Lutte contre le Vih/Sida: Un bilan non moins important pour le Bénin

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.),

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De l’élaboration du plan stratégique national intégré à la mise sous antirétroviraux des cibles, le Bénin a réalisé d’importantes prouesses ces dernières années en matière de lutte contre le Sida. Ces avancées ont été rappelées, dimanche 1er décembre dernier, à Abomey-Calavi, à l’occasion du lancement officiel de la 31e journée mondiale de lutte contre le Sida.

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Sous l’impulsion du chef de l’Etat, Patrice Talon, président du Conseil national de lutte contre le Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections sexuellement transmissibles et les Épidémies (Cnls-tp), bon nombre d’actions ont été entreprises permettant d’obtenir, à ce jour, des résultats non moins importants en termes de lutte contre le Vih/Sida au Bénin.
Selon le coordonnateur résident du Système des Nations Unies (Snu) au Bénin, les principales actions conduites par le gouvernement ont pour socle, l’élaboration du plan stratégique national intégré 2018-2023 orienté vers l’élimination du Vih/Sida ainsi que les autres infections prioritaires d’ici à 2028. En plus de cela, ajoute-t-il, il y a la détermination du gouvernement à honorer le financement de la contrepartie nationale conditionnée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la subvention en cours à travers l’acquisition de médicaments antirétroviraux et la prise en charge des patients. «La récente promesse de contribution du Bénin à la sixième conférence de reconstitution des fonds du Fonds mondial pour un montant d’un million de dollar, promesse s’additionnant aux deux millions de dollar annoncés il y a deux ans et admirablement honorée », s’est réjoui Siaka Coulibaly. Ce faisant, informe-t-il, le Bénin a servi d’exemple à la vague des 19 pays africains qui ont contribué pour la première fois de manière historique à la reconstitution de ce Fonds.
Sur le terrain, depuis 2015, toujours en termes de résultats, évoque-t-il, le taux de couverture des femmes enceintes recevant des antirétroviraux pour réduire la transmission du Vih de la mère à l’enfant, est supérieur à 80 %. La proportion des personnes vivant avec la maladie et connaissant leur statut sérologique est passée de 57 % à 68,66 % en 2018. Il signale également que le taux de couverture des Arv des personnes vivant avec le Vih est à 61 % et la population des personnes vivant avec la pandémie ayant une charge virale indétectable se situe aujourd’hui à 49 %.
Le ministre de la Santé va compléter ces chiffres en indiquant que le Bénin a enregistré « un taux d’acceptabilité de dépistage de 98,95 % grâce à la sensibilisation et aux conseils. 22097 personnes des populations clés ont été dépistées aussi bien dans les laboratoires, en campagne de masse et au sein des services adaptés avec un taux de séropositivité de 3,72 % ». Benjamin Hounkpatin ajoute qu’il y a eu également la sensibilisation de 14045 nouvelles travailleuses de sexe et serveuses de bars et de 6232 nouvelles personnes privées de liberté. La sécurité transmissionnelle dans tous les centres qui s’occupent de la collecte, de la qualification et de la distribution des produits sanguins, est également de mise. Toujours selon le ministre, il y a aussi l’augmentation du nombre total de sites de prévention de la transmission de la mère à l’enfant de 1012 à 1108 sites ; améliorant de ce fait l’accès aux services de la prévention de la transmission mère-enfant du Vih. Sans oublier le suivi adéquat avec la réalisation de près de 12159 charges virales au niveau des plateformes de biologie moléculaire, et la mise sous Arv de 3553 cibles (3337 adultes et 216 enfants) au niveau de 122 formations sanitaires dont six nouveaux sites, pour ne citer que ces avancées.

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Défis

En termes de défis à relever, souligne le coordonnateur du Snu, il y a l’implémentation de la déclaration politique de 2016 sur le Vih à travers laquelle les pays se sont engagés à faire en sorte qu’au moins
30 % des services liés au Vih soient fournis par les organisations communautaires. Ils ont également convenu d’allouer 6 % de tous les financements dédiés à cette maladie, à la mobilisation communautaire afin de promouvoir les droits humains et de modifier les lois entravant l’élimination du Sida. Outre cela, poursuit-il, le taux de transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant, bien qu’en baisse au
Bénin, n’atteint pas encore le taux espéré (5 %). « Chez les adolescents et les jeunes, déplore le coordonnateur Siaka Coulibaly, le niveau de connaissance du sida est bas, soit 20 %, et seulement 15 % d’entre eux ont fait leur test et connaissent leur statut sérologique…». Le défi est donc d’intensifier les actions engagées et entreprendre d’autres, en vue d’améliorer les statistiques. Et pour y arriver, « notre contribution conjuguée est nécessaire voire indispensable, et cela passe par le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des organisations (communautaires) », préconise-t-il. Mais au regard de tous les résultats encourageants obtenus, Siaka Coulibaly ne doute pas un seul instant de la détermination de tous à relever ces défis.