Lutte contre les sachets plastiques au Bénin: La mayonnaise tarde à prendre

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La lutte contre les sachets plastiques demeure un défi permanent au Bénin. La répression s’avère nécessaire pour en arriver à bout. L’édition 2020 de la Journée mondiale contre les sachets plastiques, le 3 juillet dernier, donne l’occasion à Sandra Idossou, militante pour un environnement propre, et initiatrice de la ‘’Campagne sachet Hééloué’’, d’appeler chaque acteur à ses responsabilités.

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La lutte contre les sachets plastiques ne comble pas encore toutes les attentes au Bénin. Le phénomène défie la législation en vigueur, en dépit de la veille des pouvoirs publics et des communications autour. A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre les sacs plastiques, Sandra Idossou, présidente de l’Association engagement social et initiatrice de la ‘’Campagne sachet Hééloué’’ dénonce l’obstination des Béninois à utiliser ces sacs qui créent d’énormes dommages à l’environnement.
« Beaucoup de gens continuent d’utiliser les sachets plastiques au quotidien sans se poser la question du sort qui leur est réservé. Le sachet que nous utilisons pendant dix minutes aujourd’hui, va continuer par détruire l’environnement sur plusieurs décennies », se désole-t-elle.
Selon elle, la mayonnaise tarde à prendre au Bénin : « Je suis assez déçue et découragée parce que j’estime que nous n’avons pas évolué. Nous avons beaucoup parlé, fait beaucoup de longs et beaux discours, mais rien n’a changé dans la réalité. En dehors des magasins, des supermarchés et pharmacies qui ont essayé de mettre en place des emballages autres que le sachet plastique, rien n’a changé dans le quotidien des vendeurs et usagers des marchés ».
Le phénomène s’apparente, à ses yeux, à un cercle vicieux. « Malheureusement, les fabricants, les importateurs, les distributeurs, les commerçants continuent leur sale besogne au vu et au su de nos autorités qui ne se donnent pas vraiment les moyens d’arrêter ce phénomène. Le sachet plastique est un commerce illicite qui doit être interdit et réprimé », tranche-t-elle.
Pour celle qui se bat pour la protection de l’environnement à travers la ‘’Campagne sachet Hééloué’’ depuis trois ans, la lutte contre les sacs non biodégradables est avant tout un comportement : « Rares sont les personnes qui peuvent dire aujourd’hui qu’elles n’ont jamais entendu dire que l’utilisation des sachets plastiques nuit à la santé et à l’environnement. Il ne sert à rien qu’un message soit bien porté sans que cela ne se traduise dans les comportements ».
Sur ce point, déplore-t-elle, le Bénin est encore loin du compte. « Chaque jour, des milliers de Béninois mangent encore leur nourriture chaude dans des sachets plastiques. Tous les jours, des tonnes de sachets sont jetées dans la nature au Bénin », révèle-t-elle.

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Responsabiliser chacun

Pour y arriver, les citoyens doivent être mis devant leurs responsabilités. « Hommes, femmes, enfants, tout le monde doit se sentir concerné par ce combat. Manger dans les sachets plastiques tue. Nous devons être responsables par rapport à nous-mêmes et à l’environnement. L’environnement, c’est notre vie. Si nous voulons grandir dans un environnement sain, cela doit dépendre de notre comportement au quotidien», lance Sandra Idossou.
Mais la lutte ne se situe pas seulement au niveau des populations. Les pouvoirs publics doivent être les acteurs de premier plan. « Si au même moment qu’on sensibilise les populations à ce phénomène, on continue d’autoriser l’importation de ces sacs, elles ne cesseront pas de les utiliser. Il faut amener le gouvernement à veiller à l’application de la loi interdisant l’utilisation des sachets plastiques. Nos autorités maîtrisent mieux les circuits de production et de distribution. Si elles décident de fermer les portes aux sacs plastiques, elles y arriveront », dit-elle, exhortant le gouvernement à une riposte musclée pour décourager les récidivistes.
Pour elle, une journée dédiée à la lutte contre les sacs plastiques revêt une importance capitale pour attirer l’attention sur le tort fait à l’environnement.
« Cette journée permet d’éveiller les consciences, de sensibiliser les populations et de les responsabiliser par rapport à leurs comportements sur la protection de l’environnement ».
Le défi de la conscientisation, insiste-t-elle, doit demeurer une lutte quasi quotidienne.