covid-19 pour remplacer la proximité physique par d’autres alternatives. Interroger et reconnecter ces trois façades de l’Atlantique, c’est finalement la raison d’être de cette nuit dont l’acte trois s’est révélé comme un grand moment.
Sur scène, face à un public très demandeur, la troupe d’enfants les Pepit’Art de Mèdédjonou dans la commune d’Adjarra. De jeunes danseurs, chanteurs et batteurs âgés de cinq à dix-neuf ans dont le talent traverse déjà les frontières. Pendant trente minutes, les Pepit’Art présentent une performance faite de percussions, chants et danses cérémoniels. A cette performance succédera un autre panel d’échanges.
Didier Houénoudé, enseignant-chercheur, Bienvenu Koudjo, chercheur et directeur du Conservatoire des danses traditionnelles et cérémonielles du Bénin et Michel Noudogbessi, musicien et responsable de la troupe Pepit’Art ont débattu « Autour du patrimoine culturel immatériel : connaître, conserver, transmettre ». Un moment de débat qui a permis d’éclairer la lanterne des participants à cette soirée sur les efforts faits par le pays pour conserver son patrimoine immatériel. Avant-dernier acte de la soirée, la performance live chorégraphique et art numérique avec Rachelle Agbossou, Marcel Gbeffa, Céline Coyac et Maxens Denis. A ces mêmes artistes, la parole fut donnée pour clore l’édition 2021 de la Nuit des idées avec la séquence « paroles d’artistes» sur le patrimoine et la création contemporaine.