Mise en œuvre du Projet Emploi des jeunes (Pej): La première vague sélectionnée

Par LANATION,

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La première vague des 17 000 jeunes bénéficiaires du Projet Emploi des jeunes (Pej) a été sélectionnée, ce vendredi 23 juin à Cotonou. A l’issue d’un tirage aléatoire, 8500 postulants provenant des 77 communes du Bénin vont bénéficier de subventions pour monter de microentreprises.

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Retransmission en direct à la Télévision nationale, élus communaux fortement mobilisés, option de tirage aléatoire, c’est dans ce décor qu’il a été procédé à la sélection de la première vague des 17 000 jeunes bénéficiaires du Projet Emploi des jeunes (Jep) au Palais des Congrès de Cotonou. Pour donner la chance à tous les bénéficiaires, le Gouvernement a tenu à jouer la carte de l’équité et de la transparence.
Devant Me Brice Tokpanou, huissier de justice, chaque maire ou son représentant a tiré dans une urne la liste des bénéficiaires du projet au niveau de sa localité, suivant un système de mention ‘’ Croissant’’ et ‘’ Décroissant’’ compris et accepté par tous. Au total, 8500 jeunes dont 50% de filles, en situation de sous-emploi, peu ou pas instruits, vont bénéficier de subventions sur la base des projets qu’ils ont élaborés dans les sous-secteurs de l’artisanat, de la transformation et de l’agricole.
Le tirage aléatoire, indique Urbain Amégbédji, directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe) est l’aboutissement d’un long processus de sélection à partir de 73 000 jeunes éligibles ayant postulé au financement. « Les 17 000 jeunes qui seront retenus vont installer des microentreprises pour devenir des travailleurs indépendants et aussi des employeurs, après avoir bénéficié d’une formation en entreprenariat », précise-t-il. Le processus a été conduit en collaboration avec les collectivités territoriales qui n’ignorent pas l’apport considérable de ce projet à la résorption du chômage et du sous-emploi dans les communes. Casimir Sossou, maire de la commune d’Aplahoué, secrétaire général de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb), apprécie : « A travers ce projet, le gouvernement intensifie la lutte pour l’emploi. La cible a été bien identifiée et le processus de sélection offre des garanties de transparence. Mais ces bénéficiaires ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan des chômeurs et sous-employés de notre pays ».

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Projet novateur

Le Pej est novateur pour avoir ciblé des jeunes vulnérables peu ou pas instruits, âgés de 15 à 35 ans, reconnait Mathys Adidjatou, ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales. Elle soutient qu’il l’est davantage pour avoir été orienté vers les activités de transformation agricole, l’artisanat et le tourisme, avec au moins 50% de femmes dans le rang des bénéficiaires. « Il est admis que ce sont des filières porteuses qui contribuent à l’accélération de la croissance, à travers l’amélioration de la compétitivité et du climat des affaires. Ce sont de réelles opportunités d’investissements privés en raison de leur immense potentiel », assure-t-elle. Environ 3 millions d’artisans disposent de carte d’appartenance et affiliés aux chambres interdépartementales des métiers. Mieux, selon un rapport de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), l’artisanat contribue entre 10 à 20 % au Produit intérieur brut des Etats membres. Mais la ministre retient surtout que le Pej entend prendre en compte les diplômés de fin d’apprentissage traditionnel, souvent exclus des nombreux programmes mis en œuvre pour lutter contre le chômage et le sous-emploi, ou ceux de fin d’apprentissage moderne. « La prise en compte de la dimension genre se justifie pleinement sur le plan économique, car elle garantit la participation active des femmes et des hommes, en utilisant l’intégralité de la population active », ajoute-t-elle.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 18,4 milliards F Cfa, le Pej a pour objectif d’améliorer l’accès aux compétences et aux opportunités d’emploi des jeunes peu ou pas instruits en situation de sous-emploi. Il prévoit de lancer 17 000 jeunes promoteurs de microentreprises, d’accompagner 2500 jeunes apprentis dans l’obtention du Certificat de qualification professionnelle (Cqp), d’étendre le Certificat de qualification aux métiers (Cqm) à cinq nouveaux départements. « Nous avons prévu d’évaluer ce projet de bout en bout pour mieux apprécier son efficacité. Nous pensons que les politiques publiques doivent reposer sur l’évidence, apporter les preuves de ce qui marche et de ce qui ne marche pas », conclut Jean Boco, représentant de la Banque mondiale.