Marche du Forum des travailleurs: Pour le changement de la gouvernance actuelle du pays

Par zounars,

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Encore une marche pacifique pour dénoncer le système de gouvernance en cours au Bénin depuis 1960. C’est une initiative du Forum des travailleurs et des peuples pour une nouvelle gouvernance. Il était dans la rue, hier mercredi 7 janvier à Cotonou, pour réclamer un nouveau système de gestion des affaires publiques.

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«Un système de révolution». C’est ce qu’exige le Forum des travailleurs et des peuples pour une nouvelle gouvernance, en renvoyant dos-à-dos la Majorité présidentielle et l’Opposition face au contexte socio-politique actuel. Mis en place depuis le 16 décembre 2014, le Forum prône surtout une rupture d’avec la gouvernance héritée de l’indépendance nominale.
Il désapprouve la recomposition actuelle du paysage politique béninois, dans la perspective des prochaines échéances électorales. A l’en croire, c’est une manière de «sauver et maintenir l’actuel système de gestion». Et c’est pour partager avec le peuple, «la nécessité d’un changement, non pas d’hommes, mais de système» que la marche pacifique d’hier a été organisée dans la ville de Cotonou.
De la Bourse du Travail à la place de l’Etoile rouge, en passant par le quartier Saint-Michel, la marche a connu la participation de plusieurs citoyens issus de différentes couches socio-professionnelles: syndicalistes, commerçants, paysans et étudiants.
Des messages véhiculés par les banderoles et pancartes exhibées pour la circonstance, on retient que les acteurs du Forum demandent «la fin du contrôle systématique des nominations dans l’administration centrale par l’Exécutif».

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Le message depuis la place de l’Etoile rouge

A la place de l’Etoile rouge, point de chute de la marche, la motion des participants a été lue par le coordonnateur du Forum, Laurent Mètongnon. Celui-ci a insisté sur la nécessité «d’un nouveau système de gouvernance qui érige le patriotisme et la probité de bon aloi en système de gestion». L’actuel système de gestion est, selon ses propos, entretenu et aggravé par des ”Béninois valets locaux” qui ne pensent pas à l’intérêt général du peuple.
«Le mensonge, les scandales financiers, le bradage des secteurs vitaux aux opérateurs économiques étrangers, l’impunité des crimes économiques, le régionalisme,… » sont, selon lui, quelques conséquences de ce système.
«Dans les administrations et entreprises publiques, les exigences d’un autre système de gestion avec le droit d’élire leurs directeurs généraux, directeurs, chefs de projets sont arrivées à maturité et font l’objet de débats», a indiqué Laurent Mètongnon. Il a par ailleurs, invité tout le peuple à rallier le Forum afin d’enrichir ces débats.
Le souhait des responsables du Forum est que le peuple parvienne à imposer aux gouvernants son propre projet de société.
Le syndicaliste Paul Essè Iko, membre du Forum, a, pour sa part, délivré le message de soutien, du Comité culturel pour la démocratie au Bénin (CCDB), une structure basée à Paris en France à la marche. L’initiative du Forum, dit ce message, est une bouffée d’oxygène pour tout le peuple.

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Des secteurs d’activités décryptés

La gestion du secteur agricole et de l’élevage était aussi en cause. Le président de l’Association des amis du parc de Pendjari, Akpana Adamou, a saisi l’occasion pour fustiger la disparition de certaines espèces animales au niveau du parc. Ainsi a-t-il dénoncé l’extermination des éléphants dont les ivoires sont vendues aux étrangers.
Dans la même logique, le porte-parole de l’Association des revendeurs de friperie de Missèbo, Marius Kpodjèdo est intervenu pour décrier la situation à laquelle ils sont confrontés. Il déplore notamment leur expulsion du site de Missèbo. «Halte au bradage des domaines du marché de Missèbo», lit-on d’ailleurs sur l’une de leurs pancartes.
Les enseignants du ministère des Enseignements maternel et primaire (MEMP) ont également pris part à la marche. Ils exigent le passage des examens professionnels avec leur diplôme du Brevet d’études du premier cycle (BEPC).