Mort par balles de présumés malfrats en fuite à Natitingou: Clair-sombre autour d’une opération

Par Kokouvi EKLOU,

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La ville de Natitingou est en émoi depuis la mort par balles de deux présumés malfrats en fuite à la suite de leur procès au tribunal de première instance, le jeudi 31 mai dernier. En pour cause, la bavure policière qui a emporté la vie d’un citoyen autre que les détenus mis en cause au cours de l’opération de recherche des fugitifs.

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L’opération de recherche de deux voleurs en fuite à la suite de leur condamnation par le tribunal de première instance de Natitingou à une peine d’emprisonnement de deux ans et à une amende de 50 000 F Cfa chacun, est loin d’avoir été un succès. Contrairement à ce qui a été annoncé de sources proches de la prison civile de Natitingou et de l’instance judiciaire, ce ne sont pas deux malfrats qui ont été tués par balles par les éléments de la police judiciaire renforcés par des militaires du camp Kaba, jeudi dernier. Un citoyen autre que les détenus mis en cause aurait été abattu lors de l’opération de recherche des fugitifs. Une information qui laisse croire qu’un seul a été tué et que le second court toujours dans la nature. 

En effet, la disparition d’un jeune apprenti électricien depuis l’expédition punitive des forces de sécurité a tôt alerté sa famille sur son sort. Josias Sagui Kouandété parti avec un groupe de jeunes pour prêter main forte aux éléments des forces de sécurité dans leur opération de recherche ne reviendra jamais vivant de sa randonnée dans la brousse et la montagne. Il aurait été abattu par des policiers et militaires sur les dents après la fuite des deux condamnés au moment de leur transfèrement du tribunal vers la prison civile.
Selon les hypothèses de la famille à attester par l’enquête diligentée par l’administration pénitentiaire en collaboration avec le tribunal de première instance de Natitingou, le jeune adolescent âgé de 20 ans aurait été confondu à l’un des fugitifs en redescendant de la montagne, torse nu, après sa recherche infructueuse. Mal lui en a pris, les forces de sécurité lui auraient tiré dessus sans sommation. La famille atterrée se portera vers la prison civile, après qu’interdiction lui a été faite d’identifier les corps conduits le lendemain à la morgue de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta et fera face à la terrible évidence. Josias Sagui Kouandété n’est plus de ce monde, recouperont les membres de la famille suite à maintes démarches.
Le procureur du tribunal se refusant à toute déclaration à la presse, l’enquête diligentée situera davantage sur les circonstances de ce drame et les responsabilités. En vue de faire son deuil la famille attend la probable remise du corps dans les jours à venir.
Le drame qui a frappé la famille Sagui Kouandété est consternant quand on connaît les circonstances du drame. A la poursuite des détenus en cavale, Josias Sagui Kouandété sorti précipitamment de chez lui pour prêter main forte est abattu. Pis, le jeune adolescent, selon les témoignages de ses congénères volontaires à la mission de recherche, à la vue des forces de sécurité, aurait levé ses mains en signe d’abdication sans la moindre attention de celles-ci.

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