Lutte contre le coronavirus: Bâtir une riposte sur la sécurité nutritionnelle

Par Maryse ASSOGBADJO,

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L’Alliance de la société civile pour l’intensification de la Nutrition au Bénin (Ascinb) se préoccupe des effets pervers du coronavirus sur les communautés pauvres et les populations agricoles. Elle propose des approches alimentaires et nutritionnelles afin de réduire leur vulnérabilité à la faim et à la malnutrition.

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La sécurité alimentaire et nutritionnelle doit être au cœur des priorités dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. C’est l’appel de l’Alliance de la société civile pour l’intensification de la nutrition au Bénin (Ascinb) aux pouvoirs publics en direction des cibles vulnérables. Tout en reconnaissant les efforts du gouvernement pour juguler la crise, elle lui suggère également des pistes afin de soulager la peine des populations exposées à la faim et à la malnutrition.
« Nous devons reconnaître que l’orientation des priorités, stratégies et moyens vers la riposte au Covid-19, au détriment de tous les engagements et agendas nationaux et internationaux dont les objectifs du développement durable (Odd) n’est pas sans risque et qu’il faudra intégrer systématiquement à ces efforts la prise en compte des urgences liées au renforcement de la nutrition dans la lutte contre le coronavirus », exhorte-t-elle.
Les mesures qu’elle propose sont basées sur trois axes. La première est la prise en compte de la bonne nutrition. Cette approche est centrale dans le développement et le maintien du système immunitaire. « Les efforts entrepris pour préserver et promouvoir une nutrition adéquate avec le renforcement de l’allaitement maternel doivent être intégrés aux stratégies de prévention du Covid-19 afin de renforcer la résilience des individus et des communautés. Des régimes alimentaires sains et équilibrés sont essentiels pour prévenir l’émergence de maladies non transmissibles qui sont des facteurs de risques liés à des taux accrus de mortalité et de morbidité et de mortalité », recommande-t-elle.
Basée sur les défis en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, la deuxième piste s’articule autour des solutions visant à anticiper « sur les mesures de mitigation des risques alimentaire et nutritionnelle que cette crise engendre en veillant à ce que l’approvisionnement alimentaire ne soit pas perturbé, en dotant les agriculteurs d’intrants nécessaires à bonne date ». L’Alliance promeut également « la valorisation et la promotion de produits forestiers non ligneux, des fruits et légumes traditionnellement consommés dans l’alimentation des groupes vulnérables ».

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Soutenir la capacité des systèmes de santé

La troisième approche qu’elle préconise est basée sur l’urgence en matière de nutrition. Sur ce point, les priorités doivent être orientées vers les personnes vulnérables et les mères allaitantes. « Les interventions indispensables en matière de nutrition doivent être maintenues impérativement, car toute perturbation pourrait avoir des conséquences irréversibles sur la survie, la santé et le développement des enfants », alerte l’alliance. Le Conseil de l’alimentation et de la nutrition (Can), est appelé à jouer un rôle majeur dans le cadre de la riposte contre le Covid-19 en « veillant à ce que les mesures de lutte prennent en compte à travers une approche basée sur l’engagement, la collaboration et la coordination multisectorielle à toutes les étapes ».
A ces pistes, il faut ajouter le soutien de la capacité des systèmes de santé à travers « des interventions spécifiques à la nutrition destinées aux femmes, aux enfants et aux adolescents». Ceci implique pour le Bénin, le maintien des services de prise en charge efficace des femmes et des enfants tout en intégrant les mesures de riposte au Covid-19, le fonctionnement des maternités et les services en prise en charge des enfants malnutris où les appuis et les dons d’équipements de protection au Covid-19 vers les populations vulnérables ».
L’autre solution importante qu’indique l’Ascinb repose sur le maintien du fonctionnement des systèmes alimentaires locaux. Il faut soutenir la capacité des « petits exploitants agricoles, des petites et moyennes entreprises ainsi que des organisations locales de la société civile à poursuivre la production et la fourniture en quantité d’aliments sains, sûrs et diversifiés, financièrement abordables et culturellement appropriés aux communautés », recommande-t-elle. La prise en compte de ces différentes approches vise, selon l’alliance, à soulager les charges alimentaires familiales qui pèsent sur les communautés vulnérables pendant cette période de pandémie.