Mesures gouvernementales en faveur du secteur agricole: Une campagne d’information des promoteurs lancée

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubriques: Actualités |   Commentaires: Aucun


Les exploitants agricoles seront édifiés dans les jours à venir sur les mesures prises par le gouvernement pour faciliter leur accès au crédit. Une tournée nationale démarre dès la semaine prochaine, dans le cadre d’une campagne d’information des promoteurs lancée ce mercredi 18 novembre à Cotonou.

LIRE AUSSI:  Lancement du Portail national des services publics: Le gouvernement rend accessible l’administration en ligne

Trois mesures spécifiques pour un montant de 100 milliards F Cfa permettront aux entreprises agricoles d’avoir accès au crédit à 12 % au plus et partiellement garanti par l’Etat. Les promoteurs seront édifiés sur les tenants et les aboutissants du mécanisme mis en place, à la faveur d’une campagne d’information, d’éducation et de communication lancée hier à Cotonou par Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture et Romuald Wadagni, en charge des Finances.
Elle a démarré par une communi-cation sur l’opération-nalisation de la décision prise par le Conseil des ministres en date du 29 juillet dernier, à l’intention des responsables des faîtières agricoles.
Tous les départements seront parcourus afin de fournir aux promoteurs agricoles les explications nécessaires sur les activités éligibles, les facilités de financement, les modalités d’accès, assure le ministre Dossouhoui. Du 26 au 27 novembre, les départements de l’Atacora, de la Donga et du Borgou seront à l’honneur. Suivront les autres dès début décembre prochain.
Pour Adjéoda Amoussou, président de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin, ces mesures gouvernementales sont « une première » dans la sous-région. « Elles viennent soulager les difficultés des producteurs et permettront de ressusciter l’agriculture », apprécie-t-il.
Elles permettront d’accroître la contribution des exploitants agricoles à la croissance de la production végétale, animale et halieutique, renchérit Comlan Ernest Pedro, président de la Plate-forme des acteurs de la Société civile au Bénin. Déjà en 2019, la hausse des affectations budgétaires et du crédit accordé à la recherche agricole plaçait le Bénin au premier rang dans la sous-région, salue-t-il.

LIRE AUSSI:  Réussite des missions de l’Union Africaine: Le Président Talon invite tous les Africains à ne ménager aucun effort

Mécanisme

Le secteur agricole occupe 70 % de la population active et contribue à 34 % du Produit intérieur brut (Pib), indique Valère Léonard Houssou, directeur général du Fonds national de développement agricole (Fnda). Il concentre seulement 2,9 % des crédits bancaires. Les mesures du gouvernement pour pallier l’accès difficile au financement adapté concernent les petites et moyennes entreprises (Pme) du domaine, les groupements d’intérêt économique (Gie), les industries, les coopératives de producteurs ou de transformateurs ainsi que les exploitants agricoles individuels.
Le premier volet, explique Valère Houssou, leur permettra de bénéficier de crédit à un taux maximum de 12 % auprès des banques ou systèmes financiers décentralisés (Sfd). Ils obtiendront un refinancement intégral au taux de 2 %, pour un montant total de 50 milliards F Cfa.
Le deuxième se traduira par une garantie de 50 % sous forme d’engagement par signature adossé à un « cash collatéral » de 35 milliards de F Cfa déposé à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au nom du Fnda. Il vise à rassurer les institutions financières qu’elles partagent avec le Fonds le risque à hauteur de 50 % du montant du crédit et ce, dans une limite maximale de 500 millions francs Cfa par entreprise.
Le troisième volet vient en appui aux deux autres et consiste en la mise en place d’un fonds de bonification de 15 milliards de F Cfa pour sortir les crédits à un taux de 2 % au profit des bénéficiaires.
Sept banques et quinze Sfd sont en relation avec le Fnda. Le ministre Gaston Dossouhoui exhorte les promoteurs à préparer des dossiers de demande de financement bancables et les institutions financières à étudier avec beaucoup plus d’assurance ces dossiers.