Lutte contre le Covid-19: Les écoliers jouent leur partition à Kandi

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Kandi n’attend pas d’enregistrer son premier cas de coronavirus avant de prendre au sérieux les mesures barrières. Les apprenants sont aux premières loges de cette lutte pour épargner la commune des ravages de cette maladie. Un exemple qui doit faire école.

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Des élèves de Cm2, tous en masques, suivent religieusement le cours de mathématiques de Issifou Yadibé, directeur du groupe E du complexe scolaire Saraboukoukinnin à Kandi, ce vendredi 15 mai. A l’entrée de la salle de cours, des dispositifs de lavage des mains à l’eau et au savon de fortune sont installés. Ici, les moyens semblent dérisoires, mais on garde l’alerte maximale pour barrer la voie au Covid-19. Les apprenants servent de relais en matière d’éducation, d’information et de sensibilisation.
Ceux du groupe E, une cinquantaine, savent mieux que quiconque le danger que constitue le Covid-19. Ils sont prêts à mener le combat auprès de leurs parents, amis et entourage. Aussi jeunes soient-ils, Inauya Adamou et Aïcha Adjiguidi y vont avec conviction. « Je rappelle régulièrement le lavage des mains à l’eau et au savon à mes amis et camarades de classe», confie la première.

Et à la seconde d’ajouter : « Lorsque je rentre des cours, j’informe mes parents des notions du maître sur la pandémie. Depuis un moment, tous prennent au sérieux les mesures barrières». Leurs promotionnaires du groupe A, Rayane Idrissou, Joël Atayi et Moubarack Ayétito ne se lassent guère pour la cause. « Grâce à nous aussi, notre communauté est informée à temps des ravages de cette pandémie et essaye de respecter les mesures indiquées», confient-ils, avec cette fierté de jouer leur partition dans la riposte contre le mal.
Un exercice salutaire lorsqu’on sait la capacité de mobilisation et la force de persuasion des enfants, prêts à titiller leurs parents pour obtenir gain de cause, surtout lorsqu’ils se sentent menacés.
Ce que confirme Victoire Houenha, parent d’élève et vendeuse de nourriture à l’Epp Saraboukoukinnin : «Les écoliers et nous, nous nous complétons sur le terrain de la lutte contre le coronavirus dans notre communauté. Ils partagent régulièrement leurs connaissances de la maladie avec nous et nous entretiennent sur les règles d’hygiène ».
Emalin Idjakotan Jacques Balogoun-Kotchoffa, médecin chef de la commune de Kandi, apprécie l’implication des enfants : « Aucune action ne pourra être possible de façon isolée. La sensibilisation scolaire a toujours porté ses fruits ».
Tout comme les apprenants, les enseignants et autres usagers de l’école sont acquis à la cause.
« La commune de Kandi n’est pas touchée par le virus. Elle ne le sera d’ailleurs pas. Toutefois, nous prenons nos dispositions pour éviter des surprises désagréables », rassure Abdoulaye Sabi Mané, gardien de jour de l’école.
Officiellement, cette commune du nord-Bénin n’a enregistré à ce jour aucun cas de coronavirus. Cette tendance restera inchangée si elle maintient la veille en tenant également compte du vecteur de communication et du poids que représentent les enfants dans la sensibilisation.

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