Lutte contre le Covid-19 au Bénin: Etendre les mesures préventives aux enfants de la rue

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Ils font peu l’objet d’attention en cette période redoutée du coronavirus dans le monde. Au Bénin, les enfants de la rue sont quasiment oubliés en ce qui concerne les grandes mesures de prévention.

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Les mesures de prévention du coronavirus sont prises de toutes parts dans le monde, allant des règles d’hygiène à adopter aux habitudes à bannir. Mais peu de gens se soucient des enfants de la rue, abandonnés à leur sort face à la pandémie qui fait des ravages.
Ces êtres déjà fragiles, livrés à eux-mêmes dans la nature, sont plus exposés que quiconque au Covid-19. Qui pour voler à leur secours en cette période sensible? Pour l’heure, des actions sont plutôt rares en leur direction. Le sauve-qui-peut que l’on observe actuellement au Bénin et dans le monde ne devrait pas laisser de côté les enfants de la rue, agglutinés parfois devant les mosquées à demander l’aumône ou livrés à la mendicité au niveau des feux tricolores, devant les pharmacies et supermarchés pour survivre. Que dire des enfants commerçants, qui ont leur couchette dans les marchés ?
Ces enfants qui n’ont de famille que la rue ont besoin d’une attention bienveillante. Ils doivent être l’une des cibles principales des mesures de prévention, car eux-mêmes sont peu conscients de la pandémie actuelle.
Le Bénin est en état de veille et poursuit inexorablement ses actions de prévention et de lutte, à travers différentes mesures mises en place par le gouvernement. Les dernières sont relatives à l’anticipation des congés de Pâques chez les scolaires, la suspension des cultes hebdomadaires et des rassemblements de plus de dix personnes, la fermeture des bars et l’installation du cordon sanitaire autour des villes à risque telles que Cotonou, Allada, Abomey-Calavi, Ouidah, Porto-Novo, Sèmè-Kpodji, Ajarra, Akpro-Missérété, Tori-Bossito et Zè. Mais il en faut un peu plus en faveur des enfants de la rue.
Le communiqué gouvernemental indique la fermeture des écoles à partir de ce lundi 30 mars jusqu’au 13 avril. Idem pour les églises qui s’exécutent depuis le dimanche 22 mars dernier. Toutefois, si les portes des établissements et lieux de culte sont verrouillées, la rue étant un espace naturellement ouvert et accessible à tous ne peut être soumise à la même règle.
Or, en se baladant dans des périmètres infectés ou malsains, les enfants de la rue sont tout aussi susceptibles d’être infectés que les adultes. Il est vrai que jusque-là, peu de cas d’enfants contaminés par le virus sont rapportés depuis son apparition en décembre à Wuhan en Chine.

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Faites parler votre cœur

Selon des experts, « les enfants de plus de cinq ans et les adolescents ont un système immunitaire assez bien préparé pour combattre le virus ». Mais le décès récent de Julie, l’adolescente française de 16 ans, brise les espoirs en ce qui concerne la faible contamination chez les enfants.
Mieux vaut prévenir que guérir. Le gouvernement saura sans doute anticiper sur le cas des enfants de la rue, livrés à eux-mêmes.
A l’heure du confinement, le Bénin gagnerait à étendre la mesure aux enfants qui se baladent un peu partout, insouciants.
Pouvoirs publics, structures internationales, opérateurs économiques, acteurs d’Ong, défenseurs des droits des enfants, élus locaux, artistes, citoyens épris de paix et de justice sociale,… tous doivent faire parler leur cœur en cette période sensible pour épargner aux enfants de la rue la menace que représente le Covid-19.
Cet engagement pourrait consister à désinfecter régulièrement les lieux qu’ils fréquentent, en la sensibilisation et la mise en place du dispositif de lavage des mains aux différents coins en les responsabilisant pour l’entretien, en des dons de vivres et de vêtements, en une randonnée des agents sanitaires et de la police dans les milieux fréquentés par ces enfants.
Avant tout, il est urgent d’expliquer à ces enfants pour la plupart peu scolarisés ou déscolarisés, la gravité de l’épidémie avec des mots adaptés à leur niveau.