Mortalité néonatale dans les départements du Mono et du Couffo: Le sexe masculin paie le prix fort

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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La mort frappe un peu plus les nouveau-nés de sexe masculin que leurs congénères du sexe opposé dans les départements du Mono et du Couffo. Cette tendance qui est loin d’être isolée a été mise en lumière par des statistiques, mercredi 17 mars, à la Conférence administrative départementale du Mono qui s’est réunie à la préfecture de Lokossa.

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Le décès néonatal frappe un peu plus les nouveau-nés de sexe masculin dans les départements du Mono et du Couffo. Cet état de choses est confirmé par une analyse comparative des données de 2019 et 2020 relatives aux décès survenus dans la tranche d’âge de zéro à sept jours au niveau des zones sanitaires. En procédant à la restitution des résultats de l’analyse, à la préfecture de Lokossa, dans le cadre des travaux de la Conférence administrative départementale (Cad), la délégation de la direction départementale de la Santé a fait un focus sur le cas du Mono. Dans ce département, les nouveau-nés qui n’ont pu survivre au-delà de sept jours font quatre-vingt-sept pour cent des décès enregistrés en 2019. Un taux qui a grimpé, en 2020, à quatre-vingt-treize pour cent, selon la présentation faite par Eléonore Lalèyè Dah, chef du service de la Santé de la mère et de l’enfant à la Direction départementale de la Santé. Par rapport aux causes des décès, elle pointe du doigt l’asphyxie néonatale, l’infection et la prématurité. Les statistiques vues sous l’angle du genre font dire à Mme Lalèyè Dah que le sexe masculin paie le prix fort.

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« Parmi les décès, nous avons constaté que le sexe masculin est en tête », souligne-t-elle, ajoutant qu’en règle générale, les garçons résistent moins aux difficultés potentielles d’accouchement et celles des premiers jours de naissance. Appuyant sa collaboratrice, Etienne Hounkonnou, directeur départemental de la Santé, soutient que d’un point de vue physiologique, les filles résistent mieux que les garçons, précisant que le sexe fort n’est vraiment pas là où on le cherche. Outre les décès néonatals, la présentation de la délégation de la Dds a fait un état des lieux de la surveillance des décès maternels et la riposte mise en place. Également, il a été mis en exergue les efforts et dysfonctionnements notés non seulement au niveau de l’observance des protocoles sanitaires, les interventions de l’Etat et celles des centres de santé qu’au niveau des patients et leurs parents.

Des recommandations induites par la présentation, il a été question de prier le gouvernement de soulager les populations avec au moins deux nouveaux médecins dont un pédiatre et un gynécologue. Et ce au niveau du Centre hospitalier départemental (Chd) de Lokossa, centre de référence de la pyramide sanitaire qui prend en charge les cas graves référés des territoires du Mono et du Couffo.
Au Bénin, en général, la mortalité liée à la grossesse ou à l’accouchement demeure un problème de santé publique. Relativement à la mortalité maternelle, les chiffres sont alarmants. « Nous enregistrons environ 1500 décès par an », fait savoir la délégation de la Dds. Ce qui équivaut, selon une caricature de Mme Lalèyè Dah à « 25 bus de 60 places bien remplis de femmes que nous perdons chaque année pour des risques associés à la grossesse et à l’accouchement ».